Le web est - pour l'instant - un espace de libertés à l'image de la diversité de son peuplement. Car sans frontières, instituant un temps réel, connectant des individus sans rapports les uns aux autres, chaotique, ouvert, bref vivant.
Pour l'instant dira-t-on, par la grâce - ou à cause - de l'absence d'une législation propre, ou au mieux d'une législation mondiale. Mais lorsqu'on voit les difficultés à créer une Europe à 27, le machin onusien, voire les tergiversations d'une OMC, on se dit que la gouvernance mondiale n'est pas pour demain. Vérité en deçà des Pyrennées...
Donc, en vertu de la territorialité des lois et règlements, voici quelques astuces pour profiter des ressources webesques... pouf pouf
De la musique
Si le partage de la musique est anti-économique aux yeux de certains, les anciens acteurs tels la Sacem jurent qu'il est judicieux d'attendre, et les ayants-droits se persuadent que nous sommes toujours au XXeme siècle. La réponse pour la gestion des contenus numériques viendra peut-être des indépendants, avec une initiative comme Merlin puisque majors et sociétés d'auteurs rechignent à faire autre chose que criminaliser public et clients. Télécharger de la musique ailleurs que chez un commerçant est illégal, tout comme désormais les "logiciels manifestement destinés à la mise à disposition" de contenus soumis à droit d'auteur. Après une lecture des dispositions chez PC Impact, on en vient au fait.Si le téléchargement est illégal, l'écoute ne l'est pas. Et que dire de l'enregistrement des flux ? Quelques logiciels existent, comme Station Ripper ou Gorecord qui permettent d'enregistrer les radios du web. Illégal ? Pas sûr. Et que dire de radioblogclub ? Si le programme en lui-même ne contrevient pas à DADVSI, il semblerait que les bloggueurs qui uploadent de la musique sur leur site pour une écoute par leurs lecteurs soient eux dans l'illégalité, au regard de la Sacem. Pourtant, des sociétés comme Orange via Carbox s'y intéressent. Et à titre d'information, voici un site expliquant comment récupérer les titres hebergés. Enfin, encodés à 64 kbps, ça ne vaut pas les originaux, encore moins l'écoute live. Un conseil : allez aux concerts !
Du cinéma
Comme pour la musique, le cinéma se consomme... au cinéma. Partant, le cinéma s'est très bien porté en France en 2006, et le modèle de la télévision s'oriente de plus en plus vers des contenus exclusifs, fédérateurs et périodiques, tels les séries, capables de fideliser les téléspectateur et d'anticiper les sources de revenus liés à l'audience. D'où les personnages récurrents, les n-ièmes saisons et les redondissements de fin d'épisodes (cliffhanger) dont nous abreuvent les scénaristes. Or le modèle est pervers car l'attente suscitée auprès des publics va au-delà des espérances. Après que les producteurs US aient vendu leur série en Europe grâce aux chiffres de téléchargement en p2p (une sacrée pré-audience), voilà qu'ils se mettent à diffuser eux-mêmes leur contenus sur le web, ou signent des accords avec des tiers, à l'instar de Viacom et Joost.
Ainsi, les nouvelles séries US, se retrouvent sur le web, que ce soit de manière illégale ou non. On trouve alors, équipé d'un firefox et d'un proxy préalablement configuré pour être reconnu comme un américain, les épisodes avec 6 mois d'avance, quand ce ne sont pas des séries entières. Et tous les networks s'y mettent, et dans le même temps sécurisent leur flux, face à l'engouement de la toile pour leur nouveau mode de diffusion, en utilisant des méthodes d'identification autre que l'IP, se basant sur flash, javascript, ou encore le fuseau horaire de l'internaute.
L'intérêt pour les chaines - qui détiennent les droits exclusifs ou en sont les producteurs - est double : éviter que les flux ne leur échappent, et intégrer une publicité qui ne peut être zappée par des dispositifs "Tivo like". Le service rendu est honorable : le streaming va plus vite que le download, le flux sont drmisés, et l'internaute identifié.
Pour autant, de nouveaux services, pas très légaux non plus, tels Vidoo permettent de regarder des chaines rebroadcastées... on n'arrête pas le progrés..
