et dire qu'au Siècle dernier, pour être sociétaire de la Sacem, il fallait passer une épreuve de solfège...
Tag - musique
mercredi 20 février 2008
Comment le sample a révolutionné la musique
Par julien breitfeld le mercredi 20 février 2008, 19:35 - usages
jeudi 23 août 2007
Musique en ligne : l'après DADVSI (3)
Par julien breitfeld le jeudi 23 août 2007, 12:26 - audio
Enfin ! La Sacem vient enfin de comprendre les usages de la musique ! L'usage et non la propriété. Le streaming et non le download. On pourra dire qu'elle aura mis du temps.
Alors que cet été vient de voir les annonces de Neuf et d'Orange, les petits gars de blogmusik viennent d'annoncer le lancement officiel de leur service d'écoute gratuite et légale, rebaptisé deezer, après un accord avec la sacem. Accord qualifié d'expérimental par le vice président du directoire de la sacem, qui devrait être renégocié en décembre prochain, et qui marque un tournant dans la politique de gestion de la sacem.
Jusqu'à présent en effet, un minimum garanti de 7 centimes par titre streamé était demandé aux opérateurs, montant identique à celui payé pour un téléchargement. Un montant prohibitif pour un opérateur, pour qui, si l'on se base sur les chiffres médiamétrie d'écoute de la radio (3h par auditeur), un client couterait quelques 100 euros par mois.
Etant donné le modèle de deezer, basé sur la publicité, ce montant n'est bien évidemment pas possible en l'état à atteindre, et il y a donc eu quelques aménagements à cette tarification.
Pour l'instant, l'accord a été signé avec la SACEM, une négociation devant avoir lieu avec les producteurs. Mais, pour mémoire, rappelons que, selon l'article L.214-1 du Code la la propriété intellectuelle, ni le producteur ni l'artiste interprète ne peuvent s'opposer à sa radiodiffusion. C'est le principe de la licence légale, qui ouvre le droit à une rémunération équitable, collectée par la SPRE, qui redistribue les sommes encaissées selon les modalités visibles ici.
On entre ici dans un modèle défendu par certains, sous le nom de licence globale, hors le fait que la rémunération aux artistes sera payée par la publicité, et non sous la forme d'une quote-part de l'abonnement internet.
Pour ma part, je ne peux que me prendre à réver qu'une maison comme Radiofrance, qui est détentrice d'un des plus grands fonds musicaux européens, en phase de numérisation, adopte le procédé...
vendredi 23 février 2007
Aujourd'hui, on rase gratis...
Par julien breitfeld le vendredi 23 février 2007, 10:00 - media
Le web est - pour l'instant - un espace de libertés à l'image de la diversité de son peuplement. Car sans frontières, instituant un temps réel, connectant des individus sans rapports les uns aux autres, chaotique, ouvert, bref vivant.
Pour l'instant dira-t-on, par la grâce - ou à cause - de l'absence d'une législation propre, ou au mieux d'une législation mondiale. Mais lorsqu'on voit les difficultés à créer une Europe à 27, le machin onusien, voire les tergiversations d'une OMC, on se dit que la gouvernance mondiale n'est pas pour demain. Vérité en deçà des Pyrennées...
Donc, en vertu de la territorialité des lois et règlements, voici quelques astuces pour profiter des ressources webesques... pouf pouf
De la musique
Si le partage de la musique est anti-économique aux yeux de certains, les anciens acteurs tels la Sacem jurent qu'il est judicieux d'attendre, et les ayants-droits se persuadent que nous sommes toujours au XXeme siècle. La réponse pour la gestion des contenus numériques viendra peut-être des indépendants, avec une initiative comme Merlin puisque majors et sociétés d'auteurs rechignent à faire autre chose que criminaliser public et clients. Télécharger de la musique ailleurs que chez un commerçant est illégal, tout comme désormais les "logiciels manifestement destinés à la mise à disposition" de contenus soumis à droit d'auteur. Après une lecture des dispositions chez PC Impact, on en vient au fait.Si le téléchargement est illégal, l'écoute ne l'est pas. Et que dire de l'enregistrement des flux ? Quelques logiciels existent, comme Station Ripper ou Gorecord qui permettent d'enregistrer les radios du web. Illégal ? Pas sûr. Et que dire de radioblogclub ? Si le programme en lui-même ne contrevient pas à DADVSI, il semblerait que les bloggueurs qui uploadent de la musique sur leur site pour une écoute par leurs lecteurs soient eux dans l'illégalité, au regard de la Sacem. Pourtant, des sociétés comme Orange via Carbox s'y intéressent. Et à titre d'information, voici un site expliquant comment récupérer les titres hebergés. Enfin, encodés à 64 kbps, ça ne vaut pas les originaux, encore moins l'écoute live. Un conseil : allez aux concerts !
Du cinéma
Comme pour la musique, le cinéma se consomme... au cinéma. Partant, le cinéma s'est très bien porté en France en 2006, et le modèle de la télévision s'oriente de plus en plus vers des contenus exclusifs, fédérateurs et périodiques, tels les séries, capables de fideliser les téléspectateur et d'anticiper les sources de revenus liés à l'audience. D'où les personnages récurrents, les n-ièmes saisons et les redondissements de fin d'épisodes (cliffhanger) dont nous abreuvent les scénaristes. Or le modèle est pervers car l'attente suscitée auprès des publics va au-delà des espérances. Après que les producteurs US aient vendu leur série en Europe grâce aux chiffres de téléchargement en p2p (une sacrée pré-audience), voilà qu'ils se mettent à diffuser eux-mêmes leur contenus sur le web, ou signent des accords avec des tiers, à l'instar de Viacom et Joost.
Ainsi, les nouvelles séries US, se retrouvent sur le web, que ce soit de manière illégale ou non. On trouve alors, équipé d'un firefox et d'un proxy préalablement configuré pour être reconnu comme un américain, les épisodes avec 6 mois d'avance, quand ce ne sont pas des séries entières. Et tous les networks s'y mettent, et dans le même temps sécurisent leur flux, face à l'engouement de la toile pour leur nouveau mode de diffusion, en utilisant des méthodes d'identification autre que l'IP, se basant sur flash, javascript, ou encore le fuseau horaire de l'internaute.
L'intérêt pour les chaines - qui détiennent les droits exclusifs ou en sont les producteurs - est double : éviter que les flux ne leur échappent, et intégrer une publicité qui ne peut être zappée par des dispositifs "Tivo like". Le service rendu est honorable : le streaming va plus vite que le download, le flux sont drmisés, et l'internaute identifié.
Pour autant, de nouveaux services, pas très légaux non plus, tels Vidoo permettent de regarder des chaines rebroadcastées... on n'arrête pas le progrés..
mardi 13 février 2007
Pirates !
Par julien breitfeld le mardi 13 février 2007, 12:17 - media
Coup sur coup deux études viennent rappeler que les chiffres ne veulent rien dire d'autre que ce que l'on veut bien leur faire dire.
La plus récente tout d'abord, celle de l'Idate, Download Monitoring menée avec Mediametrie, qui se veut la première sur l'usage d'applications de téléchargement "légales et non autorisées". Si l'on passe sur les "applications non autorisées", il est dommage qu'elle ne prenne pas en compte les logiciels comme Windows Live Messenger, ou les pratiques de forums (avec entre autres des logiciels comme Grabbit) ou encore les hébergeurs professionnels, tels Megaupload, Rapidshare, etc...
Pourtant, l'étude relève ce que beaucoup supputaient, à savoir que les deux modes de téléchargements (gratuits et payants) ne sont pas exclusifs l'un de l'autre. Et que si le téléchargement illégal est majoritaire avec 85% des usages, il ne faut pas oublier la dimension sociale du partage. Et donc que les vendeurs oublient trop souvent que "les invisibles" de l'économie participent de l'économie elle-même. Un peu comme cette analogie développée par l'économiste Yann Moulier Boutang sur les abeilles et l'apiculteur, estimant le revenu des apiculteurs américains à quelques centaines de millions, mais chiffrant la perte en cas de disparition des abeilles à plusieurs dizaines de milliards de dollars (cité lors de la conférence Forum modernités, Le moteur à explosion dans l'économie de la connaissance du 12 février 2006).
Le chiffre du téléchargement "hors commerce" est d'ailleurs corroboré par Steve Jobs, qui constate - cyniquement - que moins de 3% des titres présents sur un iPod proviennent d'iTunes.Pourtant, nous apprend une étude de GFK pour SVM, tout juste antérieure (janvier 2006), les français téléchargeraient moins mais mieux, avec un tassement de la musique et une augmentation des films. Si l'on suit le raisonnement développé par les ayants-droit musicaux, il y aurait lieu de crier aux "Pirates !" aussi fort que la Sacem, et de poursuivre encore et toujours ces asociaux anti-économiques. Pourtant, les succés rencontrés par la VoD, ou la mise en place de la plateforme de l'INA disent le contraire. Et lorsque l'on voit que les salles de cinéma françaises ont enregistré 188,45 millions d'entrées en 2006 (dont 84,76 millions pour les films français), un chiffre en hausse de 7,5% par rapport à 2005, il y a de quoi rester perplexe face à un tel paradoxe.
Pourtant, il est vraisemblable que le web agit comme une formidable caisse de résonnance pour les contenus. Comme l'indique le document de la FING, réflexion engagée sur "Musique et numérique", dont le colloque aura lieu le 15 février prochain, Internet a vu l'industrialisation du "bouche à oreille" et de la prescription de musique, depuis des réseaux informels d'amis ou d'amateurs (forums, Newsgroups, salons de "tchatche", blogs...). Le document est disponible ici.
Le seul problème, pour les acteurs économiques autrefois responsables de la communication (journalistes spécialisés, spécialistes du marketing, publicitaires, attachés de presse, diffuseurs), c'est qu'ils font de moins en moins partie de la chaine de valeur, et sont dépossédés de leur "métier" par des amateurs. C'est le grand paradigme du web.
vendredi 29 septembre 2006
Redistribution audiovisuelle
Par julien breitfeld le vendredi 29 septembre 2006, 16:01 - media
Si le web a bien modifié quelque chose, c'est le rapport au temps et à l'espace. A peine DADVSI votée que cette loi, censée protéger les artistes, mais taillée sur mesure pour les acteurs classiques des media, est obsolète. L'activité vente des maisons de disques est en net recul - l'édition se porte bien en revanche, merci. Et du coté des distributeurs, ça sent le sapin.
Voici donc la Fnac. Le groupe PPR envisage de se séparer de l'ancien fleuron de son groupe pour se recentrer sur un coeur de métier beaucoup plus rentable que l'agitation culturelle, le luxe. Comme le rapporte
Libération, les produits culturels ne représentent plus que 40% des ventes de l'enseigne, et ce chiffre est en constante diminution.Il semble que l'adaptation au web des enseignes de distribution a été trop faible, ou que la prise de conscience a trop tardé. Comment expliquer sinon le succès d'un Apple, ou l'engouement autour de l'activité vente de Myspace ?
Ce sont donc les artistes eux-mêmes qui (re)prennent en main leur distribution. Une semaine après la sortie de leur album hors du circuit traditionnel (vente en direct sous forme CD ou clé USB, en téléchargement sur Myspace...), le groupe canadien Barenaked Ladies, annonce 1 million de dollars de recettes.
Concernant la vidéo, ce sont coup sur coup Francetélévision et TF1 qui annoncent leur offre VOD. Et court-circuitent par là-même le réseau de distribution physique. Pourtant, selon NPA Conseil et le CSA, seuls 18% des français connaitraient la VOD. Si l'offre est pléthorique - 25 services sont recensés - il manque encore une vraie convergence des plateformes de diffusion. Un film se regarde sur une TV, plus difficilement sur un écran d'ordinateur.
Mais cette convergence s'accélère. Ainsi, la récente offre de Neuf qui lance son media center,
MP9. En attendant l'offre d'Orange, et le développement des services d'abonnement musicaux et cinéma des FAI. Faute d'avoir noué les bonnes alliances, les distributeurs sont condamnés. Suivant le DIY qui caractérise le web, leurs successeurs ont délocalisé leurs points de vente... chez le consommateur.mercredi 27 septembre 2006
Musique en ligne : l'après DADVSI (2)
Par julien breitfeld le mercredi 27 septembre 2006, 16:51 - media
L'affaire est entendue : le téléchargement de musique sous copyright est illégal. Du moins dans la loi. Dans les faits, si les ayants-droits ont réussi à mettre au pas les éditeurs de logiciels de p2p, ils ne peuvent rien contre les protocoles ou logiciels dont les créateurs ne sont pas des entités juridiques. Si des sociétés comme Metamachine pour edonkey ou bittorrent sont rentrées dans le rang, emule ou le réseau bittorrent se portent bien, comme en témoigne pour ce dernier le classement Alexa des sites référençant les fichiers torrent au 26 septembre.
La société Limewire, récemment inquitée par la RIAA, a adopté une stratégie d'attaque, et poursuit l'association américaine pour monopole illégal sur le distribution de contenus soumis au droit d'auteur.
Pourtant, il semblerait que le téléchargement ne soit plus qu'un souvenir. Ce qui compte désormais, c'est l'accès immédiat à une base de donnée musicale, et l'écoute d'une offre pléthorique, telle qu'initiée par Napster, ou MusicMe en France. On voit donc fleurir des offres de streaming de musique gratuite, qui ne sont pour l'instant pas inquiétées (elles n'ont pas atteint une masse critique ?). Après le précurseur radioblogclub, deux nouvelles offres d'écoute gratuite en ligne : seeqpod, sorte de crawler qui indexe les mp3 présents sur les sites web et autres blogs; et un autre petit français, blogmusik, dont l'interface ressemble à un Ipod. L'interface est très bien faite et offre, comme radioblogclub, la possibilité de créer ses propres playlists. Cette application, très web 2.0, reprendrait les contenus de radioblogclub.
Et si, comme nous l'indique cet article de Silicon.fr, "32% des employés américains écoutent de la musique sur leur lieu de travail à l'aide de leur iPod et autre baladeur", puisque la musique adoucit les moeurs, cette tendance n'est pas prête de s'arrêter.
mercredi 13 septembre 2006
Musique en ligne : l'apres DADVSI
Par julien breitfeld le mercredi 13 septembre 2006, 18:22 - media
DADVSI continue de faire gloser. Pourtant, les DRM au coeur du débat, semblent de moins en moins une réponse au "piratage" que l'ambition pour une poignée de firmes de verrouiller leurs positions face à la concurrence, comme en témoigne la récente affaire Madonna, ayant opposé Virginmega à Orange.
En effet, dans un monde numérique où la rareté n'existe plus, l'exclusivité a l'avantage de recréer cette rareté, en créant un marché captif pour l'exploitation d'une oeuvre, pendant une période donnée. Ce principe est bien connu du cinema, avec ce que l'on appelle la chronologie des media (ou windowing), ou les circuits de distribution propre.
Certains acteurs français, et non des moindres, sont en train d'effectuer, sinon leur coming out sur la licence globale, du moins exprimer leur scepticisme sur les DRM. Après les doutes du président de l'UPFI, Stéphane Bourdoiseau, sur la capacité d'endiguer le "piratage", voici le PDG de Naïve, qui prônait le 16 septembre dernier, la licence globale pour une cohérence de l'offre. Et Pascal Rocard, le président de la SACD, de fustiger les savants fous de Bruxelles convertis au tout DRM, après s'être largement prononcé contre les licences légales, ou globales (merci à Benjamin pour la news).
Il est vrai que l'arrivée en France de eMusic, qui revendique 13% du marché en ligne de musique aux Etats-Unis, sans DRM, est l'exemple parfait de la confiance que peuvent avoir les artistes dans leur public (avec un catalogue ne comprenant aucun artiste des 4 majors).
Mais il est vrai aussi que le jeu du chat est fatigant. La criminalisation du transfert a basculé les usages sur la diffusion (cf. le succès de radioblogclub) et les grands groupes media, qui maitrisent l'entièreté de la chaine de valeur (production, édition), effraient passablement les indépendants. Surtout lorsque les logiques de rapprochement industriel passent par la maitrise de la distribution "end user", via le web.
lundi 4 septembre 2006
Myspace se fait disquaire
Par julien breitfeld le lundi 4 septembre 2006, 00:18 - media
On sait désormais comment Ruppert Murdoch va rentabiliser ses fameux UGC : il va désormais proposer la musique des groupes indépendants - non signés en major - à la vente en ligne, au terme d'un accord avec la société Snocap, de Shawn "Napster" Fanning. Un accord qui ravira les anti-DRM, puisque les titres sont disponibles au format mp3, seulement "watermarkés".
La news est toute fraiche; il faut attendre d'en savoir plus, notamment sur l'exclusivité de la distribution numérique...
Il n'en reste pas moins que News Corp a eu le nez pour flairer la bonne affaire. Après le deal avec Google, avec lequel Murdoch n'est pas tendre, et sa pôle position sur la grille des sites US, voilà qu'il dépasse MSN sur le créneau des renvois au sites de vente en ligne.
Mashable ose même un "Myplace replaces the mall".... Une belle affaire, à suivre...
