Nous avons mis quelques milliers d'années à appréhender notre environnement. Ne plus le craindre, puis le domestiquer. Espèces végétales, animales, climat, géographie... D'abord subi, nous avons dompté les éléments pour façonner le monde à notre image. L'abandon du géomorphisme date de Galilée, il n'y a donc relativement pas si longtemps que ça. Pour autant, même si nous cherchons à comprendre comment ça marche (voire pourquoi...), nous sommes à la merci de choses que nous ne comprenons toujours pas (pas liées à l'ignorance en tant que telle, mais surtout à la complexité, ie cf climat).
Avec le web, tout change. Nous créons un environnement de toute pièces, dont nous maitrisons tous les paramètres. Cela reste du code (comme l'ADN ou les constructions moléculaires), mais c'est un code créé par nous qui ne peut nous dépasser [Q : pour le moment?].
L'apparition des réseaux sociaux, qui structure notre environnement sociétal, après celui du moteur de trouvage, intègre un nouveau paramètre : le code qui régit une bonne partie de notre vie est de nouveau inconnu de la plupart, alors qu'il est une création humaine.
Quand bien même "don't be evil", qui est une condition nécessaire mais pas suffisante à la confiance des acteurs économiques dans le marché, se pose la question de la transparence des algorithmes.
Exemple : le nombre de dunbar édicte empiriquement que 148 est le nombre d'amis avec lesquels une personne peut entretenir une relation stable à un moment donné de sa vie. Actuellement, j'ai 500 "amis" facebook.
C'est un algorithme que je ne connais pas qui régit mes relations avec ces 500 personnes, en faisant "vivre" ces personnes par rapport à moi, c'est-à-dire en publiant dans mon newsfeed certaines personnes, certains item (liens, photos, status). Cet algorithme extrapole les relations que j'ai avec ces personnes pour me proposer celles qui doivent apparaitre le plus souvent.
Facebook génère donc en permanence un artéfact social. Il n'y a plus de hasard, que des résultats de formules mathématiques.
Postulat : avec le développement des interactions en réseau de plus en plus denses, et la kipper app de la réalité augmentée, il va être possible de hacker la vie des gens connectés.