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Tag - distribution

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mardi 26 décembre 2006

Goodbye 2006, hello 2007

Tous connectés. Il semblerait qu'à l'âge de l'accès, Internet soit au XXI ce que l'eau potable était au XXeme. En attendant le statut de bien commun, les entreprises et les collectivités offrent les accès aux nomades technoïdes. En France, après Bordeaux, voilà la mairie du 3eme arrondissement de Paris qui fournit un accès wifi gratuit

Google a fait main basse sur le web. La killer app est bien le moteur de recherche. On googelise donc, lorsqu'on cherche une réponse. Et on obtient un profil du monde à un instant T en consultant le Zeitgeist. Mais la concurrence ne désarme pas, et il existe d'ingénieux développeurs, comme Alan Taylor qui propose sur son site un metamoteur de recherche (souvenez-vous, hotbot) des contenus de livres des sites GoogleBooks, Amazon Search Inside et MSN Live Book Search. Encore une source d'ennuis pour les éditeurs. Par contre, pour les lecteurs, c'est ici

Moneo est mort, vive paypal. La première bulle a eu le mérite de générer des investissements lourds, notamment en matière d'infrastructure de réseaux. D'où le succès du commerce en ligne, et la fourniture des contenus numériques directement à domicile. Le magasin est déporté directement chez le client, la facture acquittée chez le vendeur sans intermédiaire. La bataille est désormais dans la filialisation de l'abonné, et la convergence des moyens de paiement, paiement sur mobile et settopbox, avec la quadruple convergence.

2006 a été marquée par le deuxzero (toupoillionto), le tout communautaire. C'est facile à retenir, ça a de la gueule. Mais c'est toujours le principe du web : de la communication dans les deux sens, donc de la socialisation. Outils simplifiés de publication (succès des myspace et autres flickr), bande passante et progrès des cartes videos (succès des youtube, MMORPG et du très médiatisé Second Life), curiosité et volonté d'intervenir dans le maelstrom médiatique (blog et projets participatifs, tels wikipedia)... on construit donc à l'horizontal, et moins à la verticale. Le management est tout estourbi, la dichotomie producteur/consommateur moins tranchée. 2007 sera au centre de cette problématique pour la répartition des droits d'auteurs.

Plus de services, moins de produits. Les nouveaux communistes du web ont ébréché le modèle de rente des applications propriétaires. Elles sont désormais écrites dans des langages ouverts (Sun rejoint le mouvement avec Java), sur des couches logicielles libres (Apache, Linux, Firefox), en modules interopérables et multiplateformes (Ajax, Xul). Et la valeur revient au service, au contenu, au service rendu. Foisonnement d'idées, acculturation technique, partage des développements, mashup. Mais l'OEB n'a pas dit son dernier mot.

Quid du media de papa ? Décidemment, le web ne respecte rien. Les jeunes ne lisent plus, ils surfent. Ils ne regardent plus la TV, ils se filment. Et la radio ? Ils bloguent. Et le pire, c'est qu'ils choisissent. Les moins jeunes sont également atteints, trop de choix tue le choix ? Ou le ver du gratuit a-t-il mangé la pomme ? Toute la presse est atteinte, sur tout le globe. Moins de journalistes, des millions de blogueurs. Les TV achètent des réseaux sociaux, et ce faisant syndicalisent des producteurs-à-l'insu-de-leur-plein-gré. Les producteurs en place fliquent, les en-devenir espèrent. Mais ça bouillonne, et les corps intermédiaires trinquent.

De la politique 2.0. Qui dit blog dit café du commerce, ou salons du XVIIIe. Ca jacasse, ça hypothétise, ça réseaute, ça fait trembler les institutions avec le CPE. D'où la conversion en masse des politiques - d'autres fameux corps intermédiaires - aux réseaux sociaux et forums participatifs. Je vous ai compris disait l'autre, mais qu'avait-il entendu ?

Parce que c'est bientôt la nouvelle année, et que ras le bol des bonnes résolutions, le générateur de bonnes résolutions s'occupe de tout (via ecrans.fr)

Et parce que j'ai trouvé comment le faire, et qu'il résume très bien toute la virtualité évoquée plus haut, voici "Make love not Warcraft", un épisode assez bluffant de South Park (qui sera visible tant que les ayant-droits le voudront bien). Joyeux Noyel !



South Park - Make love not Warcraft

mercredi 18 octobre 2006

De la distribution des UGC

Canal+ serait sur le point de lancer son site communautaire nous apprend la CBNewsletter du jour. Il rejoindrait TF1 avec Wat et M6 et son offre Wideo. Pour tout ces media, un seul mot d'ordre : les UGC, ou User Generated Contents.

Cet acronyme, popularisé par l'explosion de sites tels Youtube, est la régénération d'un terme tombé dans l'oubli, ou opportunément passé à la trappe : l'oeuvre.

En effet, bien que masqué par des problématiques de droits propriétés des majors, les UGC ne sont pas tous des mashup d'oeuvres existantes, mais bien la création ex nihilo par des auteurs qui s'ignorent. Un bloggueur du nom d'Asi Sharabi a réalisé une étude empirique sur les 100 vidéos les plus vues au mois de juillet (lien via Internetactu). Sur les 100, plus de la moitié sont une oeuvre de création, et un tiers ne contient pas de matériel soumis à copyright.

Si Youtube (et les autres) ont bien inventé quelque chose, c'est donc un nouveau canal de diffusion d'oeuvres artistiques qui ne trouvaient pas preneur dans le milieu de la distribution classique.

Avec le développement de l'informatique, le home-studio dédié à la musique s'est tout naturellement mué en régie de télévision, intégrant toute la chaine de production, jusqu'à la post-prod. Et cette explosion de talents est un vivier pour les chaines. Si Bzz n'avait pas eu un crénau de diffusion sur FR3 Méditerranée, Carette et Lauby auraient-ils pu créer avec Chabat les Nuls ?

Canal+ a commencé à diffuser les oeuvres de ces créateurs "à la maison" dans le cadre de son programme les Films faits à la maison. Mais la case est trop petite, et la diffusion reste à destination de ses abonnés.

Aujourd'hui, on assiste donc à une nouvelle période de création. Flash, téléphone portable, jeux vidéos sont mis à contribution pour réaliser de petites merveilles avec trois francs six sous. Pour des résultats souvent épatants. Le Festival Machinima, qui se déroulera à New York les 4 et 5 Novembre 2006, va élire ces films réalisés avec les moteurs graphiques de jeux comme World of Warcraft dans 16 catégories ! Et cocorico, un "film" français est nominé 9 fois. Il s'agit des Aventures de Bill et John.

L'industrie du film est engluée dans des superproductions dont les coûts menacent à chaque sortie leur studio. Des réalisateurs comme George Lucas envisagent de se tourner vers la télévision, car "pour 200 millions de dollars, vous faites un long métrage de 2 heures pour le cinéma, et 120 heures pour la TV". Et le site The Long Tail, reprenant cette interview, d'ajouter opportunément que 13.000 films sont soumis chaque année au Festival indépendant de Tribeca.


Pour les anciens media comme pour les nouveaux, la priorité est aux contenus. Aussi, la recherche de talents est essentielle, tout comme l'économie des coûts de production. Encore faut-il rémunérer les - nouveaux - auteurs.

vendredi 29 septembre 2006

Redistribution audiovisuelle

Si le web a bien modifié quelque chose, c'est le rapport au temps et à l'espace. A peine DADVSI votée que cette loi, censée protéger les artistes, mais taillée sur mesure pour les acteurs classiques des media, est obsolète. L'activité vente des maisons de disques est en net recul - l'édition se porte bien en revanche, merci. Et du coté des distributeurs, ça sent le sapin.

Voici donc la Fnac. Le groupe PPR envisage de se séparer de l'ancien fleuron de son groupe pour se recentrer sur un coeur de métier beaucoup plus rentable que l'agitation culturelle, le luxe. Comme le rapporte

Libération, les produits culturels ne représentent plus que 40% des ventes de l'enseigne, et ce chiffre est en constante diminution.
Il semble que l'adaptation au web des enseignes de distribution a été trop faible, ou que la prise de conscience a trop tardé. Comment expliquer sinon le succès d'un Apple, ou l'engouement autour de l'activité vente de Myspace ?

Ce sont donc les artistes eux-mêmes qui (re)prennent en main leur distribution. Une semaine après la sortie de leur album hors du circuit traditionnel (vente en direct sous forme CD ou clé USB, en téléchargement sur Myspace...), le groupe canadien Barenaked Ladies, annonce 1 million de dollars de recettes.

Concernant la vidéo, ce sont coup sur coup Francetélévision et TF1 qui annoncent leur offre VOD. Et court-circuitent par là-même le réseau de distribution physique. Pourtant, selon NPA Conseil et le CSA, seuls 18% des français connaitraient la VOD. Si l'offre est pléthorique - 25 services sont recensés - il manque encore une vraie convergence des plateformes de diffusion. Un film se regarde sur une TV, plus difficilement sur un écran d'ordinateur.

Mais cette convergence s'accélère. Ainsi, la récente offre de Neuf qui lance son media center,

MP9. En attendant l'offre d'Orange, et le développement des services d'abonnement musicaux et cinéma des FAI. Faute d'avoir noué les bonnes alliances, les distributeurs sont condamnés. Suivant le DIY qui caractérise le web, leurs successeurs ont délocalisé leurs points de vente... chez le consommateur.

mercredi 13 septembre 2006

Musique en ligne : l'apres DADVSI

DADVSI continue de faire gloser. Pourtant, les DRM au coeur du débat, semblent de moins en moins une réponse au "piratage" que l'ambition pour une poignée de firmes de verrouiller leurs positions face à la concurrence, comme en témoigne la récente affaire Madonna, ayant opposé Virginmega à Orange.

En effet, dans un monde numérique où la rareté n'existe plus, l'exclusivité a l'avantage de recréer cette rareté, en créant un marché captif pour l'exploitation d'une oeuvre, pendant une période donnée. Ce principe est bien connu du cinema, avec ce que l'on appelle la chronologie des media (ou windowing), ou les circuits de distribution propre.

Certains acteurs français, et non des moindres, sont en train d'effectuer, sinon leur coming out sur la licence globale, du moins exprimer leur scepticisme sur les DRM. Après les doutes du président de l'UPFI, Stéphane Bourdoiseau, sur la capacité d'endiguer le "piratage", voici le PDG de Naïve, qui prônait le 16 septembre dernier, la licence globale pour une cohérence de l'offre. Et Pascal Rocard, le président de la SACD, de fustiger les savants fous de Bruxelles convertis au tout DRM, après s'être largement prononcé contre les licences légales, ou globales (merci à Benjamin pour la news).

Il est vrai que l'arrivée en France de eMusic, qui revendique 13% du marché en ligne de musique aux Etats-Unis, sans DRM, est l'exemple parfait de la confiance que peuvent avoir les artistes dans leur public (avec un catalogue ne comprenant aucun artiste des 4 majors).

Mais il est vrai aussi que le jeu du chat est fatigant. La criminalisation du transfert a basculé les usages sur la diffusion (cf. le succès de radioblogclub) et les grands groupes media, qui maitrisent l'entièreté de la chaine de valeur (production, édition), effraient passablement les indépendants. Surtout lorsque les logiques de rapprochement industriel passent par la maitrise de la distribution "end user", via le web.