Le Ministère du Vice et de la Vertu

Le projet de loi sur la santé discuté actuellement comporte des articles qui sont foncièrement rétrogrades. Au-delà de cette tendance qui continue de nier l’émancipation de l’individu de l’Etat tutélaire, il comporte quelques articles qui confrontent la réalité, la perception de la réalité, et posent d’ores et déjà des marqueurs sur ce qu’est une information, sur la nature du signal qui atteint les individus, et ouvrent la porte à la création d’une Autorité du réel et du vrai.

L’interdiction de communiquer autour de l’anorexie (un non-sens selon le sociologue Antonio Casilli) , l’avertissement des photo de mannequins photoshopées,  ou encore l’obligation des paquets de cigarettes neutres ancrent le monde IRL dans une chimère de réalité, réalité dont il faudrait croire qu’elle est une vérité à défendre contre des manipulateurs de toutes sortes.

Ici, pas question de la VR des lunette Hololens de Microsoft, ni même des crevasses de la bimbo planétaire Beyoncé. Mais plutôt du droit de tromper, ou pas, des catégories de citoyens. A l’instar du WorldPressPhoto, qui édicte un règlement clair quant à la soumission de clichés pour son concours, le législateur a décidé de réduire le champ de la représentation d’une information, en l’assimilant à de la propagande dont le bon peuple ne serait qu’être dupe.

Quand on voit que la majorité des objets des catalogues Ikea sont en 3D,  on peut se demander où s’arrêtera l’inflation législative due à notre “représentation”, et quand elle abordera le futur dans son ensemble et sans se défier de ceux qui le créent.

 

Schizo-culture

Dans ma TL, c’est une explosion depuis quelques semaines, Ken Loach aurait “donné” tous ses contenus à visionner gratuitement. Un brave homme, de gauche, dont le désintérêt pour l’exploitation de ses droits d’auteurs n’a d’égal que son combat contre l’élitisme culturel (d’après grazia).

Pourtant, ça fait 5 ans que Ken Loach diffuse ses productions sur une chaine Youtube adhoc, et avec des droits qui sont géo-territorialisés.

Alors que le débat sur la réforme du droit d’auteur bat son plein, avec moultes attaques des ayant-droits contre l’auteur du rapport de l’UE, Julia Reda, et que l’antienne des droits d’auteurs qui font vivre les créateurs a du plomb dans l’aile, la corrélation est intéressante. A moins que ce ne soit qu’une causalité de lobbyiste.

 

Le pays de fait ce qu’il te plait : la Valley est politique

Il ne se passe pas une semaine sans que les élites politiques énoncent qu’il manque à la France un google, ou plusieurs. Qu’une partie de la réponse est invariablement à chercher du coté de l’investissement, public ou privé. Et qu’une autre partie de la réponse est le démantèlement des nouvelles oligopoles (google first, et le reste suivra…).

Il n’y aura jamais de Google en France, parce que Google est un projet politique, et que Washington, bien que soutenu par la Valley, n’est qu’un instrument au service d’intérêts bien plus grands qu’un simple rendement d’actions. Les Brin, Page, Musk, Thiel, Bezos font de la politique, et plus exactement de l’économie politique, puisque c’est son vrai nom.

Mais il est possible qu’on ait un premier mouvement, en la personne des hébergeurs (OVH, Gandi, Online…) qui viennent de rentrer dans le jeu de leurs ainés “grands groupes”, savoir le chantage aux emplois, pour contrer une ignominie politique, la PLJTerrorisme.

Affaire à suivre…