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mercredi 20 décembre 2006

Du contrôle du net

Alors que l'on croyait la parenthèse DADVSI fermée, voilà que quelques événements viennent nous rappeler la bataille qui se joue pour le contrôle des flux transitant sur les fameuses autoroutes de l'information.

Comme le rapporte l'excellent avatar Champeau, le Japon vient de créer un précédent en condamnant le créateur du logiciel de p2p winny, très populaire au pays du soleil levant. Plus près de nous, les belges de la SABAM (la Sacem qu'Outre-Quievrain) veulent endiguer le problème du p2p à sa source, c'est-à-dire en contraignant les FAI à faire la police parmi les internautes, vraisemblablement au moyen d'outils de surveillance des réseaux.

Encore plus près, puisque chez nous, c'est le BLIC (Bureau de liaison des industries cinématographiques) qui demande, à l'aune du réexamen de l'accord portant sur la Vod, "davantage d'engagements des FAI" contre le piratage; en balance, la possibilité d'aligner l'exploitation Vod sur celle DVD en vidéoclub, dans la fameuse chronologie des media.

Pourtant, cette resucée du débat a tout du combat d'arrière garde. D'abord parce que le filtrage des contenus est absolument impossible, que ce soit pour des raisons légales ou techniques. Si la technique reste une affaire de techniciens, peut-être. Mais lorsqu'on peut partager des fichiers à l'aide du Windows live, que des services comme yousendit ou neobebox permettent d'archiver et d'échanger des fichiers de la taille d'un film...

Enfin, ce débat est surtout l'oeuvre d'acteurs de la génération unpointzero, dont les rentes de situation sont bousculées, comme l'a souligné le rapport Levy-Jouyet au regard de la gestion des droits intellectuels. Pourtant, les nouveaux acteurs comme Google s'activent. La BMI (la Sacem d'Outre-Atlantique) vient de signer avec SpiralFrog.

Le récent - et très médiatisé - succés d'Autumn avec 400.000 visionnages (chiffres Google) à début décembre est là pour rappeler qu'un nouveau mode de distribution existe, et qu'un contenu avec une vraie production et une durée cinéma peut s'inscrire dans la petite lucarne du web, entre long tail et contenu exclusif, avec des frais réduits, marketing comme distribution..
Mais comme le souligne Champeau, il est vrai que le patron du BLIC est en même temps celui de Gaumont, le distributeur. Alors la pression pour le contrôle est là, mais ne doutons pas qu'elle fera pshiit..

lundi 18 décembre 2006

On n'est jamais mieux servi....

Time magazine a donc élu l'internaute "personnalité de l'année", et ce, entre autres, parce que "les créateurs et les consommateurs des UGC transforment l'art, la politique et le commerce"...
La génération 2.0 est donc célébrée, révérée, au point qu'elle fait désormais l'objet de toutes les attentions, de la part des fonds d'investissement mais aussi des politiques, qui n'hésitent pas à faire leur show dans des meeting autrefois reservés aux geeks.

C'est que le geek a bien veilli. Autrefois jeune boutonneux amateur de jeux vidéo, il a grandi et - s'il reste amateur de jeux vidéos - il a créé de la valeur via la technologie. Il a été le précurseur de l'internaute, lequel consomme, s'informe grâce au web. Son ultime chose est le e-citoyen, comprendre le citoyen interactif, dont le corrolaire non digital est la fameuse démocratie participative.

Dans le domaine de la création de valeur, on a bien vu que la réalisation de sites "videogags" mondiaux,  ont entrainé les surenchères que l'on sait, afin de bénéficier des effets de bords, communauté, personnalisation, viralité, profiling publicitaire. Mais l'apparition de ces nouveaux media n'est pas du goût de tout le monde. En fait, les professionnels, ceux dont l'expertise ou le talent sont remunérés, sont dans l'oeil du cyclone. Aussi, le milieu professionnalise-t-il les amateurs, en le faisant entrer dans la chaine de valeur.
Une nouvelle start-up, eyeka, propose donc de "valoriser son travail comme un pro" en envoyant photo et video, tandis que Channel 5 paye les internautes qui auront transmis - et rendu exploitable - une photo pour son antenne.
Ces nouveaux producteurs sont la source de valeur, et les agrégateurs sont en danger. Ce qui vaut par exemple pour la presse, où l'information étant gratuite, la légitimité des titres - et leur coût - est contestée par les lecteurs.

Mais dans le domaine de l'audiovisuel, où la chaine de production est beaucoup plus importante et spécialisée, pas question de se laisser manger la laine sur le dos. Comme le rappelle John Battelle, les 3 piliers de ces producteurs sont la propriété intellectuelle, le contrôle du réseau de distribution et un modèle de rémunération élaboré autour de la publicité ou de l'abonnement. Trois piliers qui sont remis en question par le web...
Alors, concurrencé par le nouvel arrivant Youtube, propriété de Google, les géants US du media, savoir Fox, Viacom, CBS et NBC Universal, discutent de la réalisation d'un compétiteur a révélé le Wall Street Journal. Afin que l'audience d'un contenu propriété de l'un d'entre eux ne profite... qu'à l'un d'entre eux..

jeudi 30 novembre 2006

Les contenus en mobilité

Les opérateurs téléphoniques et les FAI proposent désormais des offres convergentes, poussées en cela par des avancées telles la voix sur IP. Tout le bénéfice est pour le consommateur, et pour l'opérateur, c'est la garantie de retenir celui-ci dans ses filets, puisqu'il gère dorénavant communications, accès aux contenus et services.

Mais l'extension des possibilités de nouveaux objets communicants que sont les téléphones mobiles peut également se faire au détriment de ces derniers.
En effet, à sortir le mobile de logiques propriétaires (en particulier via le wifi), certains risquent de voir leur fameux ARPU se réduire comme peau de chagrin. Certains essaient de s'en prémunir, à l'instar du fameux wifi proproétaire d'un Zune.

Mais la conccurence est rude, et les FAI marchent désormais sur les plate-bandes opérateurs mobiles, tels Neuf avec son Twin. Si l'on suit le développement d'un service comme Skype, celle d'opérateurs comme FON (dont les investisseurs sont entre autres Google et ... Skype), et la multiplication des points d'accès wifi gratuits (comme ici à Paris), voire l'intérêt que suscite le Wimax de la part des opérateurs privés comme des collectivités territoriales, on mesure que les opérateurs mobiles risquent de changer très vite de coeur de métier.

Et c'est via un article d' ars technica que l'on apprend la grogne des opérateurs mobiles US contre Google, qui via ses services mobiles occupe de la bande passante et dénature les services propres à ces opérateurs. En attendant les versions mobiles de Linux, qui feront pénétrer sur un marché "ouvert" un tas d'applicatifs gratuits, et donc les services qui vont avec. Le "commun" du net risque de frapper à nouveau.
On comprend mieux les prétentions des opérateurs de se muer en fournisseurs ou producteurs de contenus.

mercredi 29 novembre 2006

La société des écrans

De l'image, encore de l'image, toujours de l'image... En 2006, selon un rapport de la société Accustream cité par Ecrans, le supplément très web de Libération, les internautes auront visionné près de 31 milliards de vidéos sur le web. Si l'étude ne prend pas en compte le frenchy Dailymotion, elle estime l'audience des poids lourds US Youtube et Myspace à près des 2/3.

Ce qui est vrai pour le monde l'est aussi pour la France.  Après l'ère de la rareté des chaines, dues à des raisons règlementaires puis techniques (le nombre des fréquence n'étant pas extensible à l'infini), voici l'abondance. En terme d'images, l'ouverture de la TNT a provoqué les remous que l'on sait chez le mesureur Médiamétrie, qui devant la fronde de ses souscripteurs a dù remplacer sa présidente. Nouvelles chaines, nouvelles images, nouveaux contenus, qui ont rencontré la demande des téléspectateurs. Les très bons chiffres obtenus par la chaine jeunesse Gulli, mais aussi par Arte et France 5 sur ce nouveau canal de diffusion en sont les premiers révélateurs. Pourtant, l'audience cumulée est en baisse. La faute au Web ?

Ce qui est sûr, c'est que les nouvelles images du Net ont trouvé preneur. Et la seule rareté qui reste, c'est celle du temps du spectateur. Le mass media réfléchit donc à investir ces nouveaux canaux, afin de recréer l'écosystème en cours : une marque, des chaines, du temps de cerveau disponible. Après donc TF1 et son WAT, M6 son Wideo (et segmentant ses Yootribe, Habbo et Skaz), NRJ a l'intention de proposer une plateforme ressemblant à Youtube.

C'est que le temps presse : l'auditeur/spectateur/lecteur zappe, butine, picore. Il est volage. Le média en est réduit à sa définition éthymologique : un passeur. Le contenu prime. Et c'est bien ce que l'on retrouve dans le top 15 du rapport MorganStanley "The State of Internet" de novembre 2006 : des producteurs "institutionnels" (Time Warner, Viacom) et les nouveaux entrants Youtube ou Wikipedia - Fox via Myspace ayant déjà très bien négocié la page du webdeuxzéro.

Il faut donc de l'exclusivité. Ce qu'on très bien compris ces nouveaux diffuseurs que sont les FAI, qui continuent l'agrégation verticale. Après le double, triple, voire quadruple play, voilà donc la création d'une filiale de production par France Télécom, et Neuf Cegetel qui se déclare prêt "dans quelques années" à la production de contenus. Pis encore, ce sont les annonceurs, qui, revenant aux sources du soap, produisent et mettent en scène leur marque.
Enfin, qu'importent les règles, règlements ou lois protégeant des secteurs ou des territoires : la diffusion web de contenus se porte bien. En attendant la démocratisation d'outils tels le Gascomposer de Gaspanik.tv, solution browser based de production et de distribution vidéo..

La désintermédiation propre à internet risque de laisser un acteur de poids sur le carreau : le diffuseur. Et si les contenus étaient dorénavant distribués "du producteur au producteur" ?

samedi 11 novembre 2006

Bien entendu, c'est off

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Web. Depuis l'avènement du truisme web 2.0, et la démocratisation des outils et de la bande passante, le vulgus pecum internetus se prend pour un musicien, de comique, un journaliste.


Il en va de même pour ces derniers, qui expulsés du media mainstream, continuent de travailler via ce nouvel écran, à diffusion mondiale et instantanée. On y retrouve donc le très policé Karl Zéro ou le trublion John Paul Lepers, en congé de Canal+, où encore l'ex enfant du Rock et toujours vert Philippe Manoeuvre, pour un "Punk Press Club" diffusé sur Dailymotion.

Dans cette fièvre à communiquer et ce mélange des genres, le lièvre du jour s'appelle le off. Le off, dans le langage courant, c'est un secret. Dans le langage journalistique, c'est la marque de confiance d'un personnage public envers un media, le respect de l'intimité, voire des liaisons dangereuses; au choix, des enfants naturels, des accords secrets, des tours pendables... Certaines proximités peuvent couter des places, certaines embrassades paraître déplacées...

Malheureusement, le off a tendance à disparaître, parce que la vie privée se confond avec la vie publique, et que chacun peut dorénavant rapporter - preuves à l'appui - ce qu'il a vu ou entendu. Son corollaire, le double langage, a aussi une espérance de vie assez courte. On se souvient du pauvre Jack Lang pratiquant l'autosatisfaction. Mais aussi du macaque du républicain George Allen, dont il se pourrait bien qu'il lui ait couté son siège au Sénat, et pendant le basculement de cette chambre aux démocrates pour la première fois depuis 1994. Le New York Times a en son temps parlé d'une Youtube election.

Notre élection à nous a toutes les chances de singer la consultation américaine. Les politiques ont envahi la toile, chacun draguant le chalant à coup de blogs multimedia, de webtv, de forums participatifs. Certains semblent s'y être très bien acclimatés. D'autres sont même sensibles aux jeunes pousses qui proposent des moyens de diffusion - le P2P - récemment vilipendés. Mais tous sont heureux de l'exposition qu'ils y trouvent.

Seulement voilà, la communication n'est plus à sens unique. Et son contrôle appartient à tout le monde. Ce qui apparait cocasse avec la déjà deuxième-tourable Ségolène Royal, qui ne peut qu'au mieux déplorer, au pire stigmatiser cette démocratisation pourtant appelée par ses soins. Après donc l'épisode Bourdieu, puis les sifflets du Zénith, elle est de nouveau sur la sellette avec ses propos sur les profs et les 35 heures.
Ne nous méprenons pas, cette surmédiatisation fait aussi le jeu de ses petits camarades compétiteurs, dont on peut même penser qu'ils en sont les instigateurs. Pourtant, l'audience de ces informations est au rendez-vous, ce qui prouve que la demande existe.

La prochaine présidentielle se jouera donc aussi pour la première fois sur le net. Un net à charge, et à décharge. Un net qui sert de mémoire, et d'agora (ou de cirque, c'est selon) médiatique.
Big Brother is watching you. Mais dans l'état décentralisé du net, le Grand Frère n'est plus celui que l'on pouvait craindre.

mardi 31 octobre 2006

La poule - aux oeufs d'or - au pot

Myspace, Youtube… en quelques mois, ces deux sites sont devenus des success-stories, espaces communautaires et collaboratifs, alter ego socio-culturels de l’espace de développement des geek développeurs es logiciels libres. Cette liberté d’expression passait par la mise à disposition de données personnelles (j’aime, j’aime pas) et de données soumises à copyright (la musique que j’aime, les films qui me font rire…).

Le rachat de ces sites par des entités media ou publicitaire mondiale, leur valorisation et leur potentiel publicitaire ont réveillé les ayant droits, encore endoloris de leur bataille – perdue en termes d’efficacité et d’image – contre le p2p.
Après la purge de certains contenus comme ceux de Comedy Central, c'est au tour de Myspace de se plier aux demandes des ayant droits. Le blog Maverick cité par Battelle, postule que le "Do no evil" de Google est en train de changer. Et d'expliquer que 500 millions de dollars ont été provisionnés pour d'éventuelles poursuites des ayant droits. Mais que 6 mois de répit ont été obtenus pour faire le ménage, dans les fameux UGC.

Si la stratégie des majors est d'éliminer les contenus dont elles sont propriétaires des sites sociaux, on peut légitimement se demander ce qui retiendra les internautes sur ces sites, qui vont de plus se retrouver petit à petit envahis par la publicité. Les mois qui viennent vont être décisifs dans la négociation entre Google (et Newscorp) et les détenteurs de copyright, pour que les utilisateurs puissent continuer à "partager" leur expression personnelle...


mercredi 18 octobre 2006

De la distribution des UGC

Canal+ serait sur le point de lancer son site communautaire nous apprend la CBNewsletter du jour. Il rejoindrait TF1 avec Wat et M6 et son offre Wideo. Pour tout ces media, un seul mot d'ordre : les UGC, ou User Generated Contents.

Cet acronyme, popularisé par l'explosion de sites tels Youtube, est la régénération d'un terme tombé dans l'oubli, ou opportunément passé à la trappe : l'oeuvre.

En effet, bien que masqué par des problématiques de droits propriétés des majors, les UGC ne sont pas tous des mashup d'oeuvres existantes, mais bien la création ex nihilo par des auteurs qui s'ignorent. Un bloggueur du nom d'Asi Sharabi a réalisé une étude empirique sur les 100 vidéos les plus vues au mois de juillet (lien via Internetactu). Sur les 100, plus de la moitié sont une oeuvre de création, et un tiers ne contient pas de matériel soumis à copyright.

Si Youtube (et les autres) ont bien inventé quelque chose, c'est donc un nouveau canal de diffusion d'oeuvres artistiques qui ne trouvaient pas preneur dans le milieu de la distribution classique.

Avec le développement de l'informatique, le home-studio dédié à la musique s'est tout naturellement mué en régie de télévision, intégrant toute la chaine de production, jusqu'à la post-prod. Et cette explosion de talents est un vivier pour les chaines. Si Bzz n'avait pas eu un crénau de diffusion sur FR3 Méditerranée, Carette et Lauby auraient-ils pu créer avec Chabat les Nuls ?

Canal+ a commencé à diffuser les oeuvres de ces créateurs "à la maison" dans le cadre de son programme les Films faits à la maison. Mais la case est trop petite, et la diffusion reste à destination de ses abonnés.

Aujourd'hui, on assiste donc à une nouvelle période de création. Flash, téléphone portable, jeux vidéos sont mis à contribution pour réaliser de petites merveilles avec trois francs six sous. Pour des résultats souvent épatants. Le Festival Machinima, qui se déroulera à New York les 4 et 5 Novembre 2006, va élire ces films réalisés avec les moteurs graphiques de jeux comme World of Warcraft dans 16 catégories ! Et cocorico, un "film" français est nominé 9 fois. Il s'agit des Aventures de Bill et John.

L'industrie du film est engluée dans des superproductions dont les coûts menacent à chaque sortie leur studio. Des réalisateurs comme George Lucas envisagent de se tourner vers la télévision, car "pour 200 millions de dollars, vous faites un long métrage de 2 heures pour le cinéma, et 120 heures pour la TV". Et le site The Long Tail, reprenant cette interview, d'ajouter opportunément que 13.000 films sont soumis chaque année au Festival indépendant de Tribeca.


Pour les anciens media comme pour les nouveaux, la priorité est aux contenus. Aussi, la recherche de talents est essentielle, tout comme l'économie des coûts de production. Encore faut-il rémunérer les - nouveaux - auteurs.

jeudi 12 octobre 2006

Youtube googelisé

Google a racheté Youtube ! La news de la semaine, du mois, de l'année ! La news que la planète webdeuzéro attendait, préssentait, rumeurisait.


Car si par cet achat Google vient de démontrer qu'il ne peut gagner à tous les coups (Google video était très loin derrière son rival), il conforte néanmoins le géant de services informatiques dans sa stratégie de régie publicitaire mondiale. En effet, après le deal avec Myspace, c'est tout naturellement que s'intègre Youtube, visant à monétiser la diffusion vidéo auprès des internautes. Et une valeur ajoutée dans le cadre du profiling transparent de l'utilisateur.

Qui s'est jamais inscrit à une newsletter US lors du web 1.0 l'a experimenté : une liste impressionnante à remplir, age, sexe, profession, revenu, centres d'intérêts...

En mettant la main sur la recherche de Myspace, et maintenant sur Youtube, Google peut affiner le profil de l'utilisateur en fonction des goûts de chacun, de ce qui motive son réseau social, de ses préférences, "à l'insu de son plein gré". Et la politique déployée sur l'ensemble de ses applications - l'identification unique via son compte Gmail - crée une personne virtuelle dont les goûts et les couleurs sont scrutés lors de la rédaction d'un mail, le partage de vidéos, bientôt son Word ou son Excel online.


Alors que les "big four" (AOL, MSN, Yahoo et AOL) sont main dans la main avec les studio de cinéma, où un cinquième larron, Apple, décide de lancer sa Set Top Box - iTV - on voit que la nouvelle frontière du web est clairement la vidéo. Si les studios ont raté le virage mp3, il n'en est plus de même avec l'image. Warner a a préféré conclure un accord avec Youtube plutôt que de rejouer l'affaire Napster. Et Universal et CBS de suivre dans la foulée. On ne s'aliène pas - plus - 20 millions d'utilisateurs uniques. D'autant plus que si le web cannibalise la télé, il s'enrichit des contenus de cette même tv; les studios ont donc compris qu'il était dans leur intérêt de fournir eux-mêmes les contenus, fourniture dont le financement est assuré par ... la publicité.

Maintenant se pose la question du positionnement de Google. Il va devoir clarifier sa situation : media ou régie. Car même avec une valorisation de 128 milliards de dollars, il n'est pas de bon ton de se facher avec son nouvel-ancien partenaire, lorsque celui-ci s'appelle Rupert Murdoch.

mercredi 11 octobre 2006

We, the media

Dans un ouvrage paru en 2004, un journaliste américain du nom de Dan Gilmor tentait de montrer comment les blogs, les wikis, les forums, le P2P étaient en train de transformer la sphère médiatique. We the media était aussi une charge incisive contre l'establishment journalistique, considérant les bloggeurs au mieux comme de gentils illuminés, au pire comme de dangereux irresponsables, mais dans tous les cas n'ayant aucune légimité, déontologie ou professionalisme, pour exercer le métier de l'information.


Pourtant, 2 ans plus tard, il semblerait que l'avis des profesionnels de la profession ait sensiblement évolué. Si l'exemple d'un Oh My News, quotidien corréen en ligne, dont l'audience est estimée entre  1 et 2 million de lecteurs, est le plus parlant et s'explique autant par des considérations politiques et techniques (il fut le principal organe de presse indépendant dans un pays où la quasi totalité des citoyens sont connectés), la tendance est aujourd'hui à associer le lecteur à la production de contenu.

Ainsi, après le projet Exchange de CNN, Ecrans.fr nous apprend que la vénérable Reuters se met au journalisme collaboratif.  Alors que la presse écrite est en crise, et vraisemblablement le modèle du "passeur" également, des initiatives de journalisme citoyen se mettent en place, à l'instar en France de Agoravox ou du monde citoyen. Une fourniture des UGC (User generated contents), de façon fortuite comme lors des attentats de Londre ou du tsunami de 2004, ou continue, comme de la cadre des blogs..

La principale avancée d'Internet a été de permettre à l'individu de diffuser, hors les contraintes qu'elles furent techniques (bande passante trop étroite), règlementaires ou politiques.  Ce qui ne va pas sans heurts, car l'apprentissage de la liberté d'informer par tout un chacun débouche sur une énorme cacophonie, où la masse de l'information ne peut plus être vérifiée afin d'être crédibilisée. Il en va donc de la responsabilité de chacun. Mais il reste quand même que cette prise de parole équivaut pour certains à une prise de pouvoir, comme l'estime le directeur du quotidien El Pais en Espagne pour qui "Le numérique, c'est la fin de la démocratie bourgeoise" (cité lors du débat "démocratie.fr" du Monde).


Il est à signaler enfin le projet de la BBC, dans le cadre de Creative future, intitulé Eyewitness - History. Il s'agit ni plus ni moins que de permettre aux individus "d'enregistrer et de partager leur mémoire et leur expérience sur les 100 dernières années". Bref, de permettre à monsieur-tout-le-monde d'écrire sa biographie, un témoignage  dans la mémoire collective du globe, de l'archiver et de la transmettre. Si avec ça nous ne sommes pas le media...

vendredi 29 septembre 2006

Redistribution audiovisuelle

Si le web a bien modifié quelque chose, c'est le rapport au temps et à l'espace. A peine DADVSI votée que cette loi, censée protéger les artistes, mais taillée sur mesure pour les acteurs classiques des media, est obsolète. L'activité vente des maisons de disques est en net recul - l'édition se porte bien en revanche, merci. Et du coté des distributeurs, ça sent le sapin.

Voici donc la Fnac. Le groupe PPR envisage de se séparer de l'ancien fleuron de son groupe pour se recentrer sur un coeur de métier beaucoup plus rentable que l'agitation culturelle, le luxe. Comme le rapporte

Libération, les produits culturels ne représentent plus que 40% des ventes de l'enseigne, et ce chiffre est en constante diminution.
Il semble que l'adaptation au web des enseignes de distribution a été trop faible, ou que la prise de conscience a trop tardé. Comment expliquer sinon le succès d'un Apple, ou l'engouement autour de l'activité vente de Myspace ?

Ce sont donc les artistes eux-mêmes qui (re)prennent en main leur distribution. Une semaine après la sortie de leur album hors du circuit traditionnel (vente en direct sous forme CD ou clé USB, en téléchargement sur Myspace...), le groupe canadien Barenaked Ladies, annonce 1 million de dollars de recettes.

Concernant la vidéo, ce sont coup sur coup Francetélévision et TF1 qui annoncent leur offre VOD. Et court-circuitent par là-même le réseau de distribution physique. Pourtant, selon NPA Conseil et le CSA, seuls 18% des français connaitraient la VOD. Si l'offre est pléthorique - 25 services sont recensés - il manque encore une vraie convergence des plateformes de diffusion. Un film se regarde sur une TV, plus difficilement sur un écran d'ordinateur.

Mais cette convergence s'accélère. Ainsi, la récente offre de Neuf qui lance son media center,

MP9. En attendant l'offre d'Orange, et le développement des services d'abonnement musicaux et cinéma des FAI. Faute d'avoir noué les bonnes alliances, les distributeurs sont condamnés. Suivant le DIY qui caractérise le web, leurs successeurs ont délocalisé leurs points de vente... chez le consommateur.

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