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vendredi 4 janvier 2013

De la publicité

En ce vendredi 4 janvier 2012, un constat : soit Xavier Niel est un fou, soit Xavier Niel est un fou furieux.

Par l'intermédiaire d'une mise à jour de la Freebox Révolution, la rev 1.1.9, Free vient d'ouvrir la boite de Pandore du web : son modèle de financement. En moins de 24h, il vient de s'attirer les foudres de tous les pubards de la Toile, déclencher des reflexes Joffrinesques chez Numerama ou PCInpact, et mettre une fois de plus Fleur Pellerin dans la tourmente. Et accessoirement réveiller le débat sur la neutralité du web.

La cause :la mise en place d'un AdBlock directement dans le core de la Freebox. Adieu publicités sur les sites web, veaux, vaches, cochons chez les éditeurs...

Techniquement, il s'agit de l'application au niveau du routeur d'un filtre d'IP. Ce que connaissent bon nombre de geek, les AdBlockPlus, Ghostery, et autres scripts Greasemonkey. La nouveauté, c'est que ce filtre est distribué à l'ensemble des devices connectés à la box. Il n'y a pas d'autre nouveauté que cela. La seule "innovation" est que ce filtre est centralisé, et qu'il occasionne une simplicité d'utilisation inégalée; plus besoin d'installer un filtre sur chaque navigateur de chaque device connectée au même accès. D'ailleurs, une question se pose : est-ce que cela fonctionne également avec la connection freewifi_secure? 

AdBlockPlus, c'est le plugin le plus utilisé chez Firefox (13 millions d'utilisateurs indiqués), c'est 6 millions sur Chrome. C'est le petit secret des régies publicitaires; un plugin qui se fixe sur le navigateur et rend inopérant les adserver en échappant les adresses IP référencées dans une liste fournie par le site

Par rapport à un AdBlockPlus, le "service" anti-pub de Free n'est pas configurable; la liste des IP bloquées n'est pas publique, et last but not the least, le service est activé par défaut.

Alors, sans doute, Xavier Niel est fou, car il s'attaque au coeur du métier d'éditeur de services, dans un monde où le "media" internet, cherchant les "nouveaux  modèles économiques" que jamais il ne trouva, a dû d'adopter le même type de financement que l'audiovisuel; service VS temps de cerveau disponible. D'aucuns pensent que ce "coup" n'en est qu'un, dans une guerre que se livrent Free et Google autour de Youtube; le déficit en peering de Free aurait un poids économique, que Free chercherait à faire payer à Google. Pour le moment en limitant la bande passante, puis passant à l'offensive sur la principale source de recettes de Google : la publicité.

Xavier Niel est un fou furieux, car il menace l'écosystème du web. La pub sur le Net, c'était 31 milliards de dollars en 2011 (IAB). C'est 96% du chiffre d'affaire de Google en 2011, 85% du CA de facebook, pratiquement la totalité du revenu de Twitter ou encore entre 1/3 et 1/4 chez linkedIn. 

La levée de boucliers des éditeurs fait ressortir le malaise d'une profession qui vit sur un modèle toujours pas pérenne, et l'hypocrisie de ceux qui font semblant de ne pas savoir que 9% des navigateurs étaient pourvus d'un bloqueur de pub en 2011.

Déjà, en 2003, aux Etats-Unis, une fonction cachée de TiVo faisait fureur chez les geek : le "ad skipping". En 2012, c'est Dish Network - un réseau de distribution satellitaire - qui propose une fonction automatique ("auto hop") d'ad skipping sur son dernier DVR. S'il est considéré par les utilisateurs comme "a dream come true" au pays autorisant de 15 à 20 minutes de coupures pub par heure, Dish a été attaqué par CBS, NBC et Fox afin de faire cesser ce "trouble", qualifié d'apocalypse. L'affaire est devant les tribunaux...

Maintenant, on peut aussi penser que Xavier Niel vient de lancer, un peu comme l'a fait Maraval, un débat d'importance sur la place publique : quelle doit être la place de la publicité dans le réseau des réseaux. Doit-on attendre des pouvoirs publics qu'ils soutiennent des offres de savoir, de culture et d'enseignement sans aucune publicité ? Quelle est la place du média d'information dans la chaine de valeur, et qui doit en acquitter le coût, lorsque la nouvelle économie de l'information d'Etat est toujours calquée sur le XXeme siècle (AFP, chaines de télé publiques). La logique du contrôle de flux top-down peut-elle empêcher l'utilisateur de faire ce qu'il veut du contenu ? 

Google, ménageant la chèvre et le chou, permet de bloquer les annonces parmi quelques 500 sources. Le problème, c'est qu'il faut sélectionner un à un les annonceurs. Pour rester dans une continuité économique, les titulaires d'un compte pro (payant) peuvent désactiver totalement la publicité. Les annonceurs nord-américains, via aboutAds, ou plus près de nous, youronlinechoice, ont pris les devants à l'heure où les gouvernement prennent conscience de l'importance des données personnelles. Mais, entre l'inapplication des lois (voir l'affaire des cookies en Europe), et les faibles moyens des instances de contrôle (cnil, groupe 29), il est assez intéressant que des initiatives privées voient le jour. Ainsi, dans un mois, un projet KickStarter intitulé AdTrap, entièrement financé, sort aux Etats-Unis. Son objectif, faire la même chose que la freebox.

Xavier Niel est sans doute fou, mais il a un certain sens du spectacle. Et du bluff. Et le grand public sait maintenant que la pub n'est pas une fatalité. Reste aux sites dont la publicité est la seule source de revenus à s'interroger sur la pertinence d'un seul mode de rémunération.

mardi 21 août 2007

De l'anonymat

Au fur et à mesure que le web s'immisce dans nos vies, un des derniers pré carré définissant l'individu, sa vie privée, se réduit comme peau de chagrin. Et a fortiori, son anonymat.

Les données personnelles, telles que les noms, date de naissance, numéro de téléphone, constituent en France des données privatives et leur collecte est strictement encadrée (voir les textes de loi sur le site de la CNIL). Pour autant, nombre de sites sont en infraction avec la législation française, puisqu'il est par exemple interdit de collecter les opinions politiques, philosophiques ou religieuses des personnes.
Mais le caractère des individus ne s'arrête pas à ces données personnelles. Leurs habitudes, leurs centres d'intérêt, leurs aspirations définissent également leur personnalité, et ces informations sont devenues pour les acteurs de la "nouvelle" économie la principale source de revenus. De fait, Internet a opéré une mutation radicale dans l'approche du marketing, passant d'un marché de masse à un marché individuel, puisque bénéficiant de l'identification de la cible et d'un return path en temps quasi réel. Cette révolution touche tous les media, dès lors que le web, en supprimant le support, les a transformés en media de flux. Ainsi, l'offre est en permanence adaptée à la demande.

Cette approche a été mise en oeuvre avec succès par Google, qui en 10 ans est venu rivaliser avec les plus grands de la publicité, tels WPP ou Publicis. Les centres d'intérêt du genre humain connecté, approche globale (voir l'article d'écrans sur le Zeitgeist) permet de valoriser des mots clés, les Adwords, en fonction de l'audience d'un mot, sur un principe d'enchères. L'approche individuelle, définie par un profil de l'utilisateur en fonction de son historique de recherche (voir la fonction Google history), permet de cibler une annonce en fonction de sa cible. Pour autant, ces informations ne sont pas nominatives, elles ne permettent pas de relier un individu à un profil, si ce n'est via une adresse IP, adresse que la CNIL considère également comme une donnée personnelle, mais qui dans les faits ne permet pas d'identifier avec certitude un internaute (IP familiales, professionnelles, sur réseaux wifi ouverts ouverts...).

Et puis vint le "social networking"

Les réseaux sociaux ont vu se populariser la mise en ligne par les internautes eux-mêmes d'informations les concernant. Orientés principalement autour de l'entertainement, ces sites permettent de s'agréger autour de valeurs communes et de centres d'intérêt. Les Skyblogs ou autres Myspace identifient leurs "clients" sur le modèle de Google : l'individu y est impersonnel, il est un avatar.  Ainsi, on y compte pas moins de trente Rupert Murdoch, identifiés par le nom et la photo de l'intéressé.. Là encore, pas de données personnelles, mais un profiling publicitaire des cibles dont l'un des bénéficiaires n'est autre que... Google !
Puis, avec les réseaux professionnels sont apparues les informations nominatives, forcément importantes, puisque faisant le lien entre sphères privée et publique (le marché du travail).

La prochaine révolution du web est la fin de l'anonymat. Déjà, des informations sur les individus sont disponibles sur la toile, sur différents sites (pages personnelles, réseaux sociaux...). Des moteurs de recherche spécialisés voient le jour (tels Wink ou le surmédiatisé Spock), qui ambitionnent de recenser toutes les informations individuelles dispatchées aux quatres coins du web, mais dont le fonctionnement est basé sur des bases de données qui ne leur seront pas nécessairement ouvertes. De fait, ce ne sont que Google light.

De la fin de l'anonymat, il en est donc question d'un point de vue règlementaire et commercial. Règlementaire, puisque le gouvernement a récemment décidé d'en finir avec l'anonymat sur le Web, au terme d'une loi dont le décret vient d'être validé par le Conseil d'Etat. Cette loi, dont certaines dispositions furent combattue entre autres par la CNIL, l'AFA ou l'IRIS, impose aux FAI et les opérateurs fixes et mobiles la conservation des logs de connexions des abonnés (adresses IP, heure et date de connexion, durée...) pendant un an; et  un nouveau décret en préparation, selon les Echos du 20 août, pourrait intégrer les pseudonymes et mots de passe dans les données à conserver.

Et commercial, inspiré en cela par le nouveau réseau social,  Facebook.  Facebook, dont la progression fulgurante est étonnante, revendique quelques 30 millions de profils. Et dispose de données que font saliver plus d'un publicitaire : une combinaison de données personnelles (âge, localisation géographique, nom, téléphone portable...), de données sociales (cercles de relation et leur typologie), de données contextuelles et d'intérêt (livres, films, musique....). Le tout renseigné par l'internaute lui-même. Et si d'aucuns, comme dans la vidéo ci-dessous, y voient la figure du big brother doublé du complotisme d'Etat US, il est plus à craindre que ces données seront une fois de plus utilisées par les gourous du marketing pour vendre de la lessive. Ceci expliquant sans doute pourquoi le web rumeurise avec insistance sur le rachat de Facebook par Google... 

Fearing Facebook

Do you Facebook

mercredi 6 juin 2007

Producteurs recherchent talents

Une suite consacée au pro-ams, avec une extension des domaines de création. Petit tour d'horizon.

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vendredi 27 avril 2007

De l'audience et de la publicité

Des chiffres, encore des chiffres

Myspace réaliserait une audience de 40 milliards de programmes multimedia pour 61 millions de "téléspectateurs" sur le mois de janvier 2007, selon Comscore... Youtube @ Google en attirerait quant à lui 30 millions par mois, pour la seule vidéo. Des chiffres à relativiser, puisque Nielsen/Netratings évoque plus de 40 millions de visiteurs uniques pour Youtube, quand Alexa en annonce 80 millions.

Des chiffres très variables donc selon les mesureurs d'audience, qui ont occasionné une demande officielle de réalisation d'un audit technique du nouveau président de l'IAB (Interactive Advertising Bureau).

C'est que les annonceurs, désormais conscients du potentiel du media, réclament une certaine transparence, afin de pouvoir investir en toute connaissance de cause et ne pas surpayer leurs campagnes.

Transparence qui sera également nécessaire pour rémunérer les créateurs, puisque le modèle annoncé de Youtube de "revenue-sharing" du broadcast de contenus se précise : ce sera un partage 50/50 des revenus de publicités insérées avant et après un contenu.

Il semblerait donc que le modèle de financement de la diffusion de contenus sur le web soit majoritairement assumé par la publicité, comme l'indique encore l'annonce de Joost de partenariats avec des marques comme Sony, United Airlines ou encore Unilever.

Quant au media lui-même, il est à la croisée des chemins entre le 'froid' et le 'chaud', entre le on demand et la linéarité du temps réel. 

Un croisement dont on a pu voir les effets lors du massacre de Virginia Tech, où le site de CNN (via son module exchange) a enregistré une audience de 11 millions de vidéos, et les sites d'informations broadcast US une hausse de 28% par rapport au week end précédent (contre 11% d'augmentation pour les sites émanation de media print), selon hitwise.

Une "offre" globale, TV, web et participatif avec la production en temps quasi temps réel d'une page wikipedia, complétée par une mise en scène digne des meilleurs cliffhanger US : la réalisation par le tueur lui-même de son propre scoop, entre les deux tueries. Un scoop planétaire pour une audience mondiale. Et quelques sponsors..

Audimat
Audimat

jeudi 12 octobre 2006

Youtube googelisé

Google a racheté Youtube ! La news de la semaine, du mois, de l'année ! La news que la planète webdeuzéro attendait, préssentait, rumeurisait.


Car si par cet achat Google vient de démontrer qu'il ne peut gagner à tous les coups (Google video était très loin derrière son rival), il conforte néanmoins le géant de services informatiques dans sa stratégie de régie publicitaire mondiale. En effet, après le deal avec Myspace, c'est tout naturellement que s'intègre Youtube, visant à monétiser la diffusion vidéo auprès des internautes. Et une valeur ajoutée dans le cadre du profiling transparent de l'utilisateur.

Qui s'est jamais inscrit à une newsletter US lors du web 1.0 l'a experimenté : une liste impressionnante à remplir, age, sexe, profession, revenu, centres d'intérêts...

En mettant la main sur la recherche de Myspace, et maintenant sur Youtube, Google peut affiner le profil de l'utilisateur en fonction des goûts de chacun, de ce qui motive son réseau social, de ses préférences, "à l'insu de son plein gré". Et la politique déployée sur l'ensemble de ses applications - l'identification unique via son compte Gmail - crée une personne virtuelle dont les goûts et les couleurs sont scrutés lors de la rédaction d'un mail, le partage de vidéos, bientôt son Word ou son Excel online.


Alors que les "big four" (AOL, MSN, Yahoo et AOL) sont main dans la main avec les studio de cinéma, où un cinquième larron, Apple, décide de lancer sa Set Top Box - iTV - on voit que la nouvelle frontière du web est clairement la vidéo. Si les studios ont raté le virage mp3, il n'en est plus de même avec l'image. Warner a a préféré conclure un accord avec Youtube plutôt que de rejouer l'affaire Napster. Et Universal et CBS de suivre dans la foulée. On ne s'aliène pas - plus - 20 millions d'utilisateurs uniques. D'autant plus que si le web cannibalise la télé, il s'enrichit des contenus de cette même tv; les studios ont donc compris qu'il était dans leur intérêt de fournir eux-mêmes les contenus, fourniture dont le financement est assuré par ... la publicité.

Maintenant se pose la question du positionnement de Google. Il va devoir clarifier sa situation : media ou régie. Car même avec une valorisation de 128 milliards de dollars, il n'est pas de bon ton de se facher avec son nouvel-ancien partenaire, lorsque celui-ci s'appelle Rupert Murdoch.

mercredi 16 août 2006

Anonymat, données personnelles et mémoire persistante

La récente déconvenue survenue à AOL avec la publication d'une base de données de recherche pose avec acuité la question de la conservation et de l'appropriation des données personnelles sur le Web.

AOL a donc mis à disposition 19 millions de recherches issues de près de 700.000 utilisateurs. Si la toile s'est indignée de cette "erreur" et AOL s'en est excusé, il n'en reste pas moins que les données privatives, qui constituent le moteur financier de ces services dits gratuits, sont conservées et exploitées sans que cela ne cause de souci à personne. On pourra s'en faire une idée ici.

N'oublions pas que les acteurs majeurs du net (AOL, Google, Yahoo) monétisent les résultats des recherches des internautes pour placer ensuite de la publicité dans les pages de recherches. Il se crée donc une valeur pour un mot donné, selon le bon vieux principe de l'audience.

Le web 2.0 a généralisé l'expression User Generated Content, et tout un chacun se retrouve à produire un contenu que d'autres diffusent, qui Flickr, qui Myspace, qui Viaduc. Une somme d'informations personnelles, photos, vidéos, textes, données CSP, situation géographiques, revenus...

Ces informations contenues dans d'immenses bases de données, sont la valeur première de ces sites, qui sont valorisés au travers du nombre d'abonnées ou d'utilisateurs, sans la moindre rétribution de ces derniers.

En début d'année, AOL (encore lui) avait dù, sous la pression de la toile, modifier son CLUF qui lui permettait de s'approprier le contenu des messages de son Instant Messenger. Plus près de nous, Myspace a également modifié  le sien à la suite de la polémique déclenchée par un chanteur qui reprochait au site américain de s'approprier les droits exclusifs des contenus hebergés.

Cet appropriation des contenus et des données personnelles (voir à ce propos l'article de Liberation sur la commercialisation des données privatives) pose  le problème de la propriété des informations de l'individu, et au-delà de l'accès à sa propre mémoire.
Une mésaventure arrivée au site Ratiatum cet été résume cet état de fait. La société Médiamétrie, qui édite de nombreux communiqués de presse sur son activité, a instamment prié le site de ne pas conserver d'archives de ses communiqués, pourtant libres de droit.

La valeur est ainsi donnée à l'archive, à la mémoire persistante plus qu'à la mémoire immédiate.
On va peut-être en arriver à Farenheit 451, où l'on "sera" une information.


Note : trouvé sur InternetActu, ce logiciel pour webcam qui avatardise son utilisateur.. ou anonymise, c'est selon

jeudi 10 août 2006

Mercato du newmedia

Netscape vient donc d'ouvrir la boite de pandorre en proposant aux meilleurs artisans de la blogosphere  1000 dollars par mois pour continuer leur passe-temps sur ....Netscape.

Je dis "passe-temps" car le blog n'est pas considéré comme un travail, bien que le rythme de post de certains me fait me demander s'ils ont une activité à coté. Par ailleurs, bizarrement, dans le monde de l'homo economicus numericus, la question du paiement pour cette "activité" est taboue, en témoigne les réactions négatives émises par les autorités compétentes du web 2.0.

Alors, quoi qu'est-ce que le web 2.0. Du social networking à la sauce ajax, où les contributeurs sont - à l'instar des programmeurs du libre - des gens qui donnent de leur temps pour enrichir des bases de données en contenus ?

On en revient donc au media : quel est-il, sinon un filtre (éditorial, politique, culturel, sportif) entre une masse d'information et un usager lambda. Paris Turf ou France Football, Libe ou Le Figaro, F2 ou Arte ?

Le web a donné la parole aux auditeurs, téléspectateurs et autres lecteurs. Tout le monde parle, mais comment se faire entendre ? Le paradoxe du net c'est le renversement de la pyramide du savoir, entre les forcément éclairés et les utilement éclairants. La force de production d'un bloggueur c'est la pertinence du propos, et la régularité des post. En fait, un métier de journaliste : raconter une histoire, et la raconter bien.

On parle donc de Netscape, anciennement un browser, aujourd'hui un media (on oublie le new, on peut dire pluri), avec des morceaux de talents dedans. Et la rémunération qui va avec. Et j'applaudis à deux mains. On n'exploite plus, on valorise.

L'internaute a besoin de repères. Une marque forte comme Netscape, avec un contenu de qualité, attirera usagers et annonceurs. De gratuité il n'a jamais été question; le web 2.0 réinvente l'eau chaude en mixant monétisation du fameux "user generated content" et des services premium.
Mais le modèle actuel du web est actuellement celui du media traditionnel. Le contenu est payé par les pages de pub, il est vrai raffiné via les profils des utilisateurs. Et on ne peut pas dire que le modèle s'essouffle, puisque l'investissement publicitaire sur le web a augmenté de 74% entre 2004 et 2005 pour dépasser le milliard d'euros.

Un site comme Myspace, avec ses 70 millions de comptes et son milliard de pages vues par jour, vient d'ailleurs de vendre son espace à Google pour 900 millions de dollars !. Google vient donc concurrencer des OMD ou des Carat... On en revient donc au financement traditionnel du media privé : rétribuer les auteurs en fonction de leur audience.


Note : Cela me remet en mémoire un passage cité par J. Rifkin dans "L'âge de l'acces". Dans un chapitre titré "La marchandisation des rapports humains", il cite un article d'un sociologue du nom de James Rule, paru dans le Wall Street Journal du 15/06/90 sous le titre "My mailbox is mine", qui suggère que :

"tout individu a le droit de vendre ou de céder les droits de vente ou d'exploitation de toute information concernant sa personne [...]

Toute personne consentant à céder une part de cette information pourra utiliser les services d'un agent spécialisé [...]. Chaque fois qu'une entreprise vendra ou échangera sa liste de clients, elle sera légalement obligée de payer des droits aux individus concernés"


Note 2 : on lira avec intérêt l'article de Chris Anderson sur l'évolution des revenus des media