et dire qu'au Siècle dernier, pour être sociétaire de la Sacem, il fallait passer une épreuve de solfège...
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mercredi 20 février 2008
Comment le sample a révolutionné la musique
Par julien breitfeld le mercredi 20 février 2008, 19:35 - usages
dimanche 2 septembre 2007
Je suis une Marque déposée
Par julien breitfeld le dimanche 2 septembre 2007, 06:04 - droit
Quel que soit le chiffre accolé au terme web (1, 2, 12), et sa signification ontologique (un media, une infrastructure, un message, etc..), il faut reconnaitre qu'il a changé profondément l'économie. En amenant les entreprises sur des marchés globaux, à la vitesse d'un électron dans une fibre optique. En transformant un simple individu en valeur financière, par la seule grâce de son existence.
Résumons : d'abord le B2C (et le B2B). Où comment ouvrir son marché à une clientèle plus vaste.
Puis le C2C (type ebay, ou zikio). Où comment transformer un consommateur en vendeur.
Puis le C2B. Où comment le consommateur devient fournisseur à l'entreprise, à l'actionnaire, d'une idée, d'un concept (startup), d'un média, d'une audience, d'art et de création intellectuelle (des blogs, des "UGC", de la musique type Jamendo). La professionalisation des amateurs.
Derrière ces acronymes pittoresques, rien de nouveau sous le soleil. Du travail, des échanges, de l'investissement, du capital. Mais voilà, au fil du temps, le facteur de production capital a pris une place de plus en plus importante, au point de se ramifier en capital social, humain, immatériel. Et c'est ce dernier qui, dans notre désormais société du savoir, fait espérer le plus de bénéfices (à lire, le rapport Lévy-Jouyet sur l'économie de l'immatériel).
Les entreprises de la "nouvelles économie" valorisent leurs bases de données. A titre d'exemple, Facebook, qui revendique 30 millions de membres, prévoit, selon le Wall Street Journal, un chiffre d'affaires de 150 millions de dollars pour un bénéfice de 30 millions. Le réseau social professionnel LinkedIn, quant à lui, fort de ses 9 millions de profils, était valorisé en janvier dernier à 200 millions d'euros. Pour autant, les valeurs de ces deux sociétés sont bâties sur un capital immatériel dont les investisseurs - les membres - pourraient attendre des dividendes. Or, comme pour les UGC, il n'en est - pour l'instant - rien. Pour l'instant, car ces données sont une propriété intellectuelle. Au titre de la marque.
Actuellement, si la PI se niche partout, la PI se cède gracieusement. C'est l'innovation majeure du webdeuzéro. Dernier exemple, via le barrablog, ce site de recettes en ligne, qui selon ses conditions générales d'utilisation, dépouille le cuisinier amateur de son mérite (et de l'exploitation de ses oeuvres). Pirates, disaient des bigoudaines dans une publicité pour une marque, qui, désormais, désigne les hackers dans la communauté informatique.
Car c'est tout le paradoxe du web : si les majors de l'édition crient au piratage des oeuvres dont elles gèrent les droits, les nouveaux groupes media font l'impasse sur les centaines de millions d'oeuvres (photo, vidéos, textes, créations multimédia) qu'ils veulent bien héberger et diffuser, car, c'est bien connu, l'internaute est un être désintéressé qui ne vise qu'à la satisfaction de son ego. Mais un ego identifié, et qui rapporte à des tiers. C'est ici que la marque entre en jeu.
Nous sommes tous des journalistes. Et nous sommes le web. Et nous sommes aussi tous des auteurs. Et à ce titre, tout ce que nous produisons peut et doit être soumis au droit d'auteur. Ou ne pas l'être, comme le revendiquent les tenants d'un bien commun (les commonistes) pour lesquels le savoir (donc la création) ne peut pas - plus ? - être approprié. Et pour une raison toute simple : mais qui a fait l'oeuf ?
Mais pour l'instant, c'est le copyright qui prime. Et c'est ainsi que se transforme petit à petit l'individu en une entreprise commerciale, détenteur de sa propre marque, laquelle sera valorisée au nombre de ses amis dans myspace, son rank dans la blogosphère, son audience sur dailymotion...
Et qu'on ne pense pas que cette sanctification du Je n'est possible que dans l'éther du net : ne vient-on pas de voir une madame chose réclamer - et obtenir - le changement de pseudo d'une actrice porno, sous peine d'astreinte. Mais que fait Rupert Murdoch ?
mercredi 18 octobre 2006
De la distribution des UGC
Par julien breitfeld le mercredi 18 octobre 2006, 13:01 - media
Canal+ serait sur le point de lancer son site communautaire nous apprend la CBNewsletter du jour. Il rejoindrait TF1 avec Wat et M6 et son offre Wideo. Pour tout ces media, un seul mot d'ordre : les UGC, ou User Generated Contents.
Cet acronyme, popularisé par l'explosion de sites tels Youtube, est la régénération d'un terme tombé dans l'oubli, ou opportunément passé à la trappe : l'oeuvre.
En effet, bien que masqué par des problématiques de droits propriétés des majors, les UGC ne sont pas tous des mashup d'oeuvres existantes, mais bien la création ex nihilo par des auteurs qui s'ignorent. Un bloggueur du nom d'Asi Sharabi a réalisé une étude empirique sur les 100 vidéos les plus vues au mois de juillet (lien via Internetactu). Sur les 100, plus de la moitié sont une oeuvre de création, et un tiers ne contient pas de matériel soumis à copyright.
Si Youtube (et les autres) ont bien inventé quelque chose, c'est donc un nouveau canal de diffusion d'oeuvres artistiques qui ne trouvaient pas preneur dans le milieu de la distribution classique.
Avec le développement de l'informatique, le home-studio dédié à la musique s'est tout naturellement mué en régie de télévision, intégrant toute la chaine de production, jusqu'à la post-prod. Et cette explosion de talents est un vivier pour les chaines. Si Bzz n'avait pas eu un crénau de diffusion sur FR3 Méditerranée, Carette et Lauby auraient-ils pu créer avec Chabat les Nuls ?
Canal+ a commencé à diffuser les oeuvres de ces créateurs "à la maison" dans le cadre de son programme les Films faits à la maison. Mais la case est trop petite, et la diffusion reste à destination de ses abonnés.
Aujourd'hui, on assiste donc à une nouvelle période de création. Flash, téléphone portable, jeux vidéos sont mis à contribution pour réaliser de petites merveilles avec trois francs six sous. Pour des résultats souvent épatants. Le Festival Machinima, qui se déroulera à New York les 4 et 5 Novembre 2006, va élire ces films réalisés avec les moteurs graphiques de jeux comme World of Warcraft dans 16 catégories ! Et cocorico, un "film" français est nominé 9 fois. Il s'agit des Aventures de Bill et John.
L'industrie du film est engluée dans des superproductions dont les coûts menacent à chaque sortie leur studio. Des réalisateurs comme George Lucas envisagent de se tourner vers la télévision, car "pour 200 millions de dollars, vous faites un long métrage de 2 heures pour le cinéma, et 120 heures pour la TV". Et le site The Long Tail, reprenant cette interview, d'ajouter opportunément que 13.000 films sont soumis chaque année au Festival indépendant de Tribeca.
Pour les anciens media comme pour les nouveaux, la priorité est aux contenus.
Aussi, la recherche de talents est essentielle, tout comme l'économie des coûts
de production. Encore faut-il rémunérer les - nouveaux - auteurs.
