Google a racheté Youtube ! La news de la semaine, du mois, de l'année ! La news que la planète webdeuzéro attendait, préssentait, rumeurisait.


Car si par cet achat Google vient de démontrer qu'il ne peut gagner à tous les coups (Google video était très loin derrière son rival), il conforte néanmoins le géant de services informatiques dans sa stratégie de régie publicitaire mondiale. En effet, après le deal avec Myspace, c'est tout naturellement que s'intègre Youtube, visant à monétiser la diffusion vidéo auprès des internautes. Et une valeur ajoutée dans le cadre du profiling transparent de l'utilisateur.

Qui s'est jamais inscrit à une newsletter US lors du web 1.0 l'a experimenté : une liste impressionnante à remplir, age, sexe, profession, revenu, centres d'intérêts...

En mettant la main sur la recherche de Myspace, et maintenant sur Youtube, Google peut affiner le profil de l'utilisateur en fonction des goûts de chacun, de ce qui motive son réseau social, de ses préférences, "à l'insu de son plein gré". Et la politique déployée sur l'ensemble de ses applications - l'identification unique via son compte Gmail - crée une personne virtuelle dont les goûts et les couleurs sont scrutés lors de la rédaction d'un mail, le partage de vidéos, bientôt son Word ou son Excel online.


Alors que les "big four" (AOL, MSN, Yahoo et AOL) sont main dans la main avec les studio de cinéma, où un cinquième larron, Apple, décide de lancer sa Set Top Box - iTV - on voit que la nouvelle frontière du web est clairement la vidéo. Si les studios ont raté le virage mp3, il n'en est plus de même avec l'image. Warner a a préféré conclure un accord avec Youtube plutôt que de rejouer l'affaire Napster. Et Universal et CBS de suivre dans la foulée. On ne s'aliène pas - plus - 20 millions d'utilisateurs uniques. D'autant plus que si le web cannibalise la télé, il s'enrichit des contenus de cette même tv; les studios ont donc compris qu'il était dans leur intérêt de fournir eux-mêmes les contenus, fourniture dont le financement est assuré par ... la publicité.

Maintenant se pose la question du positionnement de Google. Il va devoir clarifier sa situation : media ou régie. Car même avec une valorisation de 128 milliards de dollars, il n'est pas de bon ton de se facher avec son nouvel-ancien partenaire, lorsque celui-ci s'appelle Rupert Murdoch.