Enfin ! La Sacem vient enfin de comprendre les usages de la musique ! L'usage et non la propriété. Le streaming et non le download. On pourra dire qu'elle aura mis du temps.
Alors que cet été vient de voir les annonces de Neuf et d'Orange, les petits gars de blogmusik viennent d'annoncer le lancement officiel de leur service d'écoute gratuite et légale, rebaptisé deezer, après un accord avec la sacem. Accord qualifié d'expérimental par le vice président du directoire de la sacem, qui devrait être renégocié en décembre prochain, et qui marque un tournant dans la politique de gestion de la sacem.
Jusqu'à présent en effet, un minimum garanti de 7 centimes par titre streamé était demandé aux opérateurs, montant identique à celui payé pour un téléchargement. Un montant prohibitif pour un opérateur, pour qui, si l'on se base sur les chiffres médiamétrie d'écoute de la radio (3h par auditeur), un client couterait quelques 100 euros par mois.
Etant donné le modèle de deezer, basé sur la publicité, ce montant n'est bien évidemment pas possible en l'état à atteindre, et il y a donc eu quelques aménagements à cette tarification.
Pour l'instant, l'accord a été signé avec la SACEM, une négociation devant avoir lieu avec les producteurs. Mais, pour mémoire, rappelons que, selon l'article L.214-1 du Code la la propriété intellectuelle, ni le producteur ni l'artiste interprète ne peuvent s'opposer à sa radiodiffusion. C'est le principe de la licence légale, qui ouvre le droit à une rémunération équitable, collectée par la SPRE, qui redistribue les sommes encaissées selon les modalités visibles ici.
On entre ici dans un modèle défendu par certains, sous le nom de licence globale, hors le fait que la rémunération aux artistes sera payée par la publicité, et non sous la forme d'une quote-part de l'abonnement internet.
Pour ma part, je ne peux que me prendre à réver qu'une maison comme Radiofrance, qui est détentrice d'un des plus grands fonds musicaux européens, en phase de numérisation, adopte le procédé...
