Anonymat, données personnelles et mémoire persistante
Par julien breitfeld le mercredi 16 août 2006, 19:18 - media - Lien permanent
La récente déconvenue survenue à AOL avec la publication d'une base de données de recherche pose avec acuité la question de la conservation et de l'appropriation des données personnelles sur le Web.
AOL a donc mis à disposition 19 millions de recherches issues de près de 700.000 utilisateurs. Si la toile s'est indignée de cette "erreur" et AOL s'en est excusé, il n'en reste pas moins que les données privatives, qui constituent le moteur financier de ces services dits gratuits, sont conservées et exploitées sans que cela ne cause de souci à personne. On pourra s'en faire une idée ici.N'oublions pas que les acteurs majeurs du net (AOL, Google, Yahoo) monétisent les résultats des recherches des internautes pour placer ensuite de la publicité dans les pages de recherches. Il se crée donc une valeur pour un mot donné, selon le bon vieux principe de l'audience.
Le web 2.0 a généralisé l'expression User Generated Content, et tout un chacun se retrouve à produire un contenu que d'autres diffusent, qui Flickr, qui Myspace, qui Viaduc. Une somme d'informations personnelles, photos, vidéos, textes, données CSP, situation géographiques, revenus...
Ces informations contenues dans d'immenses bases de données, sont la valeur première de ces sites, qui sont valorisés au travers du nombre d'abonnées ou d'utilisateurs, sans la moindre rétribution de ces derniers.
En début d'année, AOL (encore lui) avait dù, sous la pression de la toile, modifier son CLUF qui lui permettait de s'approprier le contenu des messages de son Instant Messenger. Plus près de nous, Myspace a également modifié le sien à la suite de la polémique déclenchée par un chanteur qui reprochait au site américain de s'approprier les droits exclusifs des contenus hebergés.
Cet appropriation des contenus et des données personnelles (voir à ce propos l'article de Liberation sur la commercialisation des données privatives) pose le problème de la propriété des informations de l'individu, et au-delà de l'accès à sa propre mémoire.Une mésaventure arrivée au site Ratiatum cet été résume cet état de fait. La société Médiamétrie, qui édite de nombreux communiqués de presse sur son activité, a instamment prié le site de ne pas conserver d'archives de ses communiqués, pourtant libres de droit.
La valeur est ainsi donnée à l'archive, à la mémoire persistante plus qu'à la mémoire immédiate.
On va peut-être en arriver à Farenheit 451, où l'on "sera" une information.
Note : trouvé sur InternetActu, ce logiciel pour webcam qui avatardise son utilisateur.. ou anonymise, c'est selon
