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lundi 26 août 2013

Mutatis mutandis

Car As A Service

Le huge truc du buzz de la semaine dernière, ce fut l'investissement de Google Ventures dans Uber. A proprement parler, ce n'est pas un investissement direct de Google - qui dispose de son propre fonds, Google Capital - même si le raccourci fait gloser, et il y a de quoi.

Le service de VTC, qui a le vent en poupe dans une économie qui se veut de concurrence libre et non faussée, fait le bonheur de certaines populations, ceux déplorant le manque de taxis, la rente accordée à certaines entreprises (en France, les G7 et Taxi Bleu), ou ceux qui y voient un moyen simple d'arrondir leurs fins de mois.

La stratégie de Google dans le domaine de la voiture est intéressante. Après avoir cartographié le monde, via Maps, puis l'avoir pris en photo, Google développe la voiture sans chauffeur et a racheté pour un milliard de dollars l'application Waze. Connaissant Google, qui fait travailler ses utilisateurs depuis l'algorithme Pagerank, il y a fort à parier que les données du service Uber seront exploitées afin de définir des zones de chalandises, de modéliser les usages comme les itinéraires, d'optimiser le marché des offres (chauffeurs) et des demandes (clients).

Cet investissement ne fait donc que renforcer l'idée que Google a désormais bien assimilé que le marché de l'automobile devient un marché du déplacement, et donc de services. Services qu'il se propose de commercialiser lui-même, en proposant son propre device, comme il l'a fait avec ses propres tablettes. Il sera un temps ou Peugeot et Renault seront des équipementiers ... 

 

Des frontières plus que jamais  

Je ne connais pas la loi sur la liberté de la presse en Angleterre. Toujours est-il que c'est exclusivement par la menace que l'exécutif a fait détruire une partie des documents leakés de Snowden par le Guardian. Le principal allié des Etats-Unis, qui fournit une grande partie du dispositif de surveillance à la NSA sur le territoire européen, se révèle être aussi peu regardant sur les libertés publiques que lui; ce qui n'est pas étonnant, dans un pays leader mondial des cameras de surveillance, avec une caméra pour 11 habitants (5.9 millions de cameras selon la "British Security Industry Association"). A la suite de quoi, les documents en cause (concernant le GCHQ, pendant de la DCRI française) ont été exfiltrés aux Etats-Unis pour être traités par le New York Times.

Après l'exil de Snowden - que même Cuba n'a pas voulu accueillir - on arrive au bout du système : la donnée elle-même devient persona non grata.

 

La fausse bonne idée des API (ou comment rendre le code propriétaire)

Un gros article dans Wired revient sur App.net, qui devait révolutionner internet. Du type Platform As A Service (PAAS), il mettait en oeuvre une logique Single Sign On pour mutualiser les multiples applicatifs web. Mais, comme l'indique l'article, les écosystèmes ouverts ne le sont jamais bien longtemps; les diverses app tierces reposant sur twitter ont en fait l'amère expérience..

En programmation, on a vite appris à créer des bouts de code indépendants, fonctions ou procédures, qui sont appelés en fonction des usages; un programme, ce n'est juste qu'un flux de données qui est traité par un processeur, au travers de bouts de code. Tout était simple quand les données transitaient dans le bus d'une carte mère.

Avec le développement des services web, ces bouts de code se retrouvent appartenir à des sociétés. Facebook est une bibliothèque de fonctions indiquant en entrée au moins un ID utilisateur, et en sortie, des données liées. Idem pour twitter, vine, picasa, tumblr... Dans le monde du web, le bus est désormais Internet, les processeurs décentralisés dans le "cloud". Internet devient un gigantesque ordinateur, et chaque fournisseur de composant essaie de valoriser sa partie du mieux qu'il peut. On en a un exemple flagrant avec les FAI qui opérent un bus et cherchent à monétiser la bande passante VS les applicatifs qui sont le processeur ou la mémoire d'une babasse à l'ancienne..

Il est illusoire de penser que les API sont bénéfiques pour l'utilisateur final. Elles ne font que renforcer le pouvoir de domination des plateformes dont la propriété du code est fondamentale. Pas étonnant que les GAFA sont toutes situées aux US, où les brevets logiciels sont la norme.

jeudi 25 novembre 2010

Marketing

Deux populations. Deux langages. Une modernité.


   

mercredi 20 février 2008

Comment le sample a révolutionné la musique

et dire qu'au Siècle dernier, pour être sociétaire de la Sacem, il fallait passer une épreuve de solfège...



dimanche 27 janvier 2008

Martine, ou Photoshop pour les nuls

Tout est parti d'une blague de potache. Un certain Tremechan, adepte du pastiche, avait posté sur son compte Picasa quelques détournements de couvertures d'albums ayant marqué la jeunesse de beaucoup de web users. Des parodies (remix, ou encore mashup selon la terminologie web2) comme il en existe beaucoup, que les internautes s'approprient et se forwardent pour égayer des journées de bureautique intenses. 

Le caractère un peu niais d'une ancienne idole des jeunes, allié à une foultitude de couvertures, disponibles sur les sites des distributeurs, a révélé la force du concept. Le bouche-à-oreilles a pris, et ce grand détournement a fait des émules dans la communauté des amateurs sachant manier le logiciel de retouche d'images.

Mais ce qui n'aurait pu rester qu'une blague de potache a pris un virage inédit grâce à l'industrialisation du procédé. Martine cover generator, le site récemment fermé, est né de l'envie d'un autre potache, appelé Delight, qui disposait quant à lui de compétences de codeur. Les couvertures étant fondées sur un respectueux cahier des charges (typographie, emplacement des caractères), la création d'un générateur de titres n'était plus qu'un jeu d'enfants (l'API Imagemagick intégré dans un script PHP par exemple).

Pour un public accro mais peu rompu au maniement de Photoshop, l'outil était une bénédiction. Combien de fausses couvertures de Martine ont-elles été générées avec ce site ? Le blog Martine est très pop en recense à lui seul plusieurs centaines; quant au site Poptronics, il évoquait le 23 octobre, soit 5 jours après le lancement du site générant les couvertures, le nombre de plusieurs dizaines de milliers de visites par jour...

Reste la fermeture du site. L'auteur a préféré arrêter l'expérience au bout d'un mois, après une demande amiable des éditions Casterman, et parce qu'il n'avait pas envie de risquer un procès. Pourtant, on peut se demander ce qu'aurait été l'issue d'un tel procès, puisque le droit consacre la parodie au titre d'exception au droit d'auteur.

Mais au delà d'un procès d'intention qui rappelle dans l'esprit l'affaire jeboycottedanone (perdue en appel par le groupe Danone), il reste que la fourniture d'outils d'usage simple à destination de publics non professionnels engendre l'adoption par ces derniers. Et peut être l'envie pour certains d'essayer les logiciels de retouche d'images (ou Imagemagick).

vendredi 26 octobre 2007

Souriez, vous êtes fichés

La documentation française a la bonne idée de publier un 'Médias et vie privée' (info via Infostratège, qui a établi par ailleurs une bibliographie sélective intéressante sur le droit de l'information).

La vie privée est de fait de plus en plus attaquée par le développement des medias, et le web participe pour une large part à cette remise en question. D'autant que, a posteriori de l'antienne de Mc Luhan ("Le medium c'est le message"), il semblerait que le medium en question soit en fin de compte l'individu.

Mais pour le moment, le media s'envisage comme un instrument de masse, détenu par des grands groupes de communication. Et la vie privée s'apparente à une marchandise : dans un billet de juillet 2007, le blogueur OM Malik s'interrogeait sur la la vie privée comme valeur. Comme le temps de cerveau disponible donne une valeur aux spots de publicité, le collecte d'informations sur l'individu donne une valeur aux entreprises qui les détiennent. Le fichage est partout : via les moteurs de recherche, les sites sociaux, les services de mails dits "gratuits", les logs de connexion aux sites, ceux des téléphones mobiles...

Mais il faut distinguer deux choses : le fichage et la surveillance. Et par delà, la finalité des renseignements collectés.

Si les collectifs de défense de la vie privée dénoncent régulièrement la surveillance accrue des Etats (videosurveillance, collecte des logs de connexion, ADN, empreintes digitale ou rétinienne) ou des sociétés de droit privé, ils s'émeuvent moins de l'intrusion dans notre intimité de simples quidams, armés de leur appareil photo ou de leur camera, qui sont tout aussi attentatoires à notre vie privée. Et si la surveillance est conspuée pour des raisons éthiques (ou de défiance à l'égard des gouvernants), elle s'avère utile aux populations dans certains cas. Ainsi, ces riverains excédés par le manège des prostituées à Madrid, qui, lassés d'attendre les caméras de vidéosurveillance, filment et publient sur Youtube. Ou ce sniper de Targuist , qui prend le monde à partie pour dénoncer la corruption de gendarmes dans le Rif marocain.
C'est ainsi que les internautes du monde entier collectent et publient textes, photos et vidéos dont ils sont les producteurs. Ce faisant, ils violent notre intimité en publiant la leur, puisque nous faisons partie de leur environnement. Mais, dans le monde réel, comme sur le 6eme continent, le délit de diffamation existe, tout comme celui d'usurpation d'identité. Mais que se passera-t-il lorsque les moteurs de recherche indexeront, via des logiciels de reconnaissance faciale, les silhouettes au deuxième plan des photos de vacances ? Ces technologies, utilisées dans les stades pour interdire l'accès aux hooligans, le sont désomais pour des sites à la Flickr (voir le billet d'InternetActu sur Ryia). Et si notre IP n'est pas suffisante à nous identifier, on se retrouve déjà via nos noms ou photos, "à l'insu de son plein gré" sur Copainsdavant, ou taggé dans Facebook. Et Googleisable...

Quant au fichage, c'est en gros la conservation des résultats de la surveillance. Les plus gros acquisiteurs privés de données personnelles, les moteurs de recherche, ont été récemment au centre d'une polémique et ont décidé d'adopter un profil bas, rendant anonymes les informations des internautes au bout d'un temps assez court (en séparant le profil de l'utilisateur de sa recherche). Mais que dire des Etats ? Et des simples citoyens ?

Qui donc a le droit de collecter et détenir nos précieuses informations ? Doit-on plus faire confiance à un Google, qui permet d'effectuer la recherche "Comment fabriquer une bombe" et s'oppose au gouvernement fédéral américain sur la communication de logs de recherche, ou à nos gouvernants qui tels Franco Fratini veulent empêcher non la réponse, mais la recherche même ? Et dois-je craindre ce groupe de japonais mitraillant l'obélisque de la Concorde alors que je me promène avec ma maîtresse ? De la RATP à l'Union européenne, ces questions sont au centre des préoccupations actuelles.

Dernièrement est apparue une pétition sur le Web intitulée "Bill of Right for Users of the Social Web" (traduction en français ici). Partant du principe que les données personnelles nous définissent tout comme notre statut, les auteurs - issus du monde du web - ont écrit une sorte de charte de bonne conduite à l'usage des sites dits web2.0. Préconisant entre autres la propriété et le contrôle de nos données, cette déclaration d'intention est bonne tant que les données sont centralisées. Dès lors qu'il n'y a plus de monopole, tout s'écroule. Ce qui se passe déjà avec les Nations, dont le monopole d'écriture des lois est battu en brêche par le web...

Etre fiché, en définitive, c'est être conservé dans une base de données. Tout allait bien lorsque la base de données se limitait à quelques milliards de neurones. La mémoire était à l'intérieur de nous-même. Mais, comme le rappellait Michel Serres lors d'une conférence en 2005 (lien via InternetActu), depuis l'écriture et plus encore l'imprimerie, nous avons externalisé notre mémoire. A qui appartient-elle désormais ?

mardi 21 août 2007

De l'anonymat

Au fur et à mesure que le web s'immisce dans nos vies, un des derniers pré carré définissant l'individu, sa vie privée, se réduit comme peau de chagrin. Et a fortiori, son anonymat.

Les données personnelles, telles que les noms, date de naissance, numéro de téléphone, constituent en France des données privatives et leur collecte est strictement encadrée (voir les textes de loi sur le site de la CNIL). Pour autant, nombre de sites sont en infraction avec la législation française, puisqu'il est par exemple interdit de collecter les opinions politiques, philosophiques ou religieuses des personnes.
Mais le caractère des individus ne s'arrête pas à ces données personnelles. Leurs habitudes, leurs centres d'intérêt, leurs aspirations définissent également leur personnalité, et ces informations sont devenues pour les acteurs de la "nouvelle" économie la principale source de revenus. De fait, Internet a opéré une mutation radicale dans l'approche du marketing, passant d'un marché de masse à un marché individuel, puisque bénéficiant de l'identification de la cible et d'un return path en temps quasi réel. Cette révolution touche tous les media, dès lors que le web, en supprimant le support, les a transformés en media de flux. Ainsi, l'offre est en permanence adaptée à la demande.

Cette approche a été mise en oeuvre avec succès par Google, qui en 10 ans est venu rivaliser avec les plus grands de la publicité, tels WPP ou Publicis. Les centres d'intérêt du genre humain connecté, approche globale (voir l'article d'écrans sur le Zeitgeist) permet de valoriser des mots clés, les Adwords, en fonction de l'audience d'un mot, sur un principe d'enchères. L'approche individuelle, définie par un profil de l'utilisateur en fonction de son historique de recherche (voir la fonction Google history), permet de cibler une annonce en fonction de sa cible. Pour autant, ces informations ne sont pas nominatives, elles ne permettent pas de relier un individu à un profil, si ce n'est via une adresse IP, adresse que la CNIL considère également comme une donnée personnelle, mais qui dans les faits ne permet pas d'identifier avec certitude un internaute (IP familiales, professionnelles, sur réseaux wifi ouverts ouverts...).

Et puis vint le "social networking"

Les réseaux sociaux ont vu se populariser la mise en ligne par les internautes eux-mêmes d'informations les concernant. Orientés principalement autour de l'entertainement, ces sites permettent de s'agréger autour de valeurs communes et de centres d'intérêt. Les Skyblogs ou autres Myspace identifient leurs "clients" sur le modèle de Google : l'individu y est impersonnel, il est un avatar.  Ainsi, on y compte pas moins de trente Rupert Murdoch, identifiés par le nom et la photo de l'intéressé.. Là encore, pas de données personnelles, mais un profiling publicitaire des cibles dont l'un des bénéficiaires n'est autre que... Google !
Puis, avec les réseaux professionnels sont apparues les informations nominatives, forcément importantes, puisque faisant le lien entre sphères privée et publique (le marché du travail).

La prochaine révolution du web est la fin de l'anonymat. Déjà, des informations sur les individus sont disponibles sur la toile, sur différents sites (pages personnelles, réseaux sociaux...). Des moteurs de recherche spécialisés voient le jour (tels Wink ou le surmédiatisé Spock), qui ambitionnent de recenser toutes les informations individuelles dispatchées aux quatres coins du web, mais dont le fonctionnement est basé sur des bases de données qui ne leur seront pas nécessairement ouvertes. De fait, ce ne sont que Google light.

De la fin de l'anonymat, il en est donc question d'un point de vue règlementaire et commercial. Règlementaire, puisque le gouvernement a récemment décidé d'en finir avec l'anonymat sur le Web, au terme d'une loi dont le décret vient d'être validé par le Conseil d'Etat. Cette loi, dont certaines dispositions furent combattue entre autres par la CNIL, l'AFA ou l'IRIS, impose aux FAI et les opérateurs fixes et mobiles la conservation des logs de connexions des abonnés (adresses IP, heure et date de connexion, durée...) pendant un an; et  un nouveau décret en préparation, selon les Echos du 20 août, pourrait intégrer les pseudonymes et mots de passe dans les données à conserver.

Et commercial, inspiré en cela par le nouveau réseau social,  Facebook.  Facebook, dont la progression fulgurante est étonnante, revendique quelques 30 millions de profils. Et dispose de données que font saliver plus d'un publicitaire : une combinaison de données personnelles (âge, localisation géographique, nom, téléphone portable...), de données sociales (cercles de relation et leur typologie), de données contextuelles et d'intérêt (livres, films, musique....). Le tout renseigné par l'internaute lui-même. Et si d'aucuns, comme dans la vidéo ci-dessous, y voient la figure du big brother doublé du complotisme d'Etat US, il est plus à craindre que ces données seront une fois de plus utilisées par les gourous du marketing pour vendre de la lessive. Ceci expliquant sans doute pourquoi le web rumeurise avec insistance sur le rachat de Facebook par Google... 

Fearing Facebook

Do you Facebook

vendredi 17 août 2007

La passion

Ce petit carnet extime cause, depuis le début, de diffusion et de contenus. De web et de créateurs.

Et donc plus généralement, de passion et de plaisir. Car qui sont ces créateurs qui font fi de toute logique pécuniaire, de tout intérêt, si ce ne sont des passionnés?

Emblématiques de la révolution internet, les hackers, qui codent ou décodent pour le jeu et la gloire, rarement pour la fortune, furent suivis dans ce processus de création par des graphistes, musiciens, réalisateurs, qui font aujourd'hui la fortune d'intermédiaires (Myspace a annoncé ses premiers millions de bénéfices, pour un chiffre d'affaires de 550 millions de dollars).

Un processus qui touche les fondements mêmes de l'économie, puisqu'il met en concurrence professionnels et amateurs, le labeur des uns - le supplice du pal pour le travail - contre le plaisir des autres.

Dernier en date, la traduction française de l'intégralité du dernier Harry Potter, par un adolescent de 16 ans, qui n'a assurément pas agit tout seul, mais dont le seul motif semble être de répondre à l'attente des fans non anglophones, la version française étant annoncée pour octobre 2007. Une traduction de qualité professionnelle selon les enquêteurs, dont les racines peuvent être trouvées dans les innombrables forums dédiés aux traductions des séries US, de films asiatiques...

Et, parce que cette notion de plaisir est en train d'opérer un retour en force sur la scène du travail, ne voilà-t-il pas qu'un footballeur anglais de 19 ans refuse d'être payé au motif que "ce n'est pas juste d'être payé pour s'amuser [...]"

A n'en pas douter, rattrappé par des considérations bassement matérielles, le footeux reviendra sur ses positions. Mais il ne faudrait pas que cette tendance au ludisme se développe, étant donné qu'elle touche des secteurs très profitables de l'économie, ceux de l'entertainment...