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vendredi 23 février 2007

Aujourd'hui, on rase gratis...

Le web est - pour l'instant - un espace de libertés à l'image de la diversité de son peuplement. Car sans frontières, instituant un temps réel, connectant des individus sans rapports les uns aux autres, chaotique, ouvert, bref vivant.

Pour l'instant dira-t-on, par la grâce - ou à cause - de l'absence d'une législation propre, ou au mieux d'une législation mondiale. Mais lorsqu'on voit les difficultés à créer une Europe à 27, le machin onusien, voire les tergiversations d'une OMC, on se dit que la gouvernance mondiale n'est pas pour demain. Vérité en deçà des Pyrennées...

Donc, en vertu de la territorialité des lois et règlements, voici quelques astuces pour profiter des ressources webesques... pouf pouf

De la musique

Si le partage de la musique est anti-économique aux yeux de certains, les anciens acteurs tels la Sacem jurent qu'il est judicieux d'attendre, et les ayants-droits se persuadent que nous sommes toujours au XXeme siècle. La réponse pour la gestion des contenus numériques viendra peut-être des indépendants, avec une initiative comme Merlin puisque majors et sociétés d'auteurs rechignent à faire autre chose que criminaliser public et clients. Télécharger de la musique ailleurs que chez un commerçant est illégal, tout comme désormais les "logiciels manifestement destinés à la mise à disposition" de contenus soumis à droit d'auteur. Après une lecture des dispositions chez PC Impact, on en vient au fait.

Si le téléchargement est illégal, l'écoute ne l'est pas. Et que dire de l'enregistrement des flux ? Quelques logiciels existent, comme Station Ripper ou Gorecord qui permettent d'enregistrer les radios du web. Illégal ? Pas sûr. Et que dire de radioblogclub ? Si le programme en lui-même ne contrevient pas à DADVSI, il semblerait que les bloggueurs qui uploadent de la musique sur leur site pour une écoute par leurs lecteurs soient eux dans l'illégalité, au regard de la Sacem. Pourtant, des sociétés comme Orange via Carbox s'y intéressent. Et à titre d'information, voici un site expliquant comment récupérer les titres hebergés. Enfin, encodés à 64 kbps, ça ne vaut pas les originaux, encore moins l'écoute live. Un conseil : allez aux concerts !

Du cinéma

Comme pour la musique, le cinéma se consomme... au cinéma. Partant, le cinéma s'est très bien porté en France en 2006, et le modèle de la télévision s'oriente de plus en plus vers des contenus exclusifs, fédérateurs et périodiques, tels les séries, capables de fideliser les téléspectateur et d'anticiper les sources de revenus liés à l'audience. D'où les personnages récurrents, les n-ièmes saisons et les redondissements de fin d'épisodes (cliffhanger) dont nous abreuvent les scénaristes. Or le modèle est pervers car l'attente suscitée auprès des publics va au-delà des espérances. Après que les producteurs US aient vendu leur série en Europe grâce aux chiffres de téléchargement en p2p (une sacrée pré-audience), voilà qu'ils se mettent à diffuser eux-mêmes leur contenus sur le web, ou signent des accords avec des tiers, à l'instar de Viacom et Joost.

Ainsi, les nouvelles séries US, se retrouvent sur le web, que ce soit de manière illégale ou non. On trouve alors, équipé d'un firefox et d'un proxy préalablement configuré pour être reconnu comme un américain, les épisodes avec 6 mois d'avance, quand ce ne sont pas des séries entières. Et tous les networks s'y mettent, et dans le même temps sécurisent leur flux, face à l'engouement de la toile pour leur nouveau mode de diffusion, en utilisant des méthodes d'identification autre que l'IP, se basant sur flash, javascript, ou encore le fuseau horaire de l'internaute.

L'intérêt pour les chaines - qui détiennent les droits exclusifs ou en sont les producteurs - est double : éviter que les flux ne leur échappent, et intégrer une publicité qui ne peut être zappée par des dispositifs "Tivo like". Le service rendu est honorable : le streaming va plus vite que le download, le flux sont drmisés, et l'internaute identifié.

Pour autant, de nouveaux services, pas très légaux non plus, tels Vidoo permettent de regarder des chaines rebroadcastées... on n'arrête pas le progrés..

mardi 17 octobre 2006

Le droit d'auteur soluble dans les UGC ?

L'excellent blog de Didier Durand est revenu sur l'accord de Warner et Sony avec Google concernant les UGC. Accords qui sont selon lui un préalable à l'absorption de Youtube par Google.

Néanmoins, si l'on s'en tient à Google vidéo, les accords passés ont pour objet de permettre les fameux mashup qui sont des créations d'internautes à partir de matériaux soumis au droit d'auteur.
Ces accords sont censés mettre un terme à l'insécurité juridique qui eurent raison d'un Napster. Pourtant, même ainsi rédigés entre la major et le diffuseur, ils occultent un des principes fondamentaux du droit d'auteur français : le droit moral.
Ainsi, sur les oeuvres audiovisuelles, il se trouve pas moins de 5 catégories de personnes considérées comme auteur et titulaire de ce droit (Art. L 113-7). Ce sont  l'auteur du scénario, l'auteur de l'adaptation, l'auteur du texte parlé, l'auteur des compositions musicales avec ou sans paroles spécialement réalisées pour l'oeuvre et le réalisateur.

Or l'article L121-5 édicte que "toute modification de [l'oeuvre audiovisuelle] par addition, suppression ou changement d'un élément quelconque exige l'accord des personnes mentionnées au premier alinéa", à savoir le réalisateur, les coauteurs et, le producteur. En outre, l'article L121-1 reconnait à l'auteur un droit au respect de son oeuvre.

Si le copyright anglo-saxon permet de modifier très facilement les oeuvres audiovisuelles, la réalisation de mashup d'auteurs français risque de donner des sueurs froides aux juristes.

Finalement, DADVSI aurait gagné à être rebaptisé : droit d'auteur dans la société de l'information mondialisée.

mercredi 27 septembre 2006

Musique en ligne : l'après DADVSI (2)

L'affaire est entendue : le téléchargement de musique sous copyright est illégal. Du moins dans la loi. Dans les faits, si les ayants-droits ont réussi à mettre au pas les éditeurs de logiciels de p2p, ils ne peuvent rien contre les protocoles ou logiciels dont les créateurs ne sont pas des entités juridiques. Si des sociétés comme Metamachine pour edonkey ou bittorrent sont rentrées dans le rang, emule ou le réseau bittorrent se portent bien, comme en témoigne pour ce dernier le classement Alexa des sites référençant les fichiers torrent au 26 septembre.

La société Limewire, récemment inquitée par la RIAA, a adopté une stratégie d'attaque, et poursuit l'association américaine pour monopole illégal sur le distribution de contenus soumis au droit d'auteur.

Pourtant, il semblerait que le téléchargement ne soit plus qu'un souvenir. Ce qui compte désormais, c'est l'accès immédiat à une base de donnée musicale, et l'écoute d'une offre pléthorique, telle qu'initiée par Napster, ou MusicMe en France. On voit donc fleurir des offres de streaming de musique gratuite, qui ne sont pour l'instant pas inquiétées (elles n'ont pas atteint une masse critique ?). Après le précurseur radioblogclub, deux nouvelles offres d'écoute gratuite en ligne : seeqpod, sorte de crawler qui indexe les mp3 présents sur les sites web et autres blogs; et un autre petit français, blogmusik, dont l'interface ressemble à un Ipod. L'interface est très bien faite et offre, comme radioblogclub, la possibilité de créer ses propres playlists. Cette application, très web 2.0, reprendrait les contenus de radioblogclub.

Et si, comme nous l'indique cet article de Silicon.fr, "32% des employés américains écoutent de la musique sur leur lieu de travail à l'aide de leur iPod et autre baladeur", puisque la musique adoucit les moeurs, cette tendance n'est pas prête de s'arrêter.

mercredi 13 septembre 2006

Musique en ligne : l'apres DADVSI

DADVSI continue de faire gloser. Pourtant, les DRM au coeur du débat, semblent de moins en moins une réponse au "piratage" que l'ambition pour une poignée de firmes de verrouiller leurs positions face à la concurrence, comme en témoigne la récente affaire Madonna, ayant opposé Virginmega à Orange.

En effet, dans un monde numérique où la rareté n'existe plus, l'exclusivité a l'avantage de recréer cette rareté, en créant un marché captif pour l'exploitation d'une oeuvre, pendant une période donnée. Ce principe est bien connu du cinema, avec ce que l'on appelle la chronologie des media (ou windowing), ou les circuits de distribution propre.

Certains acteurs français, et non des moindres, sont en train d'effectuer, sinon leur coming out sur la licence globale, du moins exprimer leur scepticisme sur les DRM. Après les doutes du président de l'UPFI, Stéphane Bourdoiseau, sur la capacité d'endiguer le "piratage", voici le PDG de Naïve, qui prônait le 16 septembre dernier, la licence globale pour une cohérence de l'offre. Et Pascal Rocard, le président de la SACD, de fustiger les savants fous de Bruxelles convertis au tout DRM, après s'être largement prononcé contre les licences légales, ou globales (merci à Benjamin pour la news).

Il est vrai que l'arrivée en France de eMusic, qui revendique 13% du marché en ligne de musique aux Etats-Unis, sans DRM, est l'exemple parfait de la confiance que peuvent avoir les artistes dans leur public (avec un catalogue ne comprenant aucun artiste des 4 majors).

Mais il est vrai aussi que le jeu du chat est fatigant. La criminalisation du transfert a basculé les usages sur la diffusion (cf. le succès de radioblogclub) et les grands groupes media, qui maitrisent l'entièreté de la chaine de valeur (production, édition), effraient passablement les indépendants. Surtout lorsque les logiques de rapprochement industriel passent par la maitrise de la distribution "end user", via le web.

lundi 7 août 2006

Du temps de cerveau disponible

Je viens de passer près de 25 minutes à regarder un mashup (on est webdeuzero, non ?) de l'énormissime 2001 de kubrick/clarke sur une musique des pink floyd (Merci à aeiou section musique pour le lien).

25 minutes de mon précieux temps disponible, donc, à redécouvrir (j'ai l'album et le film) cette réinterprétation de deux oeuvres qui n'ont en commun que le désir d'un artiste de les voir se télescoper. Un superbe travail de montage sur une bande son qui ne l'est pas moins, qui ne devrait pourtant pas exister du fait des nouvelles lois en vigueur.

A l'époque de sa "sortie", le temps de cerveau disponible avait déclenché une énorme polémique, toute la bien-pensance médiatique poussant des cris d'orffraie. Pourtant, si l'on considère que le mass media vend de l'attention (agrégée en audience) à ses annonceurs, pourquoi s'en émouvoir ?

Le business-model du mass-media est ainsi fait : les auteurs touchent de l'argent en fonction du nombre de personnes qui écoutent une chaine de radio ou regardent une chaine de télévision. Une audience.

Un nouvel acteur sur le marché des contenus vidéo du web propose d'ailleurs ce système. Il s'agit de revver qui propose de reverser une partie des recettes publicitaires attachées à une vidéo à l'auteur. Les oeuvres diffusées sont soumises aux règles du Creative Commons, et le contrat de licence est non exclusif.

On n'est toujours pas dans la nouvelle économie, mais l'initiative a le mérite de rétribuer les auteurs pour l'audience qu'ils procurent aux annonceurs.

Mais dans tous les cas, mashup ou pas, youtube ou revver, ce sont les juristes en droit d'auteur qui se régalent.
 
On pourra également aller mater sur google video la version wizard side of the moon.
Et pour la garder, installer cet addon firefox.

vendredi 4 août 2006

Rentrée littéraire

DADVSI code, nouveau best-seller

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