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mercredi 28 mars 2007

MaTV.moi (Part.1)

Alors qu'on assiste à une concentration sans précédent des diffuseurs, et à l'adoption du net en tant que de moyen de réception de contenus audiovisuels, le phénomène s'accèlère : c'est que l'apparition des plateformes d'hébergement du type Youtube a permis à chaque internaute de devenir son propre diffuseur. Et cette tendance risque probablement de s'amplifier dans un avenir proche, du fait des préoccupations - légitimes - des ayants droit.

Mais, il semblerait que ces mêmes internautes, après avoir gouté à la production de leur propres contenus, ne serait-ce qu'en réalisant des edit ou des mashup de films, y aient pris goût. Ce qui expliquerait que l'audience de Youtube continue de grimper avec des seuls contenus originaux. Ces nouveaux diffuseurs se placent désormais véritablement en concurrents des media traditionnels, avec plus de 3 millions de visiteurs uniques pour Youtube ou Dailymotion en France.

Et ce qui aiguise l'appétit de ces hébergeurs, dont la rentabilité est toute subjective; pour autant, voici un petit tour d'horizon des différents opérateurs en place... 

Choisir son hébergeur/diffuseur

Si Youtube, Dailymotion ou Google vidéo sont les plus connus, voici quelques autres compétiteurs, qui ont chacun leurs spécificités.

Certains proposent de rémunérer les auteurs, fonction de l'audience de leurs oeuvres. C'est le cas de Metacafe, Revver, vSocialStupidVideos, Break, Flixya. Certains autres proposent de créer sa propre chaine, comme vPod.tv, Blip.tvSelfCast TV ou Current TV.

Certains sont très localisés, comme l'allemand ClipFish, le polonais video.i123, les japonais SeeHaHa ou UuMe, ou encore le chinois WangYou. D'autres font dans la niche, à l'instar de GrindTV, pour les sports extremes, CrossRoadVideos, orienté voitures, ou  AnimeEpisodes, qui diffuse "dans un but de promotion" des anime japonais, ou proposent des fonctionnalités inédites (Eyespot et ses fonction d'édition et de mixage).

Mais tous ne survivront pas. C'est pourquoi beaucoup sont adossés à des media, comme iFilm (MTV/Viacom), Myspace video (Fox), WAT.tv (TF1), Wideo (M6), Yahoo Video, AOL Video, ou des prestataires techniques comme DivxStage6, conçu dans le but de promouvoir le format Divx .

Et la liste est loin d'être exhaustive, en témoigne ce site

Se diffuser soi-même

Un autre aspect de la diffusion est d'être soi-même son propre hébergeur/serveur de diffusion. Une alternative au p2p, qui se révèlera gourmande en bande passante, avec des solutions comme izimi ou zapr, transforment donc un ordinateur en un serveur de données.

Une autre solution récemment apparue, netineo, permet facilement de broadcaster un flux linéaire, selon un principe de playlist. Flux que l'on récupérera à l'aide d'une adresse IP dans un lecteur type windows media.

Mais le plus abouti est le précurseur Orb, solution logicielle qui permet de streamer un contenu hebergé depuis son ordinateur vers un tiers, sur un principe on demand. Et qui annonce dernièrement sa compatibilité avec la Wii, la PS3 et la XBox 360. Avec un TiVo qui lance un service de diffusion depuis sa box, on est sûr que la nouvelle killer app du web est la vidéo.

Reste à savoir trouver son chat; ce qui fera l'objet d'un part 2... 

mercredi 27 septembre 2006

Musique en ligne : l'après DADVSI (2)

L'affaire est entendue : le téléchargement de musique sous copyright est illégal. Du moins dans la loi. Dans les faits, si les ayants-droits ont réussi à mettre au pas les éditeurs de logiciels de p2p, ils ne peuvent rien contre les protocoles ou logiciels dont les créateurs ne sont pas des entités juridiques. Si des sociétés comme Metamachine pour edonkey ou bittorrent sont rentrées dans le rang, emule ou le réseau bittorrent se portent bien, comme en témoigne pour ce dernier le classement Alexa des sites référençant les fichiers torrent au 26 septembre.

La société Limewire, récemment inquitée par la RIAA, a adopté une stratégie d'attaque, et poursuit l'association américaine pour monopole illégal sur le distribution de contenus soumis au droit d'auteur.

Pourtant, il semblerait que le téléchargement ne soit plus qu'un souvenir. Ce qui compte désormais, c'est l'accès immédiat à une base de donnée musicale, et l'écoute d'une offre pléthorique, telle qu'initiée par Napster, ou MusicMe en France. On voit donc fleurir des offres de streaming de musique gratuite, qui ne sont pour l'instant pas inquiétées (elles n'ont pas atteint une masse critique ?). Après le précurseur radioblogclub, deux nouvelles offres d'écoute gratuite en ligne : seeqpod, sorte de crawler qui indexe les mp3 présents sur les sites web et autres blogs; et un autre petit français, blogmusik, dont l'interface ressemble à un Ipod. L'interface est très bien faite et offre, comme radioblogclub, la possibilité de créer ses propres playlists. Cette application, très web 2.0, reprendrait les contenus de radioblogclub.

Et si, comme nous l'indique cet article de Silicon.fr, "32% des employés américains écoutent de la musique sur leur lieu de travail à l'aide de leur iPod et autre baladeur", puisque la musique adoucit les moeurs, cette tendance n'est pas prête de s'arrêter.

dimanche 24 septembre 2006

La tv est morte, vive la tv !

Serait-ce l'apparition de la TNT qui a acceléré le mouvement ? Ou les grandes manoeuvres du coté des producteurs de flux ?

En tout cas, la semaine numérique a été riche en rebondissements, avec la nouvelle stratégie de Lagardère, suivie par l'annonce de TF1 de "transformer la chaîne audiovisuelle en un groupe multimédia". TF1, qui vient d'arrêter le sacro-saint film du dimanche soir, se réorganise en 6 pôles, savoir le cinéma, la fiction, la jeunesse, le sport et la musique, les variétés et les divertissements, l'information.

Bizarrement, ces annonces sont quasi-simultanées aux annonces des producteurs de contenus de se lancer dans la diffusion. On apprend donc qu'Endemol propose une sélection de plus de 2.500 extraits issus de son catalogue (La Star Ac', Nice People...). Le succès de l'INA, auquel TF1 vient de confier l'exploitation de ses archives d'actualités de la période 1982-1989, ferait-il tourner des têtes ? En tout état de cause, Endemol fournit également des extraits de l'émission "Les enfants de la télé", dont le fond de commerce est de recycler les archives de l'INA. La boucle est bouclée !

Parralèlement, aux Etats-Unis, Fox ou ABC proposent leur contenu en streaming. Prison Break ou Justice sont disponibles en VOD
sur Fox, tandis que Desperate Housewives, Alias ou Lost le sont sur ABC. Les épisodes ne peuvent être visualisés qu'aux Etats-Unis, mais on trouve sur le web tout ce qu'il faut pour outrepasser ces restrictions.

Les producteurs deviennent donc des diffuseurs, et les diffuseurs eux-mêmes fournissent leur contenu sur le web. Deux raisons à cela : tout d'abord, le succès des PVR tels Tivo qui zappent la publicité, menaçant l'économie du media, et obligent à de nouvelles formules. Le streaming permet d'insérer de la publicité qui ne peut être zappée, et une petite DRM. Ensuite, c'est une façon de court-circuiter le p2p puisque le media TV est un media linéaire. Qui a raté un épisode se rue sur emule ou bittorrent pour le trouver sur la toile. Autant donc pouvoir contrôler ce nouveau type de distribution.

Avec l'apparition de la VOD, c'est une course à l'exclusivité qui s'installe. Et la chronologie des media ne facilite pas les choses. L'exemple de Bubble, de Soderbergh, sorti simultanément aux US en DVD, pay-per-view et cinéma en témoigne.  En France, un film est une oeuvre cinématographique si sa première exploitation a eu lieu... au cinéma. La production bénéficiera d'aides, mais la diffusion sera contrainte par la chronologie. D'où une diffusion hertzienne du blockbuster de Tf1 après Canal+, la sortie DVD voire la VOD. Un gros investissement pour une rentabilité pas assurée. D'où "Les experts" le dimanche...

Heureusement, il est en train de se passer sur le web ce qui est arrivé à la musique : le haut débit et l'apparition de plateformes de diffusion a permis de nouvelles productions, lesquelles tapent à la porte des chaines avec une "pré-audience". Canal+ vient de signer la série Brother & Brother, qui existe sur le web depuis décembre 2004, et la série les aventuriers de 8h22, c'est plus parlant que n'importe quel book.

Pour ma part, je remercie Youtube et des fans de Lost pour Robot Chicken...