Je dis "passe-temps" car le blog n'est pas considéré comme un travail, bien que le rythme de post de certains me fait me demander s'ils ont une activité à coté. Par ailleurs, bizarrement, dans le monde de l'homo economicus numericus, la question du paiement pour cette "activité" est taboue, en témoigne les réactions négatives émises par les autorités compétentes du web 2.0.
Alors, quoi qu'est-ce que le web 2.0. Du social networking à la sauce ajax, où les contributeurs sont - à l'instar des programmeurs du libre - des gens qui donnent de leur temps pour enrichir des bases de données en contenus ?
On en revient donc au media : quel est-il, sinon un filtre (éditorial, politique, culturel, sportif) entre une masse d'information et un usager lambda. Paris Turf ou France Football, Libe ou Le Figaro, F2 ou Arte ?
Le web a donné la parole aux auditeurs, téléspectateurs et autres lecteurs. Tout le monde parle, mais comment se faire entendre ? Le paradoxe du net c'est le renversement de la pyramide du savoir, entre les forcément éclairés et les utilement éclairants. La force de production d'un bloggueur c'est la pertinence du propos, et la régularité des post. En fait, un métier de journaliste : raconter une histoire, et la raconter bien.
On parle donc de Netscape, anciennement un browser, aujourd'hui un media (on oublie le new, on peut dire pluri), avec des morceaux de talents dedans. Et la rémunération qui va avec. Et j'applaudis à deux mains. On n'exploite plus, on valorise.
L'internaute a besoin de repères. Une marque forte comme Netscape, avec un contenu de qualité, attirera usagers et annonceurs. De gratuité il n'a jamais été question; le web 2.0 réinvente l'eau chaude en mixant monétisation du fameux "user generated content" et des services premium.
Mais le modèle actuel du web est actuellement celui du media traditionnel. Le contenu est payé par les pages de pub, il est vrai raffiné via les profils des utilisateurs. Et on ne peut pas dire que le modèle s'essouffle, puisque l'investissement publicitaire sur le web a augmenté de 74% entre 2004 et 2005 pour dépasser le milliard d'euros.
Un site comme Myspace, avec ses 70 millions de comptes et son milliard de pages vues par jour, vient d'ailleurs de vendre son espace à Google pour 900 millions de dollars !. Google vient donc concurrencer des OMD ou des Carat... On en revient donc au financement traditionnel du media privé : rétribuer les auteurs en fonction de leur audience.
Note : Cela me remet en mémoire un passage cité par J. Rifkin dans "L'âge de l'acces". Dans un chapitre titré "La marchandisation des rapports humains", il cite un article d'un sociologue du nom de James Rule, paru dans le Wall Street Journal du 15/06/90 sous le titre "My mailbox is mine", qui suggère que :
"tout individu a le droit de vendre ou de céder les droits de vente ou d'exploitation de toute information concernant sa personne [...]
Toute personne consentant à céder une part de cette information pourra utiliser les services d'un agent spécialisé [...]. Chaque fois qu'une entreprise vendra ou échangera sa liste de clients, elle sera légalement obligée de payer des droits aux individus concernés"
Note 2 : on lira avec intérêt l'article de Chris Anderson sur l'évolution des revenus des media
