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lundi 16 septembre 2013

Mutatis mutandis

 

Agora numérique

"De mémoire de journaliste web", on n'avait jamais vu un tel succès pour une page de réaction à un fait divers. Cette phrase d'un article du Figaro concernant la page facebook de soutien à un bijoutier meurtrier est étonnante à double titre; d'une part, parce qu'il existe donc une mémoire web; de l'autre, parce qu'il ressort que facebook est devenu, en 7 ans d'existence française, la nouvelle agora.

Cet espace de liberté fait extrèmement peur aux corps constitués, qui disposent d'un monopole de la représentation. Qu'il s'agissent de ministres qui, horrifiés par les hashtag twitter, veulent interdire l'expression a priori et cacher la poussière sous le tapis. Qu'ils s'agissent de journalistes (que l'on a connu plus inspirés) qui y voient un moyen génial de faire le ménage parmi leurs "amis" facebook (cité par Rue89).

Ces deux discours devant un fait divers, qui en d'autres temps aurait mobilisé une parole politique (le serpent de mer de la peine de mort chez l'extrème droite) poussent à radicaliser les pour et les contre là où le débat public est nécessaire à l'exercice de la démocratie. Et les réseaux sociaux, tout appropriés qu'ils sont en tant qu'espaces publics, sont plus utiles que dangereux.

De la diffusion

La polémique fait rage entre Arthur et le service public. En cause, une énième réorganisation de la station Le Mouv', qui peine à trouver des auditeurs, là où la radio d'Arthur, Oui Fm, ne peut se développer faute de fréquence hertziennes disponibles.

Que ce soient les medias ou les oeuvres, tous ont besoin d'exposition. La récente mise à jour de l'étude allemande concernant l'impact de la fermeture de MegaUpload ne dit pas autre chose : elle a surtout bénéficié aux blockbusters, la consommation pirate s'apparentant à une forme de marketing (ou bouche à oreille) qui permettait de faire découvrir des "petits et moyens films".  

C'est tout le paradoxe des biens d'expérience, et concomittament de la crise des media : on n'apprécie qu'après la consommation, et la multitude transformée en média est un autre moyen de diffusion. Reste à la valoriser, sans transformer chaque acteur de la chaine en publicitaire.

Grammaire digitale

42, Simplon.co, la mutinerie qui propose des formations, la professionalisation du site du Zero (qui devient Openclassrooms), la fondation Mozilla qui organise des "coding gouters"... le code - et les codeurs - a le vent en poupe.

Pour autant, il ne faut pas croire que former des bataillons de codeurs va transformer l'économie, atone. Beaucoup de professeurs, chercheurs ou journalistes considèrent actuellement le code comme un nouveau latin. Un texte de 2012 du journaliste John Nahgton (Pourquoi les enfants devraient apprendre à coder) fait régulièrement surface sur les SNS. Où il est question d'autonomie, de créativité, de DIY, d'algo et de crypto.

Mais pas que. Alors que le monde dans lequel nous vivons se compléxifie à une vitesse stupéfiante (les puces sont partout, et le M2M ne va rien arranger), il faut avant tout apprendre le code non pour le construire, mais déjà pour en comprendre le fonctionnement. Nul n'est censé ignorer la loi? Nul ne devrait être censé ignorer le code.

mardi 18 août 2009

Nous sommes des feeds

Facebook vient d'acquérir Friendfeed, n'ayant pu se payer Tweeter à l'automne dernier. A se demander ce que valent l'un et l'autre, lorsque l'accord ne s'est pas fait sur un montant de $500 millions, en actions Facebook (alors valorisé à 4 milliards, après en avoir atteint 15, et en valant actuellement 6,5)...

Friendfeed est un service de microblogging qui reprend le principe d'émettre nos actions informatiques, loggées, à destination d'une population, de manière transparente (ce qu'on écoute sur Lastfm, les photos publiées sur Picasa...).

Sorti en 2007, il enrichit le fil Twitter, qui n'est autre qu'une application hybride entre le SMS (qui a eu du mal à démarrer aux Etats-Unis du fait de l'absence d'interopérabilité entre les opérateurs mobiles) et le chat en mobilité.

De fait, il est l'agrégation de dizaines de morceaux de code, appelés applications, qui se sont développés dans cet écosystème SMS pour ordinateurs, écosystème qui a largement profité du développement des PDA (merci Apple), et de leur ouverture sur des standards ouverts (merci IP). Enfin, ouvert jusqu'à un certain point...

Facebook a donc confirmé que nous étions des feeds. Après "Nous sommes les média", "Nous sommes le Web", nous sommes des feeds. On a déjà mis un nom sur ce phénomène, nous apprend Philippe Martin : le "lifestream". Le flux de la vie. Ça pète quand même plus en anglais...

Nous sommes des flux de données, entrantes puis sortantes. Avec stockage et analyse entre les deux. Devenu média, passeur, intermédiaire, facilitateur, nous sommes au centre de toute l'attention, à commencer par la nôtre. Nous bavardons devant des millions de spectateurs potentiels, nous nous mettons en scène, nous refaisons le match au café du commerce. Nous exprimons nos angoisses, clamons nos bonheurs, exprimons des idées ou racontons simplement notre vie, aussi égocentriques que des starlettes de 25 ans qui "écrivent" leur biographie. Nous n'avons pas un quart d'heure de célébrité, nous avons une vie à la crier à la face du monde. Nous existons avec et contre le regard des autres, sur la Toile.

Dernièrement, Twitter a été l'objet de l'intérêt des massmedia. On a glosé sécurité, mais également utilité. Twitter sortait de sa popularité geek pour entrer dans la communication de masse. Tout le monde devait avoir un compte Tweeter. A quelles fins? La première, exposer sa vie à son audience, et suivre celle des autres (petit florilège d'autres usages chez Pisani). Un Facebook minimal en somme, et toujours une problématique lofteuse. La 2eme, moins funky, est que Twitter lorgne également vers le SSO. Le Single Sign On. L'ID unique de chaque internaute. Quelques problématiques intéressantes à venir, donc, bientôt sur nos écrans : qu'est-ce qu'une identité? Qui la gère? Google (qui vient de remettre à jour le protocole finger)? Et qui la certifie? Visa ou Mastercard?


Passé ces questions philosophico-politico-planétaires, il est amusant de noter que finalement, nous n'avons toujours rien inventé. Déplacé le cadre de la célébrité à l'anonyme, donné la parole au dernier de la classe (à coté du radiateur), transformé le consommateur de news en producteur d'histoires. Dernière minute, une dépêche AFP vient de tomber sur nos téléscripteurs, selon son statut, deux point, ouvrez les guillemets : Régis Martin boit du rosé au bord d'une piscine. Et 10 followers auront remplacé une autre information (Notre Président à la plage, Notre Roi de la Pop en bière, Notre Équipe de Foot à la peine) par l'information ci-dessus.

We now engage with news, react to news, and share news. News has become an important element of community -- something around which we gather, connect, and converse [...]. Ariana Huffington commentant l'accord Facebook-Huffington Post, Huffington Post, 17/08/09

Rien inventé donc de plus que ce que nous faisons depuis la nuit des temps, depuis le neurone même, qui est un système complexe d'adressage d'information via des réseaux. Des pointeurs sur une données (^p). De l'information qui renvoie à de l'information. J'attends donc le rachat de tinyURL par Facebook

Disclaimer : d'où parles-tu camarade? Je suis actuellement en charge du BI chez viadeo, réseau social business européen]

lundi 10 août 2009

Facebook, ma vie point log

Facebook vient de passer 4eme site mondial, en termes de visiteurs uniques, en décomptant 340 millions selon Comscore (cf. le beau graphique de TechCrunch). A comparer aux chiffres communiqués par Facebook lui-même, faisant état de 250 millions d'utilisateurs actifs.

Des très jolis chiffres, du moins concernant le web du monde occidental (quid par exemple des 200 millions de connexions chinoises revendiqués par Qzone?).

Derrière ces très gros jolis chiffres - qui font saliver les marketeux comportementaux, à la mode en ce moment - se cache un des plus intéressants paradoxes du monde du web 2.0, et partant, de "l'économie numérique".

C'est en effet le gens - la personne derrière le compte facebook, vous, moi - qui crée la valeur. Non par son travail, mais par l'utilisation de l'outil. Et si l'on ne peut parler de travail sur Facebook, on arrive quand même à chiffrer à 1,5% de perte de productivité pour les entreprises américaines (chiffre choc abondemment médiatisé issu d'une étude d'un cabinet US dont on se demandera la finalité). Ca fait des sous, pour du non-travail...

La valeur de l'entreprise Facebook - non cotée - était en juillet estimée à 6,5 milliards de dollars, après l'injection de capital de la société russe Digital Sky Technology. En oubliant opportunément le portefeuille de brevets de la société, ses immobilisations en matériel, ses coûts de développement et de production, réduits à la marge, la valeur de l'entreprise équivaut à sa base de données. Soit 26 dollars le gens. Pour se donner une autre idée de la valeur d'un gens, Friendster, autre SNS connu, était en vente en juillet à quelques 137 millions de $ pour 105 millions de membres. Soit 1,8$ le gens.

Cette idée de valeur de gens - une cible - n'est pas nouveau. Les tarifs publicitaires media sont fonction de la cible, et le support n'a pas le même prix. Le papier, la télé valent cher, la radio moins. Quant au web, nous n'en sommes qu'au début. Le CPM y est très bas, les inventaires sont gigantesques, mais, comme le dit Maurice, sur le digital, nous n'avons encore rien vu. Ledit Maurice vient d'ailleurs de finaliser l'achat de Razorfish auprès de Microsoft... Mais je m'égare...

Facebook, c'est aussi beaucoup plus qu'un outil permettant d'adresser le plus précis des messages à la plus précise des cibles, reléguant le spot d'un anti-cholesterol lambda en milieu d'après-midi entre deux épisodes de Derrick sur France 3 à la réclame de grand papa.

Facebook c'est aussi et surtout la mémoire externalisée de ses membres, enregistrée en temps réel. Un log permanent de connections, de relations, d'événements, de publication de photos. De correspondances. De posts de liens. Et surtout leur datation. Le log inconscient de mes faits et gestes assumés. Une biographie numérique.

FB a 5 ans. Lancé comme le trombinoscope numérique des étudiants américains, il est devenu les pages blanches du web (occidental). Il mixe les base de données existantes centrées autour de la personnalité (qui je suis) et a développé celles de l'action (ce que je fais).  Facebook a grandi avec ses utilisateurs, et les pratiques qui s'y développent sont parfois surprenantes : ainsi des pages "In Memoriam" d'étudiants assassinés de Virginia Tech tiennent-elle lieu de pierre tombale virtuelle où les amis du défunt viennent témoigner de leur affliction.

Raisonnons à 5 ans, le temps qu'il a fallu pour que la première bulle explose, autrement dit pour que les entreprises qui ont massivement investi un nouveau canal commercial réalisent que le ROI était très très très aléatoire. Mais où l'investissement massif de cette première bulle, notamment dans les infrastructures, a suscité l'effet boule de neige en terme d'équipement ou de concurrence.

La taille de mon carnet d'adresses (mes amis). L'utilité de connaître des informations parasites pour les atteindre (email, n° de téléphones). La taille de mes albums de vacances. De mes vidéos. Mes échanges personnels avec mes proches.

Dans 5 ans, tout cela ne sera plus rangé dans une vieille malle en bois trainant au grenier, souvenirs d'une mémoire engourdie. Tout cela sera rangé à l'extérieur de ma propriété, sur des disques magnétiques, optiques, des bandes, des ram, des trucs et des machins auxquels je n'aurai aucun accès physique. Et qui ne m'appartiendront pas.

Qui a vécu un incendie et a tout perdu peut s'estimer anéanti par la perte des objets patiemment accumulés, lesquels ont tous eu une histoire, donc suscité un affect. Que dire de celui qui a perdu des centaines de mégaoctets de musique, de photos de vacances, de films, de documents numériques stockés sur un disque dur qui crashe . Au delà d'une propriété, c'est la madeleine de Proust qui disparaît (une mémoire émotionnelle...)

Cette fameuse extension de la mémoire, apparue avec l'invention de l'écriture, et qui a permis le développement de nos civilisations (la tête bien faite vs la tête bien pleine, voir la video de Michel Serres), cette mémoire est désormais confiée à des tiers.

Qui je suis est depuis longtemps une prérogative d'Etat (l'état civil, défini ex ante). L'appropriation de moi en tant que personne définie/recréée par moi est relativement récente. Les pseudonymes chez les artistes sont devenus les avatars chez le gens lambda. Au XXIeme siècle, issu de la génération Y, de la démocratie et du marché, je suis qui je veux être. Je me (et suis) définis ex post. Qui je suis plus ce que je fais plus qui je connais plus quoi j'aime plus quand je le fais, c'est toute la (re)définition de la personnalité. Du concept d'amitié ("friendship is not a commodity" :D). De celui de médiateur. Se recomposer en "stratège de sa propre existence" (voir le programme "Identités actives" de la Fing). Schizophrénique...

Une partie de l'économie numérique, celle qui régit le web 2.0, c'est le travail du consommateur, travail réalisé à titre gracieux, sur des machines apportées par lesdits consommateurs. Pourquoi pas.

Mais ma mémoire externe, mes données personnelles, celles qui font saliver les entreprises, régies pub et Etats du monde entier? Stockées, analysées, valorisées. Qui doit en détenir les droits de propriété? De diffusion? D'édition?

Les problématiques d'identité numérique sont gigantesques et ont des ramifications insoupçonnées. Qui validera l'identité numérique d'un citoyen connecté? Toujours l'Etat? OpenID? Twitter? Facebook? Et, partant, lorsque je voudrai fouiller dans ma mémoire facebook, dans 5 ans, devrais-je payer pour y avoir accès?

 

 

[Disclaimer : d'où parles-tu camarade? Je suis actuellement en charge du BI chez viadeo, réseau social business européen]

mardi 21 août 2007

De l'anonymat

Au fur et à mesure que le web s'immisce dans nos vies, un des derniers pré carré définissant l'individu, sa vie privée, se réduit comme peau de chagrin. Et a fortiori, son anonymat.

Les données personnelles, telles que les noms, date de naissance, numéro de téléphone, constituent en France des données privatives et leur collecte est strictement encadrée (voir les textes de loi sur le site de la CNIL). Pour autant, nombre de sites sont en infraction avec la législation française, puisqu'il est par exemple interdit de collecter les opinions politiques, philosophiques ou religieuses des personnes.
Mais le caractère des individus ne s'arrête pas à ces données personnelles. Leurs habitudes, leurs centres d'intérêt, leurs aspirations définissent également leur personnalité, et ces informations sont devenues pour les acteurs de la "nouvelle" économie la principale source de revenus. De fait, Internet a opéré une mutation radicale dans l'approche du marketing, passant d'un marché de masse à un marché individuel, puisque bénéficiant de l'identification de la cible et d'un return path en temps quasi réel. Cette révolution touche tous les media, dès lors que le web, en supprimant le support, les a transformés en media de flux. Ainsi, l'offre est en permanence adaptée à la demande.

Cette approche a été mise en oeuvre avec succès par Google, qui en 10 ans est venu rivaliser avec les plus grands de la publicité, tels WPP ou Publicis. Les centres d'intérêt du genre humain connecté, approche globale (voir l'article d'écrans sur le Zeitgeist) permet de valoriser des mots clés, les Adwords, en fonction de l'audience d'un mot, sur un principe d'enchères. L'approche individuelle, définie par un profil de l'utilisateur en fonction de son historique de recherche (voir la fonction Google history), permet de cibler une annonce en fonction de sa cible. Pour autant, ces informations ne sont pas nominatives, elles ne permettent pas de relier un individu à un profil, si ce n'est via une adresse IP, adresse que la CNIL considère également comme une donnée personnelle, mais qui dans les faits ne permet pas d'identifier avec certitude un internaute (IP familiales, professionnelles, sur réseaux wifi ouverts ouverts...).

Et puis vint le "social networking"

Les réseaux sociaux ont vu se populariser la mise en ligne par les internautes eux-mêmes d'informations les concernant. Orientés principalement autour de l'entertainement, ces sites permettent de s'agréger autour de valeurs communes et de centres d'intérêt. Les Skyblogs ou autres Myspace identifient leurs "clients" sur le modèle de Google : l'individu y est impersonnel, il est un avatar.  Ainsi, on y compte pas moins de trente Rupert Murdoch, identifiés par le nom et la photo de l'intéressé.. Là encore, pas de données personnelles, mais un profiling publicitaire des cibles dont l'un des bénéficiaires n'est autre que... Google !
Puis, avec les réseaux professionnels sont apparues les informations nominatives, forcément importantes, puisque faisant le lien entre sphères privée et publique (le marché du travail).

La prochaine révolution du web est la fin de l'anonymat. Déjà, des informations sur les individus sont disponibles sur la toile, sur différents sites (pages personnelles, réseaux sociaux...). Des moteurs de recherche spécialisés voient le jour (tels Wink ou le surmédiatisé Spock), qui ambitionnent de recenser toutes les informations individuelles dispatchées aux quatres coins du web, mais dont le fonctionnement est basé sur des bases de données qui ne leur seront pas nécessairement ouvertes. De fait, ce ne sont que Google light.

De la fin de l'anonymat, il en est donc question d'un point de vue règlementaire et commercial. Règlementaire, puisque le gouvernement a récemment décidé d'en finir avec l'anonymat sur le Web, au terme d'une loi dont le décret vient d'être validé par le Conseil d'Etat. Cette loi, dont certaines dispositions furent combattue entre autres par la CNIL, l'AFA ou l'IRIS, impose aux FAI et les opérateurs fixes et mobiles la conservation des logs de connexions des abonnés (adresses IP, heure et date de connexion, durée...) pendant un an; et  un nouveau décret en préparation, selon les Echos du 20 août, pourrait intégrer les pseudonymes et mots de passe dans les données à conserver.

Et commercial, inspiré en cela par le nouveau réseau social,  Facebook.  Facebook, dont la progression fulgurante est étonnante, revendique quelques 30 millions de profils. Et dispose de données que font saliver plus d'un publicitaire : une combinaison de données personnelles (âge, localisation géographique, nom, téléphone portable...), de données sociales (cercles de relation et leur typologie), de données contextuelles et d'intérêt (livres, films, musique....). Le tout renseigné par l'internaute lui-même. Et si d'aucuns, comme dans la vidéo ci-dessous, y voient la figure du big brother doublé du complotisme d'Etat US, il est plus à craindre que ces données seront une fois de plus utilisées par les gourous du marketing pour vendre de la lessive. Ceci expliquant sans doute pourquoi le web rumeurise avec insistance sur le rachat de Facebook par Google... 

Fearing Facebook

Do you Facebook