Si le web a bien modifié quelque chose, c'est le rapport au temps et à l'espace. A peine DADVSI votée que cette loi, censée protéger les artistes, mais taillée sur mesure pour les acteurs classiques des media, est obsolète. L'activité vente des maisons de disques est en net recul - l'édition se porte bien en revanche, merci. Et du coté des distributeurs, ça sent le sapin.

Voici donc la Fnac. Le groupe PPR envisage de se séparer de l'ancien fleuron de son groupe pour se recentrer sur un coeur de métier beaucoup plus rentable que l'agitation culturelle, le luxe. Comme le rapporte

Libération, les produits culturels ne représentent plus que 40% des ventes de l'enseigne, et ce chiffre est en constante diminution.
Il semble que l'adaptation au web des enseignes de distribution a été trop faible, ou que la prise de conscience a trop tardé. Comment expliquer sinon le succès d'un Apple, ou l'engouement autour de l'activité vente de Myspace ?

Ce sont donc les artistes eux-mêmes qui (re)prennent en main leur distribution. Une semaine après la sortie de leur album hors du circuit traditionnel (vente en direct sous forme CD ou clé USB, en téléchargement sur Myspace...), le groupe canadien Barenaked Ladies, annonce 1 million de dollars de recettes.

Concernant la vidéo, ce sont coup sur coup Francetélévision et TF1 qui annoncent leur offre VOD. Et court-circuitent par là-même le réseau de distribution physique. Pourtant, selon NPA Conseil et le CSA, seuls 18% des français connaitraient la VOD. Si l'offre est pléthorique - 25 services sont recensés - il manque encore une vraie convergence des plateformes de diffusion. Un film se regarde sur une TV, plus difficilement sur un écran d'ordinateur.

Mais cette convergence s'accélère. Ainsi, la récente offre de Neuf qui lance son media center,

MP9. En attendant l'offre d'Orange, et le développement des services d'abonnement musicaux et cinéma des FAI. Faute d'avoir noué les bonnes alliances, les distributeurs sont condamnés. Suivant le DIY qui caractérise le web, leurs successeurs ont délocalisé leurs points de vente... chez le consommateur.