Serait-ce l'apparition de la TNT qui a acceléré le mouvement ? Ou les grandes manoeuvres du coté des producteurs de flux ?
En tout cas, la semaine numérique a été riche en rebondissements, avec la nouvelle stratégie de Lagardère, suivie par l'annonce de TF1 de "transformer la chaîne audiovisuelle en un groupe multimédia". TF1, qui vient d'arrêter le sacro-saint film du dimanche soir, se réorganise en 6 pôles, savoir le cinéma, la fiction, la jeunesse, le sport et la musique, les variétés et les divertissements, l'information.
Bizarrement, ces annonces sont quasi-simultanées aux annonces des producteurs de contenus de se lancer dans la diffusion. On apprend donc qu'Endemol propose une sélection de plus de 2.500 extraits issus de son catalogue (La Star Ac', Nice People...). Le succès de l'INA, auquel TF1 vient de confier l'exploitation de ses archives d'actualités de la période 1982-1989, ferait-il tourner des têtes ? En tout état de cause, Endemol fournit également des extraits de l'émission "Les enfants de la télé", dont le fond de commerce est de recycler les archives de l'INA. La boucle est bouclée !
Parralèlement, aux Etats-Unis, Fox ou ABC proposent leur contenu en
streaming. Prison Break ou Justice sont disponibles en VOD
sur Fox, tandis
que Desperate Housewives, Alias ou Lost le sont sur ABC. Les
épisodes ne peuvent être visualisés qu'aux Etats-Unis, mais on trouve sur le
web tout ce qu'il faut pour outrepasser ces
restrictions.
Les producteurs deviennent donc des diffuseurs, et les diffuseurs eux-mêmes fournissent leur contenu sur le web. Deux raisons à cela : tout d'abord, le succès des PVR tels Tivo qui zappent la publicité, menaçant l'économie du media, et obligent à de nouvelles formules. Le streaming permet d'insérer de la publicité qui ne peut être zappée, et une petite DRM. Ensuite, c'est une façon de court-circuiter le p2p puisque le media TV est un media linéaire. Qui a raté un épisode se rue sur emule ou bittorrent pour le trouver sur la toile. Autant donc pouvoir contrôler ce nouveau type de distribution.
Avec l'apparition de la VOD, c'est une course à l'exclusivité qui s'installe. Et la chronologie des media ne facilite pas les choses. L'exemple de Bubble, de Soderbergh, sorti simultanément aux US en DVD, pay-per-view et cinéma en témoigne. En France, un film est une oeuvre cinématographique si sa première exploitation a eu lieu... au cinéma. La production bénéficiera d'aides, mais la diffusion sera contrainte par la chronologie. D'où une diffusion hertzienne du blockbuster de Tf1 après Canal+, la sortie DVD voire la VOD. Un gros investissement pour une rentabilité pas assurée. D'où "Les experts" le dimanche...
Heureusement, il est en train de se passer sur le web ce qui est arrivé à la musique : le haut débit et l'apparition de plateformes de diffusion a permis de nouvelles productions, lesquelles tapent à la porte des chaines avec une "pré-audience". Canal+ vient de signer la série Brother & Brother, qui existe sur le web depuis décembre 2004, et la série les aventuriers de 8h22, c'est plus parlant que n'importe quel book.
Pour ma part, je remercie Youtube et des fans de Lost pour Robot Chicken...
