Alors que l'on croyait la parenthèse DADVSI fermée, voilà que quelques événements viennent nous rappeler la bataille qui se joue pour le contrôle des flux transitant sur les fameuses autoroutes de l'information.
Comme le rapporte l'excellent avatar Champeau, le Japon vient de créer un précédent en condamnant le créateur du logiciel de p2p winny, très populaire au pays du soleil levant. Plus près de nous, les belges de la SABAM (la Sacem qu'Outre-Quievrain) veulent endiguer le problème du p2p à sa source, c'est-à-dire en contraignant les FAI à faire la police parmi les internautes, vraisemblablement au moyen d'outils de surveillance des réseaux.
Encore plus près, puisque chez nous, c'est le BLIC (Bureau de liaison des industries cinématographiques) qui demande, à l'aune du réexamen de l'accord portant sur la Vod, "davantage d'engagements des FAI" contre le piratage; en balance, la possibilité d'aligner l'exploitation Vod sur celle DVD en vidéoclub, dans la fameuse chronologie des media.Pourtant, cette resucée du débat a tout du combat d'arrière garde. D'abord parce que le filtrage des contenus est absolument impossible, que ce soit pour des raisons légales ou techniques. Si la technique reste une affaire de techniciens, peut-être. Mais lorsqu'on peut partager des fichiers à l'aide du Windows live, que des services comme yousendit ou neobebox permettent d'archiver et d'échanger des fichiers de la taille d'un film...
Enfin, ce débat est surtout l'oeuvre d'acteurs de la génération unpointzero, dont les rentes de situation sont bousculées, comme l'a souligné le rapport Levy-Jouyet au regard de la gestion des droits intellectuels. Pourtant, les nouveaux acteurs comme Google s'activent. La BMI (la Sacem d'Outre-Atlantique) vient de signer avec SpiralFrog.
Le récent - et très médiatisé - succés d'Autumn avec 400.000 visionnages (chiffres Google) à début décembre est là pour rappeler qu'un nouveau mode de distribution existe, et qu'un contenu avec une vraie production et une durée cinéma peut s'inscrire dans la petite lucarne du web, entre long tail et contenu exclusif, avec des frais réduits, marketing comme distribution..
Mais comme le souligne Champeau, il est vrai que le patron du BLIC est en même temps celui de Gaumont, le distributeur. Alors la pression pour le contrôle est là, mais ne doutons pas qu'elle fera pshiit..
