La bataille de la dernière couche
Par julien breitfeld le lundi 28 août 2006, 23:17 - web 2.0 - Lien permanent
Google vient donc de dégainer son Word 2.0.
Et voilà donc une page de l'informatique qui se tourne. Microsoft rattrapé, sur son coeur de métier, par là-même où il avait débuté : l'applicatif.
Petit retour en arrière : IBM fabrique des ordinateurs, mais a besoin d'un système d'exploitation pour le faire tourner. Ce que d'aucuns intégraient ou intègreront en ROM (dont Apple), d'autres le proposeront en option, et en RAM.
C'est le règne du DOS, et le début de la fortune de Microsoft. Car le génie marketing de Bill Gates est de céder des licences d'exploitation du software, lorsque l'ordinateur est vendu tout court. C'est l'époque du hardware contre le software.
Cette différenciation fera donc le bonheur de Microsoft, mais aussi par ricochet de Lotus, Borland, Corel ou Adobe..
Les couches de programmes s'empilent : un OS, puis une interface graphique, puis un logiciel qui en tire les capacités de traitement. Microsoft gère MS-DOS, puis Windows, dispose des outils de programmation, rend lisibles ses API pour exploiter les ressources de sa plateforme. En bout de course, quoi de plus naturel que de vendre ses propres logiciels, dont la suite Office qui réalisera une partie de sa fortune et qui - quoi qu'en dise certains - permettra de standardiser les documents texte ou tableur.
Seulement voilà, le concept du système d'exploitation arrive à obsolescence. Vendre une voiture sans le démarreur devient incompréhensible. Et lorsque le démarreur plus le levier de vitesse plus le volant coutent autant si ce n'est plus que la voiture....
La pénétration du web, dont le standard ouvert a permis une appropriation rapide car gratuite, a ouvert des brèches dans le monopole du géant de Redmond. Plus d'exclusivité, des interfaces portables sur n'importe quel système d'exploitation... Les OpenBSD, Mac et Windows ont cela en commun - l'interopérabilité de leur browser. Il n'en fallait pas plus que cela pour relancer la guerre de la dernière couche : l'application utilisateur.
En reliftant un vieux code - Javascript - et en fournissant leurs API gratuitement aux programmeurs du monde entier, des sociétés de service, Google, Yahoo ou encore Netvibes, ont dynamité le "bureau" de Bill. Dorénavant, sur le bureau, il y a une nappe...
