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mardi 21 août 2007

De l'anonymat

Au fur et à mesure que le web s'immisce dans nos vies, un des derniers pré carré définissant l'individu, sa vie privée, se réduit comme peau de chagrin. Et a fortiori, son anonymat.

Les données personnelles, telles que les noms, date de naissance, numéro de téléphone, constituent en France des données privatives et leur collecte est strictement encadrée (voir les textes de loi sur le site de la CNIL). Pour autant, nombre de sites sont en infraction avec la législation française, puisqu'il est par exemple interdit de collecter les opinions politiques, philosophiques ou religieuses des personnes.
Mais le caractère des individus ne s'arrête pas à ces données personnelles. Leurs habitudes, leurs centres d'intérêt, leurs aspirations définissent également leur personnalité, et ces informations sont devenues pour les acteurs de la "nouvelle" économie la principale source de revenus. De fait, Internet a opéré une mutation radicale dans l'approche du marketing, passant d'un marché de masse à un marché individuel, puisque bénéficiant de l'identification de la cible et d'un return path en temps quasi réel. Cette révolution touche tous les media, dès lors que le web, en supprimant le support, les a transformés en media de flux. Ainsi, l'offre est en permanence adaptée à la demande.

Cette approche a été mise en oeuvre avec succès par Google, qui en 10 ans est venu rivaliser avec les plus grands de la publicité, tels WPP ou Publicis. Les centres d'intérêt du genre humain connecté, approche globale (voir l'article d'écrans sur le Zeitgeist) permet de valoriser des mots clés, les Adwords, en fonction de l'audience d'un mot, sur un principe d'enchères. L'approche individuelle, définie par un profil de l'utilisateur en fonction de son historique de recherche (voir la fonction Google history), permet de cibler une annonce en fonction de sa cible. Pour autant, ces informations ne sont pas nominatives, elles ne permettent pas de relier un individu à un profil, si ce n'est via une adresse IP, adresse que la CNIL considère également comme une donnée personnelle, mais qui dans les faits ne permet pas d'identifier avec certitude un internaute (IP familiales, professionnelles, sur réseaux wifi ouverts ouverts...).

Et puis vint le "social networking"

Les réseaux sociaux ont vu se populariser la mise en ligne par les internautes eux-mêmes d'informations les concernant. Orientés principalement autour de l'entertainement, ces sites permettent de s'agréger autour de valeurs communes et de centres d'intérêt. Les Skyblogs ou autres Myspace identifient leurs "clients" sur le modèle de Google : l'individu y est impersonnel, il est un avatar.  Ainsi, on y compte pas moins de trente Rupert Murdoch, identifiés par le nom et la photo de l'intéressé.. Là encore, pas de données personnelles, mais un profiling publicitaire des cibles dont l'un des bénéficiaires n'est autre que... Google !
Puis, avec les réseaux professionnels sont apparues les informations nominatives, forcément importantes, puisque faisant le lien entre sphères privée et publique (le marché du travail).

La prochaine révolution du web est la fin de l'anonymat. Déjà, des informations sur les individus sont disponibles sur la toile, sur différents sites (pages personnelles, réseaux sociaux...). Des moteurs de recherche spécialisés voient le jour (tels Wink ou le surmédiatisé Spock), qui ambitionnent de recenser toutes les informations individuelles dispatchées aux quatres coins du web, mais dont le fonctionnement est basé sur des bases de données qui ne leur seront pas nécessairement ouvertes. De fait, ce ne sont que Google light.

De la fin de l'anonymat, il en est donc question d'un point de vue règlementaire et commercial. Règlementaire, puisque le gouvernement a récemment décidé d'en finir avec l'anonymat sur le Web, au terme d'une loi dont le décret vient d'être validé par le Conseil d'Etat. Cette loi, dont certaines dispositions furent combattue entre autres par la CNIL, l'AFA ou l'IRIS, impose aux FAI et les opérateurs fixes et mobiles la conservation des logs de connexions des abonnés (adresses IP, heure et date de connexion, durée...) pendant un an; et  un nouveau décret en préparation, selon les Echos du 20 août, pourrait intégrer les pseudonymes et mots de passe dans les données à conserver.

Et commercial, inspiré en cela par le nouveau réseau social,  Facebook.  Facebook, dont la progression fulgurante est étonnante, revendique quelques 30 millions de profils. Et dispose de données que font saliver plus d'un publicitaire : une combinaison de données personnelles (âge, localisation géographique, nom, téléphone portable...), de données sociales (cercles de relation et leur typologie), de données contextuelles et d'intérêt (livres, films, musique....). Le tout renseigné par l'internaute lui-même. Et si d'aucuns, comme dans la vidéo ci-dessous, y voient la figure du big brother doublé du complotisme d'Etat US, il est plus à craindre que ces données seront une fois de plus utilisées par les gourous du marketing pour vendre de la lessive. Ceci expliquant sans doute pourquoi le web rumeurise avec insistance sur le rachat de Facebook par Google... 

Fearing Facebook

Do you Facebook

mardi 26 décembre 2006

Goodbye 2006, hello 2007

Tous connectés. Il semblerait qu'à l'âge de l'accès, Internet soit au XXI ce que l'eau potable était au XXeme. En attendant le statut de bien commun, les entreprises et les collectivités offrent les accès aux nomades technoïdes. En France, après Bordeaux, voilà la mairie du 3eme arrondissement de Paris qui fournit un accès wifi gratuit

Google a fait main basse sur le web. La killer app est bien le moteur de recherche. On googelise donc, lorsqu'on cherche une réponse. Et on obtient un profil du monde à un instant T en consultant le Zeitgeist. Mais la concurrence ne désarme pas, et il existe d'ingénieux développeurs, comme Alan Taylor qui propose sur son site un metamoteur de recherche (souvenez-vous, hotbot) des contenus de livres des sites GoogleBooks, Amazon Search Inside et MSN Live Book Search. Encore une source d'ennuis pour les éditeurs. Par contre, pour les lecteurs, c'est ici

Moneo est mort, vive paypal. La première bulle a eu le mérite de générer des investissements lourds, notamment en matière d'infrastructure de réseaux. D'où le succès du commerce en ligne, et la fourniture des contenus numériques directement à domicile. Le magasin est déporté directement chez le client, la facture acquittée chez le vendeur sans intermédiaire. La bataille est désormais dans la filialisation de l'abonné, et la convergence des moyens de paiement, paiement sur mobile et settopbox, avec la quadruple convergence.

2006 a été marquée par le deuxzero (toupoillionto), le tout communautaire. C'est facile à retenir, ça a de la gueule. Mais c'est toujours le principe du web : de la communication dans les deux sens, donc de la socialisation. Outils simplifiés de publication (succès des myspace et autres flickr), bande passante et progrès des cartes videos (succès des youtube, MMORPG et du très médiatisé Second Life), curiosité et volonté d'intervenir dans le maelstrom médiatique (blog et projets participatifs, tels wikipedia)... on construit donc à l'horizontal, et moins à la verticale. Le management est tout estourbi, la dichotomie producteur/consommateur moins tranchée. 2007 sera au centre de cette problématique pour la répartition des droits d'auteurs.

Plus de services, moins de produits. Les nouveaux communistes du web ont ébréché le modèle de rente des applications propriétaires. Elles sont désormais écrites dans des langages ouverts (Sun rejoint le mouvement avec Java), sur des couches logicielles libres (Apache, Linux, Firefox), en modules interopérables et multiplateformes (Ajax, Xul). Et la valeur revient au service, au contenu, au service rendu. Foisonnement d'idées, acculturation technique, partage des développements, mashup. Mais l'OEB n'a pas dit son dernier mot.

Quid du media de papa ? Décidemment, le web ne respecte rien. Les jeunes ne lisent plus, ils surfent. Ils ne regardent plus la TV, ils se filment. Et la radio ? Ils bloguent. Et le pire, c'est qu'ils choisissent. Les moins jeunes sont également atteints, trop de choix tue le choix ? Ou le ver du gratuit a-t-il mangé la pomme ? Toute la presse est atteinte, sur tout le globe. Moins de journalistes, des millions de blogueurs. Les TV achètent des réseaux sociaux, et ce faisant syndicalisent des producteurs-à-l'insu-de-leur-plein-gré. Les producteurs en place fliquent, les en-devenir espèrent. Mais ça bouillonne, et les corps intermédiaires trinquent.

De la politique 2.0. Qui dit blog dit café du commerce, ou salons du XVIIIe. Ca jacasse, ça hypothétise, ça réseaute, ça fait trembler les institutions avec le CPE. D'où la conversion en masse des politiques - d'autres fameux corps intermédiaires - aux réseaux sociaux et forums participatifs. Je vous ai compris disait l'autre, mais qu'avait-il entendu ?

Parce que c'est bientôt la nouvelle année, et que ras le bol des bonnes résolutions, le générateur de bonnes résolutions s'occupe de tout (via ecrans.fr)

Et parce que j'ai trouvé comment le faire, et qu'il résume très bien toute la virtualité évoquée plus haut, voici "Make love not Warcraft", un épisode assez bluffant de South Park (qui sera visible tant que les ayant-droits le voudront bien). Joyeux Noyel !



South Park - Make love not Warcraft

mardi 31 octobre 2006

La poule - aux oeufs d'or - au pot

Myspace, Youtube… en quelques mois, ces deux sites sont devenus des success-stories, espaces communautaires et collaboratifs, alter ego socio-culturels de l’espace de développement des geek développeurs es logiciels libres. Cette liberté d’expression passait par la mise à disposition de données personnelles (j’aime, j’aime pas) et de données soumises à copyright (la musique que j’aime, les films qui me font rire…).

Le rachat de ces sites par des entités media ou publicitaire mondiale, leur valorisation et leur potentiel publicitaire ont réveillé les ayant droits, encore endoloris de leur bataille – perdue en termes d’efficacité et d’image – contre le p2p.
Après la purge de certains contenus comme ceux de Comedy Central, c'est au tour de Myspace de se plier aux demandes des ayant droits. Le blog Maverick cité par Battelle, postule que le "Do no evil" de Google est en train de changer. Et d'expliquer que 500 millions de dollars ont été provisionnés pour d'éventuelles poursuites des ayant droits. Mais que 6 mois de répit ont été obtenus pour faire le ménage, dans les fameux UGC.

Si la stratégie des majors est d'éliminer les contenus dont elles sont propriétaires des sites sociaux, on peut légitimement se demander ce qui retiendra les internautes sur ces sites, qui vont de plus se retrouver petit à petit envahis par la publicité. Les mois qui viennent vont être décisifs dans la négociation entre Google (et Newscorp) et les détenteurs de copyright, pour que les utilisateurs puissent continuer à "partager" leur expression personnelle...


mardi 17 octobre 2006

Le droit d'auteur soluble dans les UGC ?

L'excellent blog de Didier Durand est revenu sur l'accord de Warner et Sony avec Google concernant les UGC. Accords qui sont selon lui un préalable à l'absorption de Youtube par Google.

Néanmoins, si l'on s'en tient à Google vidéo, les accords passés ont pour objet de permettre les fameux mashup qui sont des créations d'internautes à partir de matériaux soumis au droit d'auteur.
Ces accords sont censés mettre un terme à l'insécurité juridique qui eurent raison d'un Napster. Pourtant, même ainsi rédigés entre la major et le diffuseur, ils occultent un des principes fondamentaux du droit d'auteur français : le droit moral.
Ainsi, sur les oeuvres audiovisuelles, il se trouve pas moins de 5 catégories de personnes considérées comme auteur et titulaire de ce droit (Art. L 113-7). Ce sont  l'auteur du scénario, l'auteur de l'adaptation, l'auteur du texte parlé, l'auteur des compositions musicales avec ou sans paroles spécialement réalisées pour l'oeuvre et le réalisateur.

Or l'article L121-5 édicte que "toute modification de [l'oeuvre audiovisuelle] par addition, suppression ou changement d'un élément quelconque exige l'accord des personnes mentionnées au premier alinéa", à savoir le réalisateur, les coauteurs et, le producteur. En outre, l'article L121-1 reconnait à l'auteur un droit au respect de son oeuvre.

Si le copyright anglo-saxon permet de modifier très facilement les oeuvres audiovisuelles, la réalisation de mashup d'auteurs français risque de donner des sueurs froides aux juristes.

Finalement, DADVSI aurait gagné à être rebaptisé : droit d'auteur dans la société de l'information mondialisée.

jeudi 12 octobre 2006

Youtube googelisé

Google a racheté Youtube ! La news de la semaine, du mois, de l'année ! La news que la planète webdeuzéro attendait, préssentait, rumeurisait.


Car si par cet achat Google vient de démontrer qu'il ne peut gagner à tous les coups (Google video était très loin derrière son rival), il conforte néanmoins le géant de services informatiques dans sa stratégie de régie publicitaire mondiale. En effet, après le deal avec Myspace, c'est tout naturellement que s'intègre Youtube, visant à monétiser la diffusion vidéo auprès des internautes. Et une valeur ajoutée dans le cadre du profiling transparent de l'utilisateur.

Qui s'est jamais inscrit à une newsletter US lors du web 1.0 l'a experimenté : une liste impressionnante à remplir, age, sexe, profession, revenu, centres d'intérêts...

En mettant la main sur la recherche de Myspace, et maintenant sur Youtube, Google peut affiner le profil de l'utilisateur en fonction des goûts de chacun, de ce qui motive son réseau social, de ses préférences, "à l'insu de son plein gré". Et la politique déployée sur l'ensemble de ses applications - l'identification unique via son compte Gmail - crée une personne virtuelle dont les goûts et les couleurs sont scrutés lors de la rédaction d'un mail, le partage de vidéos, bientôt son Word ou son Excel online.


Alors que les "big four" (AOL, MSN, Yahoo et AOL) sont main dans la main avec les studio de cinéma, où un cinquième larron, Apple, décide de lancer sa Set Top Box - iTV - on voit que la nouvelle frontière du web est clairement la vidéo. Si les studios ont raté le virage mp3, il n'en est plus de même avec l'image. Warner a a préféré conclure un accord avec Youtube plutôt que de rejouer l'affaire Napster. Et Universal et CBS de suivre dans la foulée. On ne s'aliène pas - plus - 20 millions d'utilisateurs uniques. D'autant plus que si le web cannibalise la télé, il s'enrichit des contenus de cette même tv; les studios ont donc compris qu'il était dans leur intérêt de fournir eux-mêmes les contenus, fourniture dont le financement est assuré par ... la publicité.

Maintenant se pose la question du positionnement de Google. Il va devoir clarifier sa situation : media ou régie. Car même avec une valorisation de 128 milliards de dollars, il n'est pas de bon ton de se facher avec son nouvel-ancien partenaire, lorsque celui-ci s'appelle Rupert Murdoch.

mardi 26 septembre 2006

Liberté de - l'indexation - de la presse ?

A suivre après la condamnation de Google Belgique le 5 septembre dernier à

retirer de tous ses sites (Google News et « cache » Google sous quelque dénomination que ce soit), tous les articles, photographies et représentations graphiques des éditeurs belges de presse quotidienne francophone et germanophone représentés par la demanderesse dans les 10 jours de la signification de l’ordonnance à Intervenir, sous peine d’une astreinte de 1.000.000,- € par jour de retard

L'association mondiale des journaux (WAN), dont les membres français sont le syndicat de la presse parisienne (SPP) et le syndicat de la presse quotidienne régionale, vient de lancer une initiative assez troublante.
Les éditeurs de presse viennent de lancer le projet ACAP (Automated Content Access Protocol), afin de standardiser la description de droits sur les pages web de leurs journaux en ligne.
A première vue, il s'agit de renseigner les moteurs de recherche, Google en tête, afin de notifier les droits liés à certaines pages web. Plus concrètement, il s'agit d'empêcher les agrégateurs de contenus de "piller" les ressources des journaux afin de construire leurs propres sites de news.

L'initiative est intéressante; une application existe déjà, Mozcc, qui fait apparaître dans le browser le type de licence CC d'un document. Intéressante seulement si elle renseigne le type de droits; une description de page Web intégrant une DRM serait en totale contradiction avec les standards du Web et ne pourrait s'imposer. Du moins je l'espère.


La source ici et le communiqué de Reuters

lundi 28 août 2006

La bataille de la dernière couche

Google vient donc de dégainer son Word 2.0.

Et voilà donc une page de l'informatique qui se tourne. Microsoft rattrapé, sur son coeur de métier, par là-même où il avait débuté : l'applicatif.

Petit retour en arrière : IBM fabrique des ordinateurs, mais a besoin d'un système d'exploitation pour le faire tourner. Ce que d'aucuns intégraient ou intègreront en ROM (dont Apple), d'autres le proposeront en option, et en RAM.

C'est le règne du DOS, et le début de la fortune de Microsoft. Car le génie marketing de Bill Gates est de céder des licences d'exploitation du software, lorsque l'ordinateur est vendu tout court. C'est l'époque du hardware contre le software.

Cette différenciation fera donc le bonheur de Microsoft, mais aussi par ricochet de Lotus, Borland, Corel ou Adobe..

Les couches de programmes s'empilent : un OS, puis une interface graphique, puis un logiciel qui en tire les capacités de traitement. Microsoft gère MS-DOS, puis Windows, dispose des outils de programmation, rend lisibles ses API pour exploiter les ressources de sa plateforme. En bout de course, quoi de plus naturel que de vendre ses propres logiciels, dont la suite Office qui réalisera une partie de sa fortune et qui - quoi qu'en dise certains - permettra de standardiser les documents texte ou tableur.

Seulement voilà, le concept du système d'exploitation arrive à obsolescence. Vendre une voiture sans le démarreur devient incompréhensible. Et lorsque le démarreur plus le levier de vitesse plus le volant coutent autant si ce n'est plus que la voiture....

La pénétration du web, dont le standard ouvert a permis une appropriation rapide car gratuite, a ouvert des brèches dans le monopole du géant de Redmond. Plus d'exclusivité, des interfaces portables sur n'importe quel système d'exploitation... Les OpenBSD, Mac et Windows ont cela en commun - l'interopérabilité de leur browser. Il n'en fallait pas plus que cela pour relancer la guerre de la dernière couche : l'application utilisateur.

En reliftant un vieux code - Javascript - et en fournissant leurs API gratuitement aux programmeurs du monde entier, des sociétés de service, Google, Yahoo ou encore Netvibes, ont dynamité le "bureau" de Bill. Dorénavant, sur le bureau, il y a une nappe...

jeudi 10 août 2006

Mercato du newmedia

Netscape vient donc d'ouvrir la boite de pandorre en proposant aux meilleurs artisans de la blogosphere  1000 dollars par mois pour continuer leur passe-temps sur ....Netscape.

Je dis "passe-temps" car le blog n'est pas considéré comme un travail, bien que le rythme de post de certains me fait me demander s'ils ont une activité à coté. Par ailleurs, bizarrement, dans le monde de l'homo economicus numericus, la question du paiement pour cette "activité" est taboue, en témoigne les réactions négatives émises par les autorités compétentes du web 2.0.

Alors, quoi qu'est-ce que le web 2.0. Du social networking à la sauce ajax, où les contributeurs sont - à l'instar des programmeurs du libre - des gens qui donnent de leur temps pour enrichir des bases de données en contenus ?

On en revient donc au media : quel est-il, sinon un filtre (éditorial, politique, culturel, sportif) entre une masse d'information et un usager lambda. Paris Turf ou France Football, Libe ou Le Figaro, F2 ou Arte ?

Le web a donné la parole aux auditeurs, téléspectateurs et autres lecteurs. Tout le monde parle, mais comment se faire entendre ? Le paradoxe du net c'est le renversement de la pyramide du savoir, entre les forcément éclairés et les utilement éclairants. La force de production d'un bloggueur c'est la pertinence du propos, et la régularité des post. En fait, un métier de journaliste : raconter une histoire, et la raconter bien.

On parle donc de Netscape, anciennement un browser, aujourd'hui un media (on oublie le new, on peut dire pluri), avec des morceaux de talents dedans. Et la rémunération qui va avec. Et j'applaudis à deux mains. On n'exploite plus, on valorise.

L'internaute a besoin de repères. Une marque forte comme Netscape, avec un contenu de qualité, attirera usagers et annonceurs. De gratuité il n'a jamais été question; le web 2.0 réinvente l'eau chaude en mixant monétisation du fameux "user generated content" et des services premium.
Mais le modèle actuel du web est actuellement celui du media traditionnel. Le contenu est payé par les pages de pub, il est vrai raffiné via les profils des utilisateurs. Et on ne peut pas dire que le modèle s'essouffle, puisque l'investissement publicitaire sur le web a augmenté de 74% entre 2004 et 2005 pour dépasser le milliard d'euros.

Un site comme Myspace, avec ses 70 millions de comptes et son milliard de pages vues par jour, vient d'ailleurs de vendre son espace à Google pour 900 millions de dollars !. Google vient donc concurrencer des OMD ou des Carat... On en revient donc au financement traditionnel du media privé : rétribuer les auteurs en fonction de leur audience.


Note : Cela me remet en mémoire un passage cité par J. Rifkin dans "L'âge de l'acces". Dans un chapitre titré "La marchandisation des rapports humains", il cite un article d'un sociologue du nom de James Rule, paru dans le Wall Street Journal du 15/06/90 sous le titre "My mailbox is mine", qui suggère que :

"tout individu a le droit de vendre ou de céder les droits de vente ou d'exploitation de toute information concernant sa personne [...]

Toute personne consentant à céder une part de cette information pourra utiliser les services d'un agent spécialisé [...]. Chaque fois qu'une entreprise vendra ou échangera sa liste de clients, elle sera légalement obligée de payer des droits aux individus concernés"


Note 2 : on lira avec intérêt l'article de Chris Anderson sur l'évolution des revenus des media