Time magazine a donc élu l'internaute "personnalité de l'année", et ce, entre autres, parce
que "les créateurs et les consommateurs des UGC transforment l'art, la
politique et le commerce"...
La génération 2.0 est donc célébrée, révérée, au point qu'elle fait
désormais l'objet de toutes les attentions, de la part des fonds
d'investissement mais aussi des politiques, qui n'hésitent pas à faire leur show dans des meeting autrefois reservés aux geeks.
C'est que le geek a bien veilli. Autrefois jeune boutonneux amateur de jeux
vidéo, il a grandi et - s'il reste amateur de jeux vidéos - il a créé de la
valeur via la technologie. Il a été le précurseur de l'internaute, lequel
consomme, s'informe grâce au web. Son ultime chose est le e-citoyen, comprendre
le citoyen interactif, dont le corrolaire non digital est la fameuse démocratie
participative.
Dans le domaine de la création de valeur, on a bien vu que la réalisation de
sites "videogags" mondiaux, ont entrainé les surenchères que l'on sait,
afin de bénéficier des effets de bords, communauté, personnalisation, viralité,
profiling publicitaire. Mais l'apparition de ces nouveaux media n'est
pas du goût de tout le monde. En fait, les professionnels, ceux dont
l'expertise ou le talent sont remunérés, sont dans l'oeil du cyclone. Aussi, le
milieu professionnalise-t-il les amateurs, en le faisant entrer dans la chaine
de valeur.
Une nouvelle start-up, eyeka,
propose donc de "valoriser son travail comme un pro" en envoyant photo et
video, tandis que Channel 5
paye les internautes qui auront transmis - et rendu exploitable - une photo
pour son antenne.
Ces nouveaux producteurs sont la source de valeur, et les agrégateurs sont en
danger. Ce qui vaut par exemple pour la presse, où l'information étant
gratuite, la légitimité des titres - et leur coût - est contestée par les
lecteurs.
Mais dans le domaine de l'audiovisuel, où la chaine de production est beaucoup
plus importante et spécialisée, pas question de se laisser manger la laine sur
le dos. Comme le rappelle John
Battelle, les 3 piliers de ces producteurs sont la propriété
intellectuelle, le contrôle du réseau de distribution et un modèle de
rémunération élaboré autour de la publicité ou de l'abonnement. Trois piliers
qui sont remis en question par le web...
Alors, concurrencé par le nouvel arrivant Youtube, propriété de Google, les
géants US du media, savoir Fox, Viacom, CBS et NBC Universal, discutent de la
réalisation d'un compétiteur a révélé le Wall Street
Journal. Afin que l'audience d'un contenu propriété de l'un d'entre eux ne
profite... qu'à l'un d'entre eux..
Tag - internaute
lundi 18 décembre 2006
On n'est jamais mieux servi....
Par julien breitfeld le lundi 18 décembre 2006, 14:19 - media
