Deux populations. Deux langages. Une modernité.


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jeudi 25 novembre 2010
Par julien breitfeld le jeudi 25 novembre 2010, 02:46
Deux populations. Deux langages. Une modernité.


mercredi 20 février 2008
Par julien breitfeld le mercredi 20 février 2008, 19:35
et dire qu'au Siècle dernier, pour être sociétaire de la Sacem, il fallait passer une épreuve de solfège...
dimanche 27 janvier 2008
Par julien breitfeld le dimanche 27 janvier 2008, 08:15
Tout est parti d'une blague de potache. Un certain Tremechan, adepte du pastiche, avait posté sur son compte Picasa quelques détournements de couvertures d'albums ayant marqué la jeunesse de beaucoup de web users. Des parodies (remix, ou encore mashup selon la terminologie web2) comme il en existe beaucoup, que les internautes s'approprient et se forwardent pour égayer des journées de bureautique intenses.
Le caractère un peu niais d'une ancienne idole des jeunes, allié à une foultitude de couvertures, disponibles sur les sites des distributeurs, a révélé la force du concept. Le bouche-à-oreilles a pris, et ce grand détournement a fait des émules dans la communauté des amateurs sachant manier le logiciel de retouche d'images.
Mais ce qui n'aurait pu rester qu'une blague de potache a pris un virage inédit grâce à l'industrialisation du procédé. Martine cover generator, le site récemment fermé, est né de l'envie d'un autre potache, appelé Delight, qui disposait quant à lui de compétences de codeur. Les couvertures étant fondées sur un respectueux cahier des charges (typographie, emplacement des caractères), la création d'un générateur de titres n'était plus qu'un jeu d'enfants (l'API Imagemagick intégré dans un script PHP par exemple).
Pour un public accro mais peu rompu au maniement de Photoshop, l'outil était une bénédiction. Combien de fausses couvertures de Martine ont-elles été générées avec ce site ? Le blog Martine est très pop en recense à lui seul plusieurs centaines; quant au site Poptronics, il évoquait le 23 octobre, soit 5 jours après le lancement du site générant les couvertures, le nombre de plusieurs dizaines de milliers de visites par jour...
Reste la fermeture du site. L'auteur a préféré arrêter l'expérience au bout d'un mois, après une demande amiable des éditions Casterman, et parce qu'il n'avait pas envie de risquer un procès. Pourtant, on peut se demander ce qu'aurait été l'issue d'un tel procès, puisque le droit consacre la parodie au titre d'exception au droit d'auteur.
Mais au delà d'un procès d'intention qui rappelle dans l'esprit l'affaire jeboycottedanone (perdue en appel par le groupe Danone), il reste que la fourniture d'outils d'usage simple à destination de publics non professionnels engendre l'adoption par ces derniers. Et peut être l'envie pour certains d'essayer les logiciels de retouche d'images (ou Imagemagick).

vendredi 26 octobre 2007
Par julien breitfeld le vendredi 26 octobre 2007, 16:07
Mais pour le moment, le media s'envisage comme un instrument de masse, détenu par des grands groupes de communication. Et la vie privée s'apparente à une marchandise : dans un billet de juillet 2007, le blogueur OM Malik s'interrogeait sur la la vie privée comme valeur. Comme le temps de cerveau disponible donne une valeur aux spots de publicité, le collecte d'informations sur l'individu donne une valeur aux entreprises qui les détiennent. Le fichage est partout : via les moteurs de recherche, les sites sociaux, les services de mails dits "gratuits", les logs de connexion aux sites, ceux des téléphones mobiles...
Mais il faut distinguer deux choses : le fichage et la surveillance. Et par delà, la finalité des renseignements collectés.
Si les collectifs de défense de la vie privée dénoncent régulièrement la
surveillance accrue des Etats (videosurveillance, collecte des logs de
connexion, ADN, empreintes digitale ou rétinienne) ou des sociétés de droit
privé, ils s'émeuvent moins de l'intrusion dans notre intimité de simples
quidams, armés de leur appareil photo ou de leur camera, qui sont tout aussi
attentatoires à notre vie privée. Et si la surveillance est
conspuée pour des raisons éthiques (ou de défiance à l'égard des gouvernants),
elle s'avère utile aux populations dans certains cas. Ainsi, ces riverains
excédés par le manège des prostituées à Madrid, qui, lassés d'attendre les
caméras de vidéosurveillance, filment et publient
sur Youtube. Ou ce sniper de
Targuist , qui prend le monde à partie pour dénoncer la corruption de
gendarmes dans le Rif marocain.
C'est ainsi que les internautes du monde entier collectent et publient textes,
photos et vidéos dont ils sont les producteurs. Ce faisant, ils violent notre
intimité en publiant la leur, puisque nous faisons partie de leur
environnement. Mais, dans le monde réel, comme sur le 6eme continent, le délit
de diffamation existe, tout comme celui d'usurpation d'identité. Mais que se
passera-t-il lorsque les moteurs de recherche indexeront, via des logiciels de
reconnaissance faciale, les silhouettes au deuxième plan des photos de vacances
? Ces technologies, utilisées dans les stades pour interdire l'accès aux
hooligans, le sont désomais pour des sites à la Flickr (voir le billet
d'InternetActu sur Ryia). Et si notre IP n'est pas suffisante à nous identifier, on se retrouve déjà via
nos noms ou photos, "à l'insu de son plein gré" sur Copainsdavant, ou taggé
dans Facebook. Et Googleisable...
Quant au fichage, c'est en gros la conservation des résultats de la surveillance. Les plus gros acquisiteurs privés de données personnelles, les moteurs de recherche, ont été récemment au centre d'une polémique et ont décidé d'adopter un profil bas, rendant anonymes les informations des internautes au bout d'un temps assez court (en séparant le profil de l'utilisateur de sa recherche). Mais que dire des Etats ? Et des simples citoyens ?
Qui donc a le droit de collecter et détenir nos précieuses informations ? Doit-on plus faire confiance à un Google, qui permet d'effectuer la recherche "Comment fabriquer une bombe" et s'oppose au gouvernement fédéral américain sur la communication de logs de recherche, ou à nos gouvernants qui tels Franco Fratini veulent empêcher non la réponse, mais la recherche même ? Et dois-je craindre ce groupe de japonais mitraillant l'obélisque de la Concorde alors que je me promène avec ma maîtresse ? De la RATP à l'Union européenne, ces questions sont au centre des préoccupations actuelles.Etre fiché, en définitive, c'est être conservé dans une base de données. Tout allait bien lorsque la base de données se limitait à quelques milliards de neurones. La mémoire était à l'intérieur de nous-même. Mais, comme le rappellait Michel Serres lors d'une conférence en 2005 (lien via InternetActu), depuis l'écriture et plus encore l'imprimerie, nous avons externalisé notre mémoire. A qui appartient-elle désormais ?
mardi 21 août 2007
Par julien breitfeld le mardi 21 août 2007, 04:58
Au fur et à mesure que le web s'immisce dans nos vies, un des derniers pré carré définissant l'individu, sa vie privée, se réduit comme peau de chagrin. Et a fortiori, son anonymat.
Les données personnelles, telles que les noms, date de naissance, numéro de téléphone, constituent en France des données privatives et leur collecte est strictement encadrée (voir les textes de loi sur le site de la CNIL). Pour autant, nombre de sites sont en infraction avec la législation française, puisqu'il est par exemple interdit de collecter les opinions politiques, philosophiques ou religieuses des personnes.Et commercial, inspiré en cela par le nouveau réseau social, Facebook. Facebook, dont la progression fulgurante est étonnante, revendique quelques 30 millions de profils. Et dispose de données que font saliver plus d'un publicitaire : une combinaison de données personnelles (âge, localisation géographique, nom, téléphone portable...), de données sociales (cercles de relation et leur typologie), de données contextuelles et d'intérêt (livres, films, musique....). Le tout renseigné par l'internaute lui-même. Et si d'aucuns, comme dans la vidéo ci-dessous, y voient la figure du big brother doublé du complotisme d'Etat US, il est plus à craindre que ces données seront une fois de plus utilisées par les gourous du marketing pour vendre de la lessive. Ceci expliquant sans doute pourquoi le web rumeurise avec insistance sur le rachat de Facebook par Google...
vendredi 17 août 2007
Par julien breitfeld le vendredi 17 août 2007, 02:09
Ce petit carnet extime cause, depuis le début, de diffusion et de contenus. De web et de créateurs.
Et donc plus généralement, de passion et de plaisir. Car qui sont ces créateurs qui font fi de toute logique pécuniaire, de tout intérêt, si ce ne sont des passionnés?
Emblématiques de la révolution internet, les hackers, qui codent ou décodent pour le jeu et la gloire, rarement pour la fortune, furent suivis dans ce processus de création par des graphistes, musiciens, réalisateurs, qui font aujourd'hui la fortune d'intermédiaires (Myspace a annoncé ses premiers millions de bénéfices, pour un chiffre d'affaires de 550 millions de dollars).
Un processus qui touche les fondements mêmes de l'économie, puisqu'il met en concurrence professionnels et amateurs, le labeur des uns - le supplice du pal pour le travail - contre le plaisir des autres.
Dernier en date, la traduction française de l'intégralité du dernier Harry Potter, par un adolescent de 16 ans, qui n'a assurément pas agit tout seul, mais dont le seul motif semble être de répondre à l'attente des fans non anglophones, la version française étant annoncée pour octobre 2007. Une traduction de qualité professionnelle selon les enquêteurs, dont les racines peuvent être trouvées dans les innombrables forums dédiés aux traductions des séries US, de films asiatiques...
Et, parce que cette notion de plaisir est en train d'opérer un retour en force sur la scène du travail, ne voilà-t-il pas qu'un footballeur anglais de 19 ans refuse d'être payé au motif que "ce n'est pas juste d'être payé pour s'amuser [...]"
A n'en pas douter, rattrappé par des considérations bassement matérielles, le footeux reviendra sur ses positions. Mais il ne faudrait pas que cette tendance au ludisme se développe, étant donné qu'elle touche des secteurs très profitables de l'économie, ceux de l'entertainment...