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mardi 31 octobre 2006
La poule - aux oeufs d'or - au pot
Par julien breitfeld le mardi 31 octobre 2006, 12:30 - media
Le rachat de ces sites par des entités media ou publicitaire mondiale, leur valorisation et leur potentiel publicitaire ont réveillé les ayant droits, encore endoloris de leur bataille – perdue en termes d’efficacité et d’image – contre le p2p.
Après la purge de certains contenus comme ceux de Comedy Central, c'est au tour de Myspace de se plier aux demandes des ayant droits. Le blog Maverick cité par Battelle, postule que le "Do no evil" de Google est en train de changer. Et d'expliquer que 500 millions de dollars ont été provisionnés pour d'éventuelles poursuites des ayant droits. Mais que 6 mois de répit ont été obtenus pour faire le ménage, dans les fameux UGC.
Si la stratégie des majors est d'éliminer les contenus dont elles sont propriétaires des sites sociaux, on peut légitimement se demander ce qui retiendra les internautes sur ces sites, qui vont de plus se retrouver petit à petit envahis par la publicité. Les mois qui viennent vont être décisifs dans la négociation entre Google (et Newscorp) et les détenteurs de copyright, pour que les utilisateurs puissent continuer à "partager" leur expression personnelle...
mercredi 18 octobre 2006
De la distribution des UGC
Par julien breitfeld le mercredi 18 octobre 2006, 13:01 - media
Canal+ serait sur le point de lancer son site communautaire nous apprend la CBNewsletter du jour. Il rejoindrait TF1 avec Wat et M6 et son offre Wideo. Pour tout ces media, un seul mot d'ordre : les UGC, ou User Generated Contents.
Cet acronyme, popularisé par l'explosion de sites tels Youtube, est la régénération d'un terme tombé dans l'oubli, ou opportunément passé à la trappe : l'oeuvre.
En effet, bien que masqué par des problématiques de droits propriétés des majors, les UGC ne sont pas tous des mashup d'oeuvres existantes, mais bien la création ex nihilo par des auteurs qui s'ignorent. Un bloggueur du nom d'Asi Sharabi a réalisé une étude empirique sur les 100 vidéos les plus vues au mois de juillet (lien via Internetactu). Sur les 100, plus de la moitié sont une oeuvre de création, et un tiers ne contient pas de matériel soumis à copyright.
Si Youtube (et les autres) ont bien inventé quelque chose, c'est donc un nouveau canal de diffusion d'oeuvres artistiques qui ne trouvaient pas preneur dans le milieu de la distribution classique.
Avec le développement de l'informatique, le home-studio dédié à la musique s'est tout naturellement mué en régie de télévision, intégrant toute la chaine de production, jusqu'à la post-prod. Et cette explosion de talents est un vivier pour les chaines. Si Bzz n'avait pas eu un crénau de diffusion sur FR3 Méditerranée, Carette et Lauby auraient-ils pu créer avec Chabat les Nuls ?
Canal+ a commencé à diffuser les oeuvres de ces créateurs "à la maison" dans le cadre de son programme les Films faits à la maison. Mais la case est trop petite, et la diffusion reste à destination de ses abonnés.
Aujourd'hui, on assiste donc à une nouvelle période de création. Flash, téléphone portable, jeux vidéos sont mis à contribution pour réaliser de petites merveilles avec trois francs six sous. Pour des résultats souvent épatants. Le Festival Machinima, qui se déroulera à New York les 4 et 5 Novembre 2006, va élire ces films réalisés avec les moteurs graphiques de jeux comme World of Warcraft dans 16 catégories ! Et cocorico, un "film" français est nominé 9 fois. Il s'agit des Aventures de Bill et John.
L'industrie du film est engluée dans des superproductions dont les coûts menacent à chaque sortie leur studio. Des réalisateurs comme George Lucas envisagent de se tourner vers la télévision, car "pour 200 millions de dollars, vous faites un long métrage de 2 heures pour le cinéma, et 120 heures pour la TV". Et le site The Long Tail, reprenant cette interview, d'ajouter opportunément que 13.000 films sont soumis chaque année au Festival indépendant de Tribeca.
Pour les anciens media comme pour les nouveaux, la priorité est aux contenus.
Aussi, la recherche de talents est essentielle, tout comme l'économie des coûts
de production. Encore faut-il rémunérer les - nouveaux - auteurs.
mardi 17 octobre 2006
Le droit d'auteur soluble dans les UGC ?
Par julien breitfeld le mardi 17 octobre 2006, 20:56 - droit
Néanmoins, si l'on s'en tient à Google vidéo, les accords passés ont pour objet de permettre les fameux mashup qui sont des créations d'internautes à partir de matériaux soumis au droit d'auteur.
Ces accords sont censés mettre un terme à l'insécurité juridique qui eurent raison d'un Napster. Pourtant, même ainsi rédigés entre la major et le diffuseur, ils occultent un des principes fondamentaux du droit d'auteur français : le droit moral.
Ainsi, sur les oeuvres audiovisuelles, il se trouve pas moins de 5 catégories de personnes considérées comme auteur et titulaire de ce droit (Art. L 113-7). Ce sont l'auteur du scénario, l'auteur de l'adaptation, l'auteur du texte parlé, l'auteur des compositions musicales avec ou sans paroles spécialement réalisées pour l'oeuvre et le réalisateur.
Or l'article L121-5 édicte que "toute modification de [l'oeuvre audiovisuelle] par addition, suppression ou changement d'un élément quelconque exige l'accord des personnes mentionnées au premier alinéa", à savoir le réalisateur, les coauteurs et, le producteur. En outre, l'article L121-1 reconnait à l'auteur un droit au respect de son oeuvre.
Si le copyright anglo-saxon permet de modifier très facilement les oeuvres audiovisuelles, la réalisation de mashup d'auteurs français risque de donner des sueurs froides aux juristes.
Finalement, DADVSI aurait gagné à être rebaptisé : droit d'auteur dans la société de l'information mondialisée.
mercredi 11 octobre 2006
We, the media
Par julien breitfeld le mercredi 11 octobre 2006, 16:18 - media
Dans un ouvrage paru en 2004, un journaliste américain du nom de Dan Gilmor tentait de montrer comment les blogs, les wikis, les forums, le P2P étaient en train de transformer la sphère médiatique. We the media était aussi une charge incisive contre l'establishment journalistique, considérant les bloggeurs au mieux comme de gentils illuminés, au pire comme de dangereux irresponsables, mais dans tous les cas n'ayant aucune légimité, déontologie ou professionalisme, pour exercer le métier de l'information.
Pourtant, 2 ans plus tard, il semblerait que l'avis des profesionnels de la profession ait sensiblement évolué. Si l'exemple d'un Oh My News, quotidien corréen en ligne, dont l'audience est estimée entre 1 et 2 million de lecteurs, est le plus parlant et s'explique autant par des considérations politiques et techniques (il fut le principal organe de presse indépendant dans un pays où la quasi totalité des citoyens sont connectés), la tendance est aujourd'hui à associer le lecteur à la production de contenu.
Ainsi, après le projet Exchange de CNN, Ecrans.fr nous apprend que la vénérable Reuters se met au journalisme collaboratif. Alors que la presse écrite est en crise, et vraisemblablement le modèle du "passeur" également, des initiatives de journalisme citoyen se mettent en place, à l'instar en France de Agoravox ou du monde citoyen. Une fourniture des UGC (User generated contents), de façon fortuite comme lors des attentats de Londre ou du tsunami de 2004, ou continue, comme de la cadre des blogs..
La principale avancée d'Internet a été de permettre à l'individu de diffuser, hors les contraintes qu'elles furent techniques (bande passante trop étroite), règlementaires ou politiques. Ce qui ne va pas sans heurts, car l'apprentissage de la liberté d'informer par tout un chacun débouche sur une énorme cacophonie, où la masse de l'information ne peut plus être vérifiée afin d'être crédibilisée. Il en va donc de la responsabilité de chacun. Mais il reste quand même que cette prise de parole équivaut pour certains à une prise de pouvoir, comme l'estime le directeur du quotidien El Pais en Espagne pour qui "Le numérique, c'est la fin de la démocratie bourgeoise" (cité lors du débat "démocratie.fr" du Monde).
Il est à signaler enfin le projet de la BBC, dans le cadre de Creative future, intitulé Eyewitness - History. Il s'agit ni plus ni moins que de permettre aux individus "d'enregistrer et de partager leur mémoire et leur expérience sur les 100 dernières années". Bref, de permettre à monsieur-tout-le-monde d'écrire sa biographie, un témoignage dans la mémoire collective du globe, de l'archiver et de la transmettre. Si avec ça nous ne sommes pas le media...
lundi 9 octobre 2006
Du bon usage du web 2.0
Par julien breitfeld le lundi 9 octobre 2006, 16:26 - technologie
Dans un post du 12 septembre dernier, Internetactu faisait état de l'intervention de Tim Berners-Lee sur le site d'IBM. Revenant sur le web 2.0, il expliquait que
et de rappeler queLe Web 2.0 est avant tout un slogan, personne ne sait ce qu’il signifie. Si pour vous, le Web 2.0 veut dire blogs et wikis, alors il s’agit de faire communiquer les gens entre eux.
Dans un rapport rendu public le 5 octobre dernier, le Pew internet project, se basant sur des données de la société Hitwise, note que les fameux UGC caractérisant le web 2.0 ne différent pas de ceux du web 1.0, qu'ils aient été pages personnelles, messageboards, usergroups. La seule évolution, selon le rapport, est la facilité avec laquelle des sites comme Flick'r ou Wikipedia ont rendu la publication de contenus par les utilisateurs.L’objet même du Web 1.0 était de faire communiquer les gens entre eux
Et le rapport de noter perfidement que l'appellation 2.0 peut être employée par des adeptes du marketing pour se distancer des échecs des compagnies du Web 1.0
mercredi 20 septembre 2006
Web 2.0 et copyright
Par julien breitfeld le mercredi 20 septembre 2006, 13:12 - droit
Dans la société de l'information, le droit d'auteur est le nerf de la guerre. Plus exactement le copyright. Car le copyright est un seul droit patrimonial, il ne s'embarrasse pas du droit moral des auteurs des oeuvres.
Le concept du web 2.0 a popularisé l'acronyme UGC ("User Generated Content") et une nouvelle valeur fiduciaire : la reconnaissance. Se basant sur la prophétie de Warhol, les sociétés les plus en vue du web 2.0 pillent allègrement les "oeuvres de l'esprit" des internautes, dont elles s'approprient les droits (à lire, l'article du jour du Guardian sur la détention des copyright dans le monde virtuel).
Pourtant, cette pratique, aussi appelée crowdsourcing, notamment pour les développeurs de logiciels, n'est pas propre à la netéconomie, cet impropre néologisme. Caveat Emptor avance deux hypothèses, l'une pseudo marxiste, l'autre multitudiste, qui ont toutes deux l'inconvénient d'être correctement dérangeantes.
Le seul tort - mais en est-ce un ? - que l'on puisse reconnaître à cette approche, et plus généralement au web lui-même, c'est de privatiser l'entiereté de l'espace public. En effet, la publication de contenu par le citoyen lui-même dans la sphère publique l'oblige à se conformer aux règles qui la régissent (la structure structurante), et le transforme de fait en auteur, affublé de toutes ses prérogatives. Ce faisant, en l'état actuel, soit il accepte ces règles, et bien souvent par méconnaissance il abandonne ses droits, soit il contourne ces règles au travers de nouveaux types de licence tels les Creative Commons.
Le web, qu'il soit 1, 2 ou 12, est un simple outil de mise en relation. Place de marché ou agora démocratique, il permet de s'affranchir des intermédiaires, qui n'ont de cesse de prouver leur valeur ajoutée. Un problème rencontré par les agences de voyage, les commerçants de toute sorte, les journalistes. Le système est chaotique et se met en place; lorsqu'il sera parvenu à une masse critique, il faudra bien le réguler.
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